Archive pour septembre, 2012

L’AFP sur des sentiers sinueux

**L’AFP, les supporters algériens, l’euro et la frontière ouest

L’Agence France Presse (AFP) a consacré, hier, une dépêche aux supporters algériens qui se sont déplacés au Maroc pour assister à la rencontre Libye-Algérie.

L'AFP sur des sentiers sinueux dans presse- infos- communication

Rien de plus normal, rétorqueront les habituels usagers d’agences de presse qui multiplient les angles dans le traitement d’informations liées à ce type d’événement sportif. Malheureusement, la dépêche d’hier est complètement sortie de son contexte pour emprunter des sentiers sinueux, pour ne pas dire douteux, afin d’afficher quelques contrevérités dont l’agence aurait pu faire l’économie si l’article était seulement dicté par le souci de rendre véritablement compte sur la présence de supporters algériens qui se sont déplacés à Casablanca pour soutenir les Verts. Jugez-en ! D’abord, elle mentionne «l’Algérie a été contrainte par la FIFA de déplacer le match, initialement prévu en Libye, à Casablanca pour des raisons de sécurité». La vérité, c’est tout le contraire de ce qui a été écrit.

La FIFA n’a jamais imposé à l’Algérie de délocaliser une rencontre de football depuis que la Fédération algérienne de football (FAF) a été fondée (1962) et s’est affiliée à l’instance internationale (1964). Une simple lecture du calendrier du 3e et dernier tour des éliminatoires de la CAN Orange 2013 aurait suffi à l’AFP d’éviter d’écrire n’importe quoi. La dépêche en question enfonce un peu plus le clou, lorsqu’elle aborde la question liée aux frais de voyage des inconditionnels de l’équipe nationale en faisant parler un supporter qui affirme : «L’Etat algérien paie pourtant les frais de nos déplacements à l’étranger à chaque fois que notre sélection évolue», sans fournir les noms et les adresses des parties chargées de ces largesses.

 AFP dans presse- infos- communication

Sait-on jamais, il existe peut-être un petit père Noël que les supporters algériens seraient ravis de connaître dans la perspective des prochains voyages aux pays de Mandela et le roi Pelé. La seule fois où, effectivement, l’Etat algérien a pris en charge gratuitement le voyage des supporters, c’était en 2009 à Khartoum. Le rédacteur de la dépêche ajoute une couche à ces élucubrations en rapportant, toujours selon des supporters algériens rencontrés à Casablanca, «le gouvernement d’Alger (soulignez la nuance) paie à quiconque veut aller supporter la sélection nationale une prime d’environ 250 euros par match».

A en croire l’AFP, l’Algérie serait un cas unique dans le monde, puisqu’elle prend en charge gratuitement les déplacements de ses supporters et qu’elle leur offre en sus la coquette somme de 250 euros. Dans ces conditions, quel supporter au monde n’aimerait pas être un fan des Verts pour voyager à l’œil et toucher un bon pactole grâce à la générosité du «pouvoir d’Alger» ? La dépêche s’achève par cette supplique d’un interviewé (algérien), Mokhtar le cuisinier, «cette fermeture (de la frontière) est déplorable, les deux pays sont frères, il faut que cela cesse». Ces propos constituent en fait la trame du papier de l’AFP. Heureusement que ce n’est pas cette agence, ni aucune autre du reste, qui dictera à l’Algérie sa politique intra et extra-muros.* El Watan-11.09.2012.

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agression foot.algerie.libye.

Les Libyens mauvais perdants

Les joueurs libyens n’ont pas digéré la défaite concédée en fin de partie. Juste après le coup de sifflet final de l’arbitre sénégalais Badara Diatta, ils ont provoqué une mêlée générale sur le terrain.

L’instigateur de cette regrettable parodie est le joueur libyen Salama qui, non content d’avoir agressé Hillal Soudani lors des ultimes instants de la rencontre lequel a eu le «malheur» à ses yeux de marquer le but de la victoire algérienne est allé provoquer d’autres joueurs algériens.

En l’espace de quelques secondes, la pelouse s’est transformée en arène avec coups et violences. Mauvais perdants, les Libyens ont provoqué les Algériens sous les yeux des supporters algériens, libyens et marocains. Dans leur furie, des joueurs libyens s’en sont pris à leurs photographes qui, pourtant, ne faisaient que leur travail en immortalisant ces scènes qui n’honorent ni le football ni leurs auteurs.
Après plusieurs minutes de confrontation entre les joueurs des deux camps, le calme est revenu grâce à l’intervention énergique des forces de l’ordre marocaines déployées à l’intérieur de l’enceinte. On n’ose imaginer ce qui serait advenu de nos joueurs si le match avait eu lieu en Libye. * El Watan-11.09.2012.

**La Libye risque gros

Les millions de téléspectateurs qui ont suivi en direct le match Libye-Algérie sont restés bouche bée, suite au comportement scandaleux de certains joueurs libyens, dès la fin de la rencontre.

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L’équipe nationale libyenne risque d’être sévèrement sanctionnée par la Confédération africaine de football (CAF), d’autant plus que Mohamed Raouraoua, l’actuel président de la FAF, l’a clairement laissé entendre à Casablanca. En effet, c’est tout simplement scandaleux et surtout indigne de la part de plusieurs Libyens de s’en être pris physiquement aux joueurs de l’EN dont le seul et unique tort est d’avoir marqué le but de la victoire à deux minutes de la fin des débats.
Le but inscrit par l’attaquant des Verts Hilal Soudani, a finalement étalé au grand jour le côté mauvais perdants des Libyens. D’ailleurs, dès l’entame du match, les protégés de l’entraîneur Abdelhafid Erbich se sont rapidement fait remarquer sur le terrain par des gestes antisportifs, et se sont permis le luxe de bousculer plusieurs fois l’arbitre sénégalais de la rencontre. Pis, plusieurs joueurs de l’EN ont fait l’objet, à maintes reprises, d’un traitement indigne, de la part des Libyens en agressant les Feghouli, Lacen, Cadamuro, Mesbah, Kadir, et autres Guedioura.
D’ailleurs, c’est un miracle si les Libyens ont terminé la partie à onze, tellement leurs multiples agressions sur les joueurs algériens, méritaient amplement le carton rouge. Tout le monde dans le camp algérien a vu que les joueurs libyens pratiquent souvent un jeu agressif, optant pour un jeu physique et «provocateur». C’est de bonne guerre, nous le concevons. Mais de là à vouloir à tout prix ternir un match qui s’était pourtant déroulé dans d’excellentes conditions, et de surcroît dans une ville comme Casablanca qui a eu le très grand mérite d’être réellement à la hauteur de ce dernier Libye- Algérie, qualificatif à la CAN 2013, est tout simplement inacceptable aujourd’hui. Il est vrai que suite au comportement de certains joueurs libyens, plus que condamnable et à juste titre, l’actuel ministre de la Jeunesse et des Sports de la Libye, en l’occurrence Fethi Terbel, présent avant-hier au stade Mohamed V de Casablanca, s’est empressé de présenter ses excuses à la partie algérienne. Il est vrai que l’actuel premier responsable du sport libyen, ne souhaite pas que les relations entre son pays et l’Algérie soient ternies à cause d’un match de football. Il n’en demeure pas moins que les coéquipiers du capitaine d’équipe, et actuel meneur de jeu du onze libyen, en l’occurrence, Ahmed Saâd, ont vraiment tout à apprendre sur le plan du véritable fair-play, après avoir été auteurs de gestes qui n’honorent point aujourd’hui leur football, encore moins leur pays. Et comme le disait haut et fort après la rencontre un jeune supporter des Verts: «Que serait-il arrivé à l’EN si cette rencontre s’était finalement déroulée en Libye, et non au Maroc?».
Au regard de leur comportement indigne, et de leur état d’esprit à la limite de l’hystérie dont ils ont fait preuve tout au long de la partie, les joueurs libyens ont certainement perdu tout crédit à Casablanca, et surtout sérieusement touché à la fierté des Algériens, et même à celle de beaucoup de Marocains. Perdre un match dans la dignité et le respect d’un adversaire, n’est visiblement pas encore du tout assimilé par certains joueurs libyens qui devraient à l’avenir prendre exemple sur le comportement très fair-play et professionnel des joueurs algériens.
Les Berriche et autres Senani ont terni à Casablanca l’image de leur équipe nationale, assez pour que des sanctions exemplaires lui soient infligée désormais.*L’Expression-11.09.2012.

**Spectacle lamentable des joueurs libyens a Casablanca

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Les joueurs libyens se sont offerts lamentablement en spectacle à la fin du match, perdu pour eux, qui les a opposés aux Verts, dimanche soir au stade Mohamed V de Casablanca, pour le compte du match aller du dernier tour des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2013.  Les Algériens, meilleurs sur le terrain, l’ont emporté logiquement, dans la dernière minute de la partie, grâce à un beau but de Soudani après une action collective bien construite. Pratiquant un jeu brutal, dès le début du match, parfois à la limite de l’anti-jeu, les Libyens, connus pour être des provocateurs sur le terrain, comme l’a rappelé Halilhodzic, se sont avérés très mauvais perdants. Les spectateurs, dans les gradins, mais aussi les centaines de milliers de téléspectateurs qui suivaient la partie en direct sur le petit écran, ont été sidérés en voyant les joueurs libyens se jeter sur leurs adversaires sportifs dans des gestes d’agression caractérisés. Et si le match s’était déroulé à Tripoli, que serait-il advenu des joueurs algériens ? La Confédération africaine de football a finalement eu raison de faire jouer la rencontre hors du territoire libyen pour des raisons de sécurité. Il reste à souhaiter que ce comportement de voyous de la part des joueurs libyens ne provoque pas la colère des supporters algériens lors du match retour, car les services de sécurité auraient du mal à gérer la situation. Des supporters interrogés par Algériepatriotique affirment qu’ils ne tomberont pas dans la provocation et feront honneur à leur esprit fair-play. Par ailleurs, le ministre de la Jeunesse et des Sports libyen, Fethi Terbal, a promis des sanctions : «On ne va pas fermer les yeux sur le comportement de certains de nos joueurs qui risquent des sanctions.» La deuxième rencontre entre les deux équipes, prévue entre le 14 et le 16 octobre prochain, aura lieu au stade Mustapha-Tchaker à Blida.* algeriePatriotique-10.09.2012.

**Les Verts triomphent à Casa

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La sélection nationale de football a réalisé l’essentiel hier en allant s’imposer à Casablanca (1-0) face à la Libye, comptant pour le match aller du dernier tour éliminatoire de la CAN-2013. Une victoire ô combien précieuse qui ouvre la porte de la qualification aux Verts en attendant le déroulement de la deuxième manche prévue à Blida dans un mois. Force est de reconnaître toutefois que la victoire de l’EN a été longue à se dessiner face à un adversaire qui a usé d’un jeu dur tout au long de la partie.
Et malgré ce succès de la sélection nationale, toujours est-il que le rendement et les choix tactiques du coach national n’étaient pas bien appropriés pour ce genre de confrontation. À commencer par Mehdi Mostefa dont le rendement était loin d’être satisfaisant. Idem pour Cadamuro, contraint de céder sa place en deuxième période. Mais en dépit de ces lacunes, les Verts ont rempli leur contrat en remportant cette première rencontre en attendant la deuxième prévue sur le sol algérien.
La partie débute à cent à l’heure avec  une domination des Verts. Ces derniers d’emblée vont assiéger la citadelle libyenne par des assauts qui ont failli porter leurs fruits. Huit minutes ne s’étaient pas écoulées que les Algériens se procurent une occasion franche de scorer lorsque Slimani bien embusqué sur le côté gauche sert un caviar à Guedioura qui au lieu de placer le ballon tire en force, en vain. Cinq minutes plus tard, c’est au tour de Mesbah de se mettre en évidence. Son coup franc tiré en deux temps a failli faire mouche. Les Algériens augmentent davantage la pression sur leur adversaire du jour cantonné derrière. À la 17’ sur un corner de Kadir, le ballon revient dans les pieds de Feghouli qui sert magistralement Belkalem au point de penalty, mais ce dernier tire dans le vent à la plus grande frustration du staff technique. Sentant le danger, les Libyens tentent de reprendre le jeu à leur compte. Après avoir décidé d’opter pour des contres, les Chevaliers de la Méditerranée vont sortir de leur torpeur pour aller titiller l’arrière-garde algérienne. Ils étaient d’ailleurs à deux doigts d’ouvrir la marque par Zoui (39’) n’était le sauvetage miraculeux de M’bolhi qui du pied gauche dégage en catastrophe. Le même Zoui a laissé filer une occasion en or pour prendre l’avantage, mais oublie le ballon derrière alors qu’il était seul devant M’bolhi. Au retour des vestiaires, le coach Vahid Halilhodzic décide d’incorporer Tedjar à la place de Cadamuro souffrant, histoire de donner du tonus au milieu de terrain. Mais contrairement à la première période, ce sont les Libyens qui vont se montrer menaçants en ce début de la seconde mi-temps. À la 48’, le coup franc des Libyens failli surprendre le gardien M’bolhi. Il aura fallu attendre la 57’ pour assister à une action des Verts quand Slimani d’un tir croisé voit son essai effleurer le poteau droit du keeper libyen.  À la 70’, Mesbah d’une frappe puissante oblige Nenouche à étaler toute sa classe pour dégager le cuir. Ne pouvant sauter le verrou libyen, Halilhodzic décide d’incorporer Soudani à la place de Kadir. Un changement judicieux puisqu’à deux minutes de la fin (88’) Soudani libère les Algériens d’une frappe à ras-de-terre suite à un service de Slimani. Et malgré la volonté des Chevaliers de la Méditerranée de revenir à la marque, leurs actions n’étaient pas assez tranchantes pour inquiéter la défense algérienne. Et c’est sur ce score d’un but à zéro que la partie s’achève en faveur de la sélection algérienne.* Liberté-10.09.2012.

**Résultats complets des matches aller…(3ème et dernier tour)

Résultats complets des matches aller du 3e et dernier tour des éliminatoires de la coupe d’Afrique des nations 2013 de football (CAN-2013), disputés samedi et dimanche :
Samedi 08.09.2012. :
Ghana – Malawi 2-0
Zambie – Ouganda 1-0
Centrafrique – Burkina Faso 1-0
Gabon – Togo 1-1
Cap Vert – Cameroun 2-0
Sierra Leone – Tunisie 2-2
Mali – Botswana 3-0
Soudan – Ethiopie 5-3
Côte d’Ivoire – Sénégal 4-2
Liberia – Nigeria 2-2
Dimanche 09.09.2012.:
Libye – Algérie 0-1
RD Congo – Guinée Equatoriale 4-0
Zimbabwe – Angola 3-1
Mozambique – Maroc 2-0
Guinée – Niger 1-0
Les matches retour sont prévus entre le 12 et le 14 octobre 2012. La phase finale de la CAN-2013 se déroulera en Afrique du Sud du 19 janvier au 10 février dans les villes de Johannesburg, Durban, Rustenburg, Nelspruit et Port Elizabeth. *(APS-10.09.2012.)

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CNN a tenté d’étouffer un reportage sur le Bahreïn

**La chaîne est accusée de « censure » par une de ses ex-journalistes, auteur d’un documentaire accablant sur la répression du printemps arabe dans le Bahreïn

Amber Lyon et Nabeel Rajab durant le reportage (DR)

photo: Amber Lyon et Nabeel Rajab durant le reportage (DR)

**La vidéo du reportage

La chaîne de télévision CNN est suspectée d’avoir cherché à limiter la diffusion d’un reportage d’une de ses journalistes sur le printemps arabe au Bahreïn, sous pression des autorités de ce pays ami des Etats-Unis, rapporte le quotidien britannique The Guardian.

L’affaire remonte au début de l’année 2011, au début du mouvement des « printemps arabe » qui a enflammé plusieurs pays. Au mois de mars, CNN décide d’envoyer des journalistes pour réaliser un documentaire sur un pays, lui aussi touché par le mouvement de contestation, et très peu couvert par les médias occidentaux : le Bahreïn.

Et la chaîne voit gros : l’équipe, composée de quatre personnes, dirigée par Amber Lyon, est censée rester 8 jours sur place et dispose d’un budget de 100.000 dollars, une somme supérieure à la plupart des autres films du même format. Le documentaire, baptisé « iRevolution : Online Warriors of the Arab Spring » (« iRévolution : les guerriers en ligne du printemps arabe »), est censé notamment détailler l’utilisation des réseaux sociaux par les activistes.

Mais, au fur et mesure de leur enquête, toutes les personnes qui acceptent d’aider, ou même de parler, aux journalistes disparaissent ou refusent de les revoir. Que ce soient des opposants au régime, ou de simples « fixeurs ». Ainsi, Saeed Ayyad, un médecin leur ayant servi de guide voit sa maison incendiée. A l’occasion d’un entretien avec Nabeel Rajab, un militant des droits de l’homme, l’équipe de CNN est elle-même interpellée et interrogée pendant six heures par un groupe d’hommes cagoulés qui effacent leurs photos. Peu de temps après, Nabeel Rajab était, lui, inculpé par un tribunal militaire pour des photos publiées sur Twitter.

Des preuves accablantes

Malgré tout, l’équipe commence, sur place, à travailler sur le montage et parvient même à terminer un segment de 13 minutes qui a depuis été mis en ligne sur You Tube. Ce long extrait comprend de nombreuses preuves des exactions commises par le régime comme les témoignages de Bahreïniens décrivant les tortures subies par des proches et surtout des images montrant les forces gouvernementales tirant sur des manifestants désarmés. Traumatisée par ce qu’elle à vu, et craignant pour la vie des personnes qu’elle a rencontrées, Amber Lyon veut, à son retour en avril 2001, immédiatement alerter l’opinion publique :

J’ai réalisé qu’il y avait une corrélation entre l’importance de l’attention médiatique que recevaient les activistes et la capacité du régime à les atteindre. Je me suis donc sentie obligée de montrer au monde ce à quoi nos sources, qui risquaient la vie pour nous parler, devaient faire face ».

Dans les semaines qui suivent, la journaliste intervient ainsi à plusieurs reprises sur le plateau de CNN pour témoigner des brutalités policières ou encore raconter sa propre arrestation. Et, immédiatement, les premiers problèmes surgissent.

La journaliste est tout d’abord informée par plusieurs mails internes, auxquels le « Guardian » a eu accès, que son travail a fortement déplu au régime bahreïnien. « Nous faisons face à un retour de bâton du gouvernement du Bahreïn sur comment nous avons violé notre mission, etc », lui écrit ainsi au mois d’avril un des producteurs de la chaîne.

Puis, la pression sur la journaliste se fait plus insistante. Un producteur lui demande d’apporter plusieurs modifications à son reportage pour y inclure des déclarations du gouvernement du Bahreïn, affirmant que ses forces ne tirent pas sur des manifestants non armés ou encore précisant que Nabeel Rajab était coupable d’avoir truqué des photos. Une pression orchestrée, selon « The Guardian », par le gouvernement bahreïnien depuis les Etats-Unis grâce à une campagne de communication particulièrement bien orchestrée.

Le régime s’est en effet adjoint les services de plusieurs agences de communication et de lobbyistes réputés, comme Joe Trippi qui avait déjà travaillé avec le démocrate Howard Dean, ou la société Qorvis Communication, une agence de relations de presse disposant d’une branche spécialisée dans la restauration de la réputation des gouvernements. Au total, Bahreïn aurait dépensé plus de 32 millions de dollars en relations de presse depuis le mois de février 2011.

Le reportage d’Amber Lyon ne sera diffusé qu’une seule fois, le 19 juin 2011, et sur le seul réseau américain de CNN. Ce type de reportage, long et coûteux, sont pourtant normalement  automatiquement repris sur l’antenne de CNN International. En interne, de nombreux collègues s’interrogent et poussent Amber Lyon à demander des comptes. « Pourquoi CNNi ne diffuserait pas un documentaire sur le printemps arabe, peut-être l’une des plus grosses histoires de la décennie ? Curieux non ? », lui écrit ainsi l’un d’entre-eux.

La rumeur de censure se fait de plus en plus insistante, et commence même à fuiter à l’extérieure de CNN, comme en témoigne ce tweet du 18 novembre 2011 de Nicholas Kristof, journaliste du « New York Times », se demandant si Amber Lyon a fait l’objet d’intimidations.

I wonder why CNN-Int still hasn’t aired the #Bahrain iRevolution documentary by @amberlyon.Intimidation?

Licenciée en mars 2012

La journaliste a, elle aussi, cherché à obtenir des réponses de la part de sa direction. En vain. Au mois de mars 2012, elle est finalement licenciée dans le cadre d’une réorganisation de la chaîne.

Depuis, Amber Lyon semble avoir repris sa liberté de parole. Au mois d’août, la journaliste s’est en effet exprimée sur l’affaire via son compte Twitter dans une série de trois messages. Dans le dernier, elle écrit : « la censure a eu un effet dévastateur sur mon équipe et sur les activistes qui ont risqué leur vie pour raconter cette histoire ». Amber Lyon affirme que, le lendemain, son agent a reçu un appel de CNN la menaçant de poursuites si elle s’exprimait à nouveau sur l’affaire.

Depuis, CNN a consacré plusieurs reportages au Bahreïn. Mais, comme le souligne « The Guardian », « de tels reportages nécessitaient beaucoup plus de courage pour être diffusés dans la première moitié de l’année 2011, quand très peu de personnes étaient au courant de la brutalité » de la répression. De plus, poursuit le quotidien, « les reportages de CNNi sur la violence au Bahreïn ont un ton beaucoup plus modérés que ceux consacrés aux pays n’ayant pas les faveurs des Etats-Unis, comme l’Iran ou la Syrie. »

Amber Lyon, de son côté, a reçu au mois d’avril dernier la médaille d’or du New York Festival’s Best TV and Films pour son travail au Bahreïn. Des activistes ont également créé une page Facebook de soutien intitulée « Thank you Amber Lyon CNN reporter ». La journaliste travaille actuellement à l’écriture d’un livre. Nabeel Rajad, lui, a récemment été condamné à trois ans de prison pour « manifestation illégale ». (Le Nouvel Obs-05.09.2012.)

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