Archive pour avril, 2012

Des chaînes algériennes offshore

**Les téléspectateurs algériens découvrent brusquement une avalanche de chaînes de télévision privées

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Les téléspectateurs algériens découvrent brusquement, coup sur coup, une avalanche de chaînes de télévision privées dans un univers audiovisuel national pourtant hermétiquement cadenassé. Les Chourouk TV, Ennahar TV et El Djazaïria volent la vedette à la chaîne gouvernementale Al Yatima. Mystère. Sous quels cieux toutes ces chaînes arrivent-elles à émettre en direction des Algériens ?

Contournant l’interdit – la loi algérienne n’autorise pas l’ouverture de l’audiovisuel au privé – des acteurs du champ médiatique et autres hommes d’affaires ont trouvé la parade pour lancer des chaînes privées en «délocalisant» leurs studios au Moyen-Orient. Des chaînes privées algériennes qui émettent à partir de la Jordanie avec des équipes de journalistes qui travaillent en Algérie… Une ouverture de l’audiovisuel offshore.

A qui appartiennent ces chaînes ? Quel est leur statut ? Comment leurs équipes rédactionnelles travaillent-elles en Algérie avec des bureaux d’enregistrement ? Comme son nom l’indique, Chourouk TV est une déclinaison audiovisuelle du quotidien arabophone éponyme. Chaîne généraliste, cette télévision est de «droit étranger», nous a indiqué son patron, Ali Fodhil. «Nous sommes une chaîne étrangère ; notre siège est en Jordanie et émet ses programmes avec la collaboration d’une société intermédiaire, Jordan Media City (JMC)», précise-t-il. Chourouk TV est hébergée par le satellite arabe Nilesat à raison de 100 000 dollars par an. Comment se fait donc le paiement du satellite appartenant exclusivement à un patron basé à Alger ? «Jusque-là, on couvre les frais d’hébergement par les SMS qu’envoient les téléspectateurs. C’est la clause du contrat passé avec JMC», explique Fodhil.

Ce dernier a souligné, en ce qui concerne le bureau en Algérie, que la chaîne a déposé une demande d’accréditation auprès du ministère de la Communication pour permettre aux journalistes d’exercer. «Nous sommes toujours dans l’attente d’une réponse», a-t-il indiqué. Pendant ce temps, les journalistes de cette chaîne couvrent les activités publiques et même officielles. La chaîne a diffusé normalement, avant-hier, la conférence de presse conjointe du ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al Arabi. Des responsables et des ministres se sont exprimés au micro de cette chaîne.
«Nous couvrons normalement des activités publiques et d’autres, officielles, avec un ordre de mission en tant que journaliste du quotidien Ech Chourouk. Nous bénéficions d’une certaine facilitation, mais parfois les services de police nous empêchent de travailler», nous a confié un journaliste.

Ennahar TV est cette autre chaîne d’information qui émet à partir de la Jordanie une fois les émissions enregistrées à Alger. Son patron, Anis Rahmani, précise qu’il s’agit bel et bien «d’une chaîne de droit étranger et ses journalistes exercent en tant que correspondants d’un organe étranger, accrédités par les autorités compétentes comme le prévoit la loi de 1990». «Il n’y a pas d’ouverture du champ audiovisuel en Algérie. La législation ne le permet pas. Il y a par contre un discours qui favorise cela, mais concrètement il n’y a rien», a déclaré M. Rahmani, qui est également directeur du quotidien arabophone Ennahar. Il n’est pas l’unique actionnaire de la chaîne, dit-il : «Nous sommes deux actionnaires. Je m’occupe de l’équipe rédactionnelle et mon coactionnaire prend en charge le règlement de la facture d’hébergement du satellite.» M. Rahmani n’a pas jugé utile de révéler l’identité de son associé, se contentant de souligner son origine arabe.

El Djazaïria est en ce moment à l’essai et se définit comme une télé de variétés ; elle émet également à partir de la Jordanie. Cette floraison de chaînes privées serait-elle un prélude à un nouveau paysage audiovisuel ? Ou s’agit-il d’une ouverture «organisée» et «contrôlée» par le pouvoir politique d’un secteur aussi sensible que l’audiovisuel ? Des observateurs avertis estiment que les nouvelles chaînes privées, «dont les initiateurs sont à la périphérie du pouvoir, seraient des versions revues et adaptées de la chaîne gouvernementale». Un écran de fumée. Cependant, il est à souligner que l’emballement suscité par la promesse du chef de l’Etat, le 12 janvier 2011, d’ouvrir le champ audiovisuel au privé s’est vite estompé. Lancé au public à la faveur de la poussée du Printemps arabe, le gouvernement  est pourtant revenu sur sa décision …(El Watan-25.04.2012.)

* de nouvelles chaînes privées algériennes…pour contourner le verrouillage

 Habitués à un paysage audiovisuel terne, composé de chaînes téléguidées, les Algériens découvrent, ces derniers mois, de nouveaux canaux de télévision qui leur sont adressés.

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Les nouvelles chaînes empruntent des voies détournées pour diffuser leurs programmes, mettant ainsi les autorités publiques devant le fait accompli. La majorité des chaînes satellitaires n’ont pas – pour l’heure ? – d’existence légale. Elles ont profité des offres sur les ventes de fréquences sur Nilesat et Atlantic Bird pour affirmer leur présence sur le paysage médiatique.
Des chaînes comme El Djazairia, Echourouk TV, Ennahar et, plus récemment, El Adala, ont réussi à obtenir le signal grâce à des opérateurs privés spécialisés dans la commercialisation de bandes passantes et de services de diffusion.

Le fait est que de nombreux canaux du satellite Atlantic Bird (notamment les couloirs 4, 5, 6 et 7) sont restés vacants. Raison pour laquelle il est possible de voir, sur de nombreuses fréquences de Nilesat, des publicités pour vendre des droits de diffusion. Pour attirer des clients, les opérateurs arabes offrent les tarifs les plus bas du marché. Pour le reste, dans la mesure où les chaînes s’acquittent des droits de fréquence envers les opérateurs privés, ces derniers ne s’offusquent pas du fait qu’ils ne détiennent pas de documents administratifs pour asseoir leur légitimité ni de la ligne éditoriale choisie par les diffuseurs.

«Ces chaînes envoient leurs programmes par satellite vers un serveur de diffusion placé à l’étranger, généralement en Jordanie, au Qatar ou au Liban. Certains ont loué des petits bureaux pour veiller au bon fonctionnement de cette opération», nous explique un fin connaisseur du secteur. Il souligne que les responsables des nouvelles chaînes satellitaires louent les services d’un fournisseur, qui fait office de serveur de diffusion, dans les pays qui hébergent leur fréquence. «Les programmes sont diffusés via internet, grâce à la voix IP. Mais cette méthode a ses limites : les programmateurs ne peuvent pas faire d’émissions en direct. Quoi qu’ils fassent, il y aura toujours un décalage de deux heures», nous explique-t-on.

La diffusion est de piètre qualité en raison, indique-t-on, d’un débit assez faible. «C’est là l’un des points faibles de l’ENTV, affirme un initié, dont les images paraissent assez ternes. Les débits de ces fréquences oscillent entre 2 à 3 mégaoctets alors que les standards tournent autour de 5 à 7 mégaoctets.» Autre astuce pour créer une chaîne en «offshore» : certains canaux ont choisi de s’installer à Londres. Les conditions de création de chaînes TV édictées par l’Ofcom (Independent regulator and competition authority for the UK communications industries), l’équivalent du Conseil supérieur audiovisuel (CSA) français, y sont assez souples, à condition de résider au Royaume-Uni.
C’est, en tout cas, le pari de la chaîne El Maghribia, dirigée par le journaliste Salim Salhi et soutenue par des hommes d’affaires arabes. Ce qui rappelle le cas de la chaîne El Mustakilla, créée par El Hachmi Hamdi, devenu l’un des hommes politiques les plus controversés en Tunisie….(El Watan-25.04.2012.)

**Algérie presse service (APS) se met à l’heure de l’audiovisuel

Ainsi, dans le cadre de l’élargissement de ses services et du développement du multimédia, cette agence a donc décidé de se mettre au diapason des agences mondiales pour vendre aussi le son et la vidéo aux radios et télévisions, et ce, à l’instar de l’AFP et de Reuters. Un recrutement interne de journalistes a été lancé dans le but de les former dans les métiers de l’audiovisuel. Cette décision coïncide avec le lancement de pas moins de six chaînes TV à partir de l’étranger et la future création de nouvelles stations dans les mois à venir…(El Watan-25.04.2012.)

**Nabil Karoui, PDG de Nessma Tv :

 “On a un appétit incroyable pour l’Algérie”

 Le premier responsable de Nessma Tv qualifie la semaine algérienne organisée il y a quelques jours, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance, “de réussite”. Il affiche également sa volonté de couvrir les législatives du 10 mai, en signalant qu’une demande d’accréditation a été formulée, et que sa chaîne mettra en place un dispositif particulier pour la couverture de l’événement.

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*Liberté : Quel premier bilan faites-vous de la semaine algérienne, “Tahya El Djazaïr”, que vous avez organisée à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie ?
Nebil Karoui : Le premier bilan que je fais, c’est qu’il y avait un enthousiasme extraordinaire : tous les Algériens qui sont venus – il y en avait qui ne se connaissaient pas et qui se sont rencontrés là-bas. C’est une dynamique qui est revenue chez Nessma, une dynamique de la fête : Marocains, Tunisiens, Algériens, tous les gens qui étaient là-bas ont fêté l’Algérie. Deuxièmement, je pense modestement que c’était une réussite.
Bien sûr qu’on peut faire mieux, qu’on peut faire différemment, qu’il y a cent mille manières de faire une semaine algérienne, qu’il y a un million d’invités qu’on aurait pu inviter ou ne pas inviter, etc., mais à la fin, ça a le mérite d’avoir existé. Nous avons fait beaucoup d’efforts. Il faut dire aussi qu’on n’avait pas de sponsors, que ce n’était pas commandé par l’état. C’était juste une initiative spontanée.
C’est juste qu’on a voulu faire ça. Je crois qu’on a donné une très belle image de l’Algérie. Quand je regarde les images, je vois une Algérie moderne, heureuse, qui réussit, qui se bagarre, où il y a des problèmes bien sûr mais où les gens étaient contents d’être là et ça se voyait.
Depuis la “révolution de Jasmin”, Nessma s’était un peu détournée des émissions de divertissement pour s’orienter vers la politique. Quelles vont être à présent les orientations de votre chaîne ?
On va essayer d’alterner, en fait, et d’équilibrer. D’ailleurs, on est en train de le voir parce qu’on est en train de faire entrer de plus en plus de divertissements. Les gens sont fatigués de voir trop de politique.
Nous, on a été obligé de faire cela, c’était presque un devoir patriotique parce que, à un moment donné, la télévision publique tunisienne ne marchait plus, Hannibal avait des problèmes avec une autre télé, et il n’y avait que Nessma.
Donc pour les gens, Nessma était devenue “la Télé” en Tunisie. Ainsi, on était obligé de parler de la révolution et de tout ce qui se passait. Et en plus après, il y a eu les élections, les premières élections démocratiques en Tunisie. Cependant, maintenant on est en train de mettre de plus en plus de divertissements, et pourquoi pas, un peu plus de politique algérienne et marocaine.
On est en train de balbutier. D’ailleurs, on est en train de faire une capsule sur les élections algériennes, tous les jours.
*Justement, comptez-vous couvrir les élections législatives algériennes ?
Oui, je pense. On a demandé une accréditation pour couvrir les élections, et je pense que ça va être positif. On en parlera en temps et en heure puisqu’on va mettre un dispositif particulier, et après on le partagera avec tout le monde. Mais effectivement c’est notre volonté de couvrir les élections algériennes. On a couvert les élections tunisiennes et les élections marocaines, donc ce serait normal pour nous, naturel, de couvrir les élections algériennes.
*Qu’est-ce qui bloque réellement votre chaîne en Algérie ?
Je pense que c’est tout à fait normal. Pour m’expliquer, je vais faire un peu de prospective. En cinquante ans, dans le Maghreb, il n’y a eu qu’une seule licence de télévision privée. Donc venir faire une chaîne privée c’est forcément dérangeant, puisque quand on voit les choses avant tout le monde, forcément on souffre un peu, et il faut avoir du souffle.
Si on a du souffle et qu’on tient, les gens verront après ce que ça peut apporter. Ils s’y habituent et par la suite, cela devient plus naturel. Je crois qu’on a atteint un âge de maturité ici en Algérie.
Tout le monde s’est habitué à Nessma et sait que c’est une chaîne bienveillante qui parle de l’Algérie et qui est proche de l’Algérie, et je crois que c’est pour ça que ça va s’arranger. On a une très bonne audience en Algérie. On est parmi le trio de tête en Algérie, tous les soirs. Et c’est une chaîne qui est très appréciée en Algérie, très critiquée par exemple en Tunisie, mais plébiscitée ici.
*Donc, il y a moins de blocages ?
Bien sûr. On voit qu’il y a beaucoup moins de blocages au fur et à mesure. C’est une espèce de confiance qui s’installe. Quand on voit comment les chaînes internationales, des fois, sont très agressives dans les pays – si on regarde ce que fait Al-Jazeera, certaines chaînes françaises ou autres –, c’est tout à fait normal quand une chaîne commence à avoir beaucoup d’audience dans un pays, on se demande qu’est-ce qu’ils veulent ceux-là.
C’est normal parce que ça rentre chez les gens, et ils peuvent nous bloquer complètement si les gens nous regardent. Ça peut être dérangeant aussi. Nous, nous sommes très bienveillants et on le montre tous les jours. On aime l’Algérie, nous ! Ici c’est notre pays, comme la Tunisie et le Maroc sont nos pays aussi, et on veut travailler normalement. Et “Inchallah”, je pense que notre message est en train de passer de plus en plus.
*Avec l’ouverture annoncée de l’audiovisuel en Algérie et la création de nouvelles chaînes algériennes privées, quel est le positionnement de Nessma par rapport à tout cela ?
Vous savez, notre positionnement est clair : on est une chaîne maghrébine moderniste et moderne. Notre ligne éditoriale est toujours positive. On veut montrer les choses positives, les bons côtés. S’il y en a d’autres qui veulent montrer les mauvais côtés, c’est leur problème. Finalement, et je ne veux pas paraître prétentieux, c’est plutôt à eux de se demander comment ils vont se positionner par rapport à nous.
Nous, ça fait trois ans qu’on existe. Bien sûr qu’on va répondre à la concurrence, et qu’on va regarder ce qu’ils font. On respecte tout le monde et on est très contents qu’il y ait d’autres gens qui viennent, et bien sûr qu’il va y avoir des effets sur notre chaîne. On a un appétit incroyable pour l’Algérie, sauf qu’on était bridés. Si on nous laisse travailler, on développera cet appétit. (Liberté-28.04.2012.)

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*crise autour de l’audiovisuel marocain

L’une des premières conséquences de la crise de l’audiovisuel marocain et la mainmise inquiétante des islamistes sur le secteur, c’est le limogeage du président de la plus haute autorité audiovisuelle au Maroc, Mohammed Ghazali. Ce dernier a été démis de ses fonctions par le roi Mohammed VI, après une polémique sur les programmes de télévision publique. C’est Amina Lamrini El Ouahabi qui a été nommée par le roi, présidente du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (Csca), en remplacement de Mohammed Ghazali. Le Csca est une instance intégrée à la Haute autorité de la communication et de l’audiovisuel (Haca). Cette nomination intervient sur fond de polémique après l’adoption par la Haca, le 31 mars, de nouveaux cahiers des charges réclamant, notamment aux deux chaînes publiques à diffuser les cinq appels à la prière, interdisant la publicité des jeux de hasard ainsi qu’une refonte des programmes en langue française et de l’heure de diffusion du bulletin d’information du soir. Pour le ministre de la Communication, l’islamiste Mustapha El Khalfi, «Ghazali paie de sa tête le prix de la crise des cahiers des charges». Il avait fait de l’interdiction de la publicité des jeux de hasard le cheval de bataille de son «projet de réforme de l’audiovisuel». Ces mesures devaient entrer en vigueur le 1er mai, mais après la polémique, leur application a été reportée à une date non définie. Le ministre des Sports, Mohamed Ouzzine – qui est en même temps le président du Conseil d’administration de la Marocaine des jeux et des sports (Mdjs) – avait critiqué «l’approche» de M.Khalfi, qui est un ministre de la Communication et non un mufti ou un fqih (théologien) qui interdit et autorise. Ce limogeage est un message au gouvernement islamiste de Benkirane et qui démontre également que Mohammed VI, qui a réagi sur les conseils de son bras droit, André Azoulay. Le roi du Maroc veut avoir le contrôle sur l’audiovisuel marocain et n’accepterait pas les nouvelles conditions du ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi. C’est le statu quo dans l’audiovisuel marocain à la suite de cette crise et surtout à cette nomination. Le roi ne pouvant pas limoger le ministre de la Communication au risque de créer un fait anticonstitionnel, a préféré sacrifier son ancien homme de main. Le roi a procédé également à la nomination de Jamal Eddine Naji en tant que directeur général de la communication audiovisuelle. Un poste qui enleve les prérogatives dans ce domaine au ministre islamiste du PJD.
La balle est aujourd’hui dans le camp de Mme Amina Lamrini et El Ouahabi Jamal Eddine Naji, leur tâche reste délicate puisqu’ils doivent faire face à la rigueur et la demande du roi et aux exigances du très libre gouvernement islamiste. Pour les Marocains, ces deux nominations interviennent après que l’Autorité ait été hissée au rang d’institution constitutionnelle pour renforcer son indépendance et sa neutralité. Cela ouvre un nouveau front de débat et de conflit entre le gouvernement et le roi, surtout à l’approche du Ramadhan. (L’Expression-14.05.2012.)

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