Archive pour mai, 2010

le métier du journaliste,c’est celui d’informer

* 3 mai, journée mondiale de la liberté de la presse.

Il n’y a pas lieu de béatifier le métier de journaliste comme il n’est nul besoin de le diaboliser. Il faut le situer à sa place ; celui d’informer. Uniquement informer.

En cette journée de célébration de la liberté d’expression, la question récurrente porte sur l’état de la presse. Jamais, il n’y eut autant de questionnements, d’autant plus, qu’un mois auparavant, a été rappelé le 20e anniversaire de la promulgation de la loi sur l’information. Aussi faut-il s’en consoler ou s’en désoler ?
S’en consoler pour dire qu’elle constitue un des vestiges de l’après-Octobre 88, qu’elle a été l’un des remparts pour la sauvegarde de la République, au prix d’un lourd tribut.
S’en désoler quand on voit l’état de la presse vingt ans après, et ces amis qui nous quittent un par un, victimes des dégâts collatéraux de cette tragédie nationale dont la dernière à partir sans bruit fut Baya Gasmi, cette grande dame irréductible à toute compromission.
Aujourd’hui, une multitude de titres a fleuri où chacun se bat pour un espace d’expression à la mesure de ses ambitions et de sa ligne. Si véritablement, il y a encore des niches de marché à prendre, il faudrait que cela se fasse dans un climat d’éthique et dans un code, encore non écrit, de déontologie, avec en première ligne le respect du lecteur, seul juge, par un acte d’achat volontaire.
Hélas de constater que la règle qui régit la profession n’est pas respectée par tous.
Mais tous, nous risquons de payer pour l’inconscience de certains par la mise en œuvre, par l’entremise des pouvoirs publics, de textes réglementaires plus rigides et contraignants.
Aussi, il n’y a pas lieu de béatifier le métier de journaliste comme il n’est nul  besoin de le diaboliser. Il faut le situer à sa place ; celui d’informer. Uniquement informer.
N’étant pas classé dans les intermittents du métier, le journaliste ne peut se cloîtrer à produire uniquement des bonnes nouvelles quand les moins bonnes se bousculent pour prendre d’assaut les pages et la une du journal. Et ce n’est pas pour autant qu’il n’aime pas son pays ou qu’il n’est pas patriote quand il n’est pas accusé ouvertement de travailler sous les ordres.
Un titre, c’est avant tout une équipe avec cette soif d’informer même si, de temps à
autre, il y a des ratages dont il faut faire son mea-culpa. (Liberté-03.05.2010.)

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**Les progrès de la presse algérienne

Quitte à priver l’opinion publique d’autres sujets d’actualité certainement plus intéressants pour elle, notre attention sera portée sur la presse. C’est-à-dire sur nous-mêmes. L’alibi? Aujourd’hui nous sommes le 3 mai. C’est la Journée mondiale de la liberté de la presse. Eh oui! la liberté de la presse a sa journée tout comme l’arbre ou celle de l’eau! Disons que c’est une façon de marquer une halte. De rappeler une exigence. Celle de la liberté de la presse est indissociable de cette autre exigence mondiale qu’est la démocratie. Elle en est le support indispensable. Dans les deux on retrouve la liberté d’opinion et son expression. Toutes deux participent du pluralisme. Avec comme finalité pour la presse, le libre choix de sa ligne éditoriale. A ne pas confondre avec l’objectivité, la neutralité et autres mythes du même goût. D’ailleurs, la dernière illustration nous est donnée par la presse britannique. Le quotidien
Le Guardian a, depuis toujours, soutenu les travaillistes. Samedi dernier il change «son fusil d’épaule» et décide de manière brutale de «rouler» dorénavant pour les libéraux-démocrates. C’est-à-dire qu’il passe du jour au lendemain de la gauche à la droite. Le Times semble atteint par la même «bougeotte» puisqu’il annonce qu’il va soutenir les conservateurs alors qu’il était jusque-là du centre-droit. Un autre hebdomadaire, The Economist les suit et passe du parti travailliste au parti conservateur. C’est la liberté de la presse à l’occidentale. Changer de position politique comme on change de chemise. En réalité, droite, gauche, centre-droit, centre gauche, travailliste, conservateur, etc. sont autant d’étiquettes périmées.
Ce sont les personnalités qui comptent et non plus l’idéologie qu’ils représentent. C’est Gordon Brown, l’actuel Premier ministre, qu’il s’agit d’écarter. On assiste au même phénomène en France après l’arrivée de Sarkozy au pouvoir. Des personnalités de gauche qui passent à droite. Des personnalités de droite se positionnent contre Sarkozy, patron de la droite. Voilà comment se présente la liberté de la presse dans les pays qui lui ont donné naissance. Et chez nous, qu’en est-il? En même temps que la démocratie, la liberté de la presse a été décrétée en 1989. Voilà donc plus de vingt années que la presse en Algérie s’exprime en toute liberté. Des journaux critiquent jusqu’à l’outrance le pouvoir. Une outrance qui avait quitté un moment le champ politique pour s’en aller «flâner» du côté de la diffamation. La justice s’en est mêlée et progressivement tout est rentré dans l’ordre. Enfin, presque. Au-delà de la professionnalisation, ce qui manque à notre presse aujourd’hui, c’est la tolérance et le respect de l’opinion de l’autre. Ce qui manque aussi, c’est le combat d’idées. Seulement des idées. Or, une fâcheuse tendance tend à faire croire que la presse partisane n’est que celle qui est ouvertement publiée par des partis politiques. Alors que celle-ci a le mérite de la clarté, alors que tous les journaux du monde sont partisans. Ce qui implique la critique mais aussi et surtout l’alternative. L’exemple britannique cité plus haut est tombé à point nommé. La seule avancée notable enregistrée jusque-là chez nous, est ce passage de presse «indépendante» à presse privée. Ce qui est déjà plus honnête. C’est aussi un signe de progrès. Petit à petit, on rattrapera bien un jour Le Guardian, Le Times et toute la presse occidentale. (L’Expression-03.05.2010.)

**Journaliste : un métier otage de la précarité

Les clivages politiques qui caractérisent la corporation font qu’elle n’a jamais été en mesure de se doter d’une représentation syndicale pour défendre son statut professionnel et ses intérêts matériels.

À la veille de la Journée internationale de la presse, la corporation des journalistes algériens a perdu deux de ses meilleurs éléments. Mohamed Issami, de son vrai nom Mohamed Rouabhi, a en effet été retrouvé mort le 19 avril dernier, dans sa chambre à l’hôtel El-Manar de Sidi-Fredj. Ce spécialiste des questions sécuritaires, auteur d’un livre sur le fondamentalisme religieux, Au cœur de l’enfer, s’en est allé à l’âge de 61 ans, sans achever l’œuvre qu’il a commencée sur le terrorisme. À peine six jours passés, qu’une autre mauvaise nouvelle est annoncée : notre consœur Baya Gacemi,
59 ans, est décédée à Paris, suite à une maladie respiratoire. Cette journaliste au parcours remarquable est également auteure de Moi, Nadia, femme d’un émir du GIA, un ouvrage traduit en plusieurs langues. Mais la liste nécrologique est encore longue. Outre la centaine de journalistes assassinés par les groupes intégristes, pour avoir défié les “lois” de l’intolérance, bon nombre de confrères et de consœurs ont quitté ce monde brutalement des suites d’arrêt cardiaque ou de maladies chroniques. Ils étaient, pour la plupart, victimes des conditions de vie et de travail déplorables et/ou du harcèlement suscité par leur métier. Comme en octobre dernier, un mois marqué d’ailleurs par la disparition terrible du journaliste Chawki Madani, à l’âge de 53 ans, le décès de Mohamed Issami et de Baya Gacemi nous interpelle, une fois encore, sur l’exercice de notre métier devenu, par la force des choses, une profession à haut risque, voire un vivier de maladies. Enfermés continuellement dans un monde fait de stress, de salaires infamants, calculés loin de la courbe ascendante des bilans des employeurs, d’heures de travail déstabilisantes, d’abus et de pressions multiples, la plupart de ces journalistes nous ont quittés dans un silence assourdissant, comme une dernière action de dénonciation d’un métier que l’on qualifie d’ingrat. Un rapport réalisé, en 2009, par la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH), en partenariat avec le groupe arabe pour le Monitoring des médias (AWGMM), fait part du “phénomène de la pauvreté et la misère sociale” vécues par les journalistes algériens. Il relève notamment un “grand écart” entre les salaires des éditeurs de journaux et ceux des journalistes, en justifiant en partie cela par “la perception de la liberté (qu’ont) les éditeurs et leur intérêt pour les revenus générés de la publicité”. La situation des journalistes correspondants est encore plus dramatique. Une étude réalisée, cette année, par l’université d’Alger, révèle que plus de 85% des journalistes correspondants sont payés moins de 150 $ par mois. Pire, plus de 75% d’entre eux ne sont pas affiliés à la Sécurité sociale et ne bénéficient donc pas d’une assurance maladie, si l’on en croit Boujemaa Redouane, universitaire et rédacteur du rapport Monitoring des médias. Mais, il ne faut pas se voiler la face : la situation est connue de tous, des pouvoirs publics aux organes d’information, en passant par les journalistes eux-mêmes. La preuve, l’an dernier, une jeune consœur de La Tribune des lecteurs a même été licenciée et menacée de poursuites judiciaires, par son employeur, pour avoir témoigné dans les colonnes d’un quotidien sur les conditions socioprofessionnelles. Que dire aussi de ces journalistes sans logement ou de ceux installés “provisoirement” dans des hôtels sécuritaires, pendant la décennie rouge, dont le sort est suspendu ? Les uns comme les autres ne vont pas sortir indemnes de ces sentiers douloureux.
Comme on le voit, plusieurs raisons ont contribué à fragiliser le journaliste, censé être un faiseur d’opinion et un éclaireur, principalement l’absence de loi nationale régissant la profession, dans cette phase de transition, celle d’un organe de déontologie, l’inexistence de syndicats représentatifs, pour se pencher sur les droits matériels et moraux du professionnel de l’information.  (Liberté-03.05.2010.) 

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**Liberté et liberté de presse

Le mystère qui est derrière cette sympathie qu’Obama diffuse autour de lui se dissipe au fil de ses interventions.
En recevant des journalistes, samedi dernier, à l’occasion de la Journée de la presse, il a laissé apparaître un peu de ce rayonnement qui confère tant de sincérité à son propos. À l’entendre plaisanter avec l’assistance sur tout et sur lui-même, Obama réconcilie le plus hargneux des journalistes avec le pouvoir en général et avec la fonction présidentielle en particulier.
Pourtant, on est toujours dans le pays où la presse a toujours constitué, depuis la fin de la guerre de Sécession au moins, la première force d’opposition. Dans un système où les deux principaux courants politiques partisans ne s’affrontent pratiquement qu’aux occasions électorales, certes nombreuses, les journaux ont historiquement constitué un objet d’angoisse pour les hommes politiques.
Il n’y a pas eu que le Watergate ou l’affaire Lewinsky dans la longue vie démocratique des États-Unis, mais la conviction unanime partagée sur l’utilité d’une presse libre n’a jamais été remise en doute depuis la profession de foi restée historique de Thomas Jefferson sur la primauté de la liberté de la presse sur la règle de démocratie institutionnelle. “Si je devais choisir entre avoir un gouvernement sans journaux ou des journaux et pas de gouvernement, je n’hésiterais pas une seconde à choisir la seconde option”.
Au cours de son show, le président n’a pourtant pas ménagé une presse américaine, écrite surtout, qui connaît actuellement une crise sans précédent : “J’ai sauvé les banques, j’ai sauvé l’automobile, mais sauver la presse… je suis président, pas faiseur de miracles”. La capacité d’autodérision dont le président de la plus grande puissance de la planète a su faire preuve devant les journalistes invités à la Maison-Blanche autorisait largement cette pointe. “Il y a des hauts et des bas”, venait-il de constater, sauf pour sa popularité “qui ne fait que baisser !”, venait-il de plaisanter.
Ayant subi le quolibet du “terrorisme de la plume”, la dialectique d’un si brillant monologue nous rassure sur l’honorabilité originelle du métier. Depuis l’imprimerie, la presse a accompagné toutes les révolutions qui ont progressivement conduit à la généralisation de la liberté d’expression. Sous ses formes modernes, ou socialisées, comme Facebook ou Twitter, la communication constitue toujours le soutien nécessaire des causes progressistes.
Qu’importe si, en pleine époque du village planétaire, certains de nos dirigeants en sont à compter sur une presse contrôlée ou apprivoisée pour médiatiser leur image contrefaite ou si certains d’entre nous troquent parfois le principe contre la faveur ou le pourboire ou cèdent à l’intimidation : le fait que les grèves de la faim, que s’imposent encore les plus découragés, se tiennent à la Maison de la presse, est un signe, malheureux, que la société nous reconnaît une rôle de recours.
Les plus puissants aussi, d’ailleurs, quand ils nous accablent d’être la cause de leur impopularité. Et dans les forums électroniques, les commentateurs anonymes répliquent ainsi à la pétition pour la libération de la télévision nationale : “autant libérer l’Algérie”.
Ils rejoignent ainsi Jefferson : un pays sans presse libre n’est pas un pays libre. (Liberté-03.05.2010.)

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Une télévision sans liberté engendre un pays sans télévision

*Si la presse écrite algérienne peut se targuer aujourd’hui d’être la plus libre dans le Maghreb, la fermeture du paysage audiovisuel est devenue la tare des Algériens parmi les pays arabes et maghrébins. Depuis jeudi, l’Entv, qui obéit à un cahier des charges bien ficelé, fait l’objet de critiques de toutes parts et de tous bords les producteurs et réalisateurs de l’Arpa, ont souligné dans leur réunion ordinaire le manque de communication de la part de cet organisme public qui est sensé être au service du créateur et du citoyen. Le groupe Bezzaf qui a diffusé un communiqué critiquant l’Entv, entend mener une action spectaculaire, contre cette télévision qui a cessé d’être la vitrine de la société et du peuple. Et comme cela ne suffit pas, la petite chaîne du grand Maghreb, Nessma TV vient sans un sou, profiter de cette situation désastreuse de l’audiovisuel algérien et offre de ramasser les téléspectateurs mécontents de l’Unique, en leur proposant un programme spécial d’une heure sur leur doyen des clubs algériens le Mouloudia d’Alger. Avant on vendait l’électricité pour les quelque millions de Tunisiens, aujourd’hui ces mêmes Tunisiens nous proposent de nous vendre notre produit culturel et sportif….et avec notre argent. Le comble est quand on regarde l’émission d’un ancien journaliste de l’Entv Hafid Derradji sur Al Jazeera Sport dans son émission «en toute sportivité», quand il aborde la liberté d’expression dans la presse sportive dans le monde arabe, on comprend rapidement que ce n’est pas les compétences qui manquent en Algérie, mais la gestion et la liberté d’action de ces derniers. Les compétences sont tellement excellentes qu’on les éloigne de l’Algérie en les exportant vers d’autres pays arabes qui en tirent le meilleur. Lors de son passage à la Radio nationale dans l’émission Tahaoulet, le secrétaire d’Etat chargé de la Communication, auprès du Premier ministre Azzedine Mihoubi, a déclaré: «Nous consentirons un effort pour l’amélioration des programmes de ces chaînes.» Il est clair que l’ouverture n’est pas pour demain, la mission actuelle est d’améliorer les programmes pour tenter un tant soit peu d’empêcher nos téléspectateurs d’émigrer clandestinement et visuellement vers Nessma TV. Lors de son clash à Paris avec les gens de l’Entv, Tarek Ben Ammar, ne savait même pas que l’Algérie possédait cinq chaînes, tellement les chaînes 4 et 5 sont invisibles, incolores et indolores. Comment renforcer des télévisions, qui sont regardées seulement par les gens de la régie et du Nodal? Même les concepteurs et producteurs eux-mêmes ne regardent pas leurs productions à la télévision, tellement ils ne croient pas dans la vision et la portée de cette télévision. Comment voulez-vous regarder «Canal foot» sur Canal Algérie, au lieu des «Spécialistes» sur Canal Plus quand on recrute un joueur comme journaliste-reporter. Un ancien joueur (par le biais du copinage) s’est transformé en journaliste alors qu’il ne possède aucun critère professionnel de sélection, aucun bagage footbalistique et aucune carrière d’entraîneur. A cela s’ajoutent des erreurs de débutants, un français de collégien, une mauvaise tenue du micro dans les interviews et surtout une mauvaise préparation des questions. Cet ancien joueur devra rester comme consultant et dans l’organisation des matchs de gala, un domaine qu’il maîtrise mieux. La Télévision algérienne ne peut pas avancer si elle ne possède pas une vision future et un rétroviseur vers le passé.(L’Expression-02.05.2010.)


 

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