Bavures,encore des bavures de l’OTAN en Afghanistan

Un agent de sécurité afghan se tient près d'un camion-citerne brûlé à Kanduz, au nord de Kaboul vendredi.
Un agent de sécurité afghan se tient près d’un camion-citerne brûlé à Kanduz, au nord de Kaboul vendredi 05.09.09.

Un bombardement de l’Otan a fait 90 morts tandis qu’un soldat français a été tué et neuf autres blessés vendredi près de Bagram.

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Jusqu’à 90 personnes ont été tuées hier dans le nord de l’Afghanistan dans le bombardement de citernes de carburant par les forces internationales, le nombre encore incertain de civils parmi les victimes poussent l’ONU, l’Otan et Kaboul à promettre des enquêtes. L’armée allemande, qui dirige les opérations militaires de l’Otan dans cette province de Kunduz, avait d’abord assuré que le bombardement, qui visait deux camions citernes volés par les taliban, n’avait tué que des insurgés et aucun civil. Puis un de ses porte-parole, à Berlin a tempéré en précisant que la Bundeswehr n’en n’était pas sûre à «100%». A la mi-journée, Mahbubullah Sayedi, le porte-parole du gouvernement de la province de Kunduz, où a eu lieu le bombardement, a assuré qu’ «environ 90 personnes» avaient été tuées, «des taliban pour la plupart». Le porte-parole du gouvernement fédéral, Zemaraï Bashary, a, lui, évoqué la mort de «50 à 55 taliban armés» ainsi que de «quelques civils», ajoutant que Kaboul envoyait une équipe pour enquêter. Peu après le bombardement, un responsable de la police locale, mais aussi le porte-parole du ministère afghan de la Santé, avaient laissé entendre que le nombre des civils «tués ou blessés» était important, les taliban ayant invité des villageois à venir se servir en carburant quand l’un des camions, dont ils s’étaient emparés la veille s’est embourbé dans le lit d’une rivière. Entre 200 et 250 villageois s’étaient massés autour de la citerne au moment de la frappe, assurait à Kaboul le porte-parole du ministère de la Santé, Farid Rahil.
«Hélas, un grand nombre de civils ont été tués et blessés», ajoutait-il. Ces déclarations contradictoires illustrent le malaise provoqué par cette frappe aérienne en plein processus de dépouillement de l’élection présidentielle du 20 août. Le sortant Hamid Karzaï, qui bénéficie du soutien de la communauté internationale depuis qu’elle l’a installé au pouvoir fin 2001, est le grand favori mais il est accusé de fraudes massives par ses adversaires. Or M.Karzaï avait vitupéré ces derniers mois contre les forces internationales, essentiellement américaines, après une série de bombardements sans discrimination qui avaient fait de nombreuses victimes civiles.
La Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan a été la première a annoncer une enquête hier. Puis l’ONU, par la voix du numéro 2 de sa représentation en Afghanistan, Peter Galbraith, l’a réclamée avec insistance et a dépêché une équipe sur place. «Tout doit être entrepris pour examiner ce qui s’est passé et pour savoir pourquoi on a recours à une frappe aérienne dans des circonstances dans lesquelles il est difficile de déterminer avec certitude s’il n’y a pas de civils sur les lieux», a-t-il dit dans un communiqué. Puis, depuis Bruxelles, le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a promis une enquête «immédiate et complète».
Et enfin, Londres, dont les soldats sont le 2e contingent des forces internationales en Afghanistan, loin derrière les Etats-Unis, a réclamé des investigations «urgentes» pour ne pas saper la confiance de la population dans la présence internationale.
Ce bombardement survient au moment où les Etats-Unis confirment le changement de stratégie annoncé par le président Barack Obama dès son élection, avec pour objectif de gagner la confiance des populations.
Lundi, le nouveau chef des forces américaines et de l’Otan en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, avait ainsi recommandé dans un rapport de «revoir la stratégie» des troupes internationales après huit années de conflit. Son prédécesseur avait été écarté par Washington après la multiplication de bombardements meurtriers pour les civils. (L’Expression-05.09.09.)

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Bavures,encore des bavures de l'OTAN en Afghanistan  coeur-Alors que le processus électoral n’est pas encore terminé en Afghanistan la Commission électorale n’a encore dépouillé que 60 % des quelque 5 millions de bulletins de vote parvenus à Kaboul et la Commission des plaintes poursuit ses enquêtes sur les fraudes massives, qui pourraient porter sur près d’un million de bulletins  , les talibans ont repris de plus belle leurs attaques contre les forces de l’Otan (100 000 hommes au total).

Mercredi soir, un commando de talibans a réussi à s’emparer d’un camion-citerne rempli d’es­sence, qui roulait sur l’autoroute stratégique reliant la frontière tadjike à la ville afghane de Kunduz. Depuis un an, la principale route logistique de l’Otan départ du port pakistanais de Karachi, puis passage en Afghanistan par la légendaire passe de Khyber n’est plus sûre, en raison des attaques des talibans pakistanais dans les zones tribales et à Peshawar même. La route du Tadjikistan représente l’alternative logistique mise en place par le haut commandement américain.

Une fois qu’ils eurent pris le contrôle du camion, les talibans le conduisirent vers une zone sous leur contrôle, afin de cacher leur butin. Mais voilà qu’il leur faut traverser le gué d’une rivière. Le camion s’embourbe. Le lendemain matin, les talibans vont réquisitionner des paysans, pour tirer le camion du lit de la rivière. Les talibans et leurs ouvriers  volontaires ou forcés  sont en plein travail, lorsqu’un missile américain frappe sa cible. Quatre-vingt-dix personnes sont tuées sur le coup…. De nombreux grands brûlés étaient traités vendredi matin à l’hôpital de Kunduz.

Des marsouins touchés

Acte de guerre légitime de l’Otan contre une prise des talibans ou nouvelle bavure de l’US Air Force ? L’ONU a demandé une enquête approfondie sur le bombardement. «La mission des Nations unies en Afghanistan (Unama) dépêche une équipe sur place pour évaluer la situation», a précisé dans un communiqué son chef adjoint, Peter Galbraith. Le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a, quant à lui, promis une enquête «immédiate et complète».

Hamid Karzaï a, de son côté, estimé que «viser des civils, de quelque manière que ce soit, est inacceptable». Cette remarque acerbe du président afghan est une réponse du berger à la bergère. À Richard Holbrooke, l’envoyé spécial de la Maison-Blanche sur le dossier Af-Pak qui stigmatisait le 23 août la fraude électorale et la corruption de l’administration af­ghane, le président Karzaï a répliqué en pointant du doigt toutes les bavures des chasseurs-bombardiers de l’US Air Force sur la population civile…

La deuxième attaque des talibans a visé vendredi matin le contingent français de l’Otan (3 000 hommes). Une section de reconnaissance du 3e régiment d’infanterie de marine avançait le long d’un axe situé à mi-chemin entre la base française de Nijrab et l’immense base-aéroport américain de Bagram. La mission était de préparer le passage d’un gros convoi logistique entre Kaboul et Nijrab, qui devait passer par Bagram. Les marsouins évoluaient dans 6 VAB (véhicules de l’avant blindé), accompagnés par un véhicule de reconnaissance anti-mines du génie Souvim. Il était environ 7 heures lorsqu’un IED (improvised explosive device) explosa au passage d’un VAB, tuant sur le coup un marsouin, et en blessant quatre autres très grièvement. Pourquoi le Souvim n’a-t-il pas décelé la mine artisanale, qui avait été dissimulée sous la chaussée ? Les talibans auraient-ils mis au point des IED indécelables ? L’enquête technique militaire le dira.

C’est le trentième soldat français à trouver la mort en Afghanistan depuis 2001. Le Royaume-Uni dont les forces armées sont globalement comparables à celles de la France, mais dont l’engagement militaire en Afghanistan est bien supérieur a, quant à lui, perdu plus de 200 hommes depuis la chute du régime des talibans en novembre 2001.

Ce regain d’activité militaire des talibans prend à contre-pied la nouvelle stratégie américaine, exposée il y a quatre jours par le commandant du théâtre afghan, le général McChrystal. Le général avait renversé l’ordre des priorités. D’abord protéger les populations civiles ( ?) et occuper le terrain avec l’armée afghane pour favoriser les projets de développement. L’élimination physique des insurgés armés passait au second rang des buts stratégiques américains. (Le Figaro-05.09.09.)

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Le général Stanley McChrystal, à la tête des forces américainesen Afghanistan (ici en juin dernier), a reconnu que l'ennemi était devenu « très agressif ».
Le général Stanley McChrystal, à la tête des forces américainesen Afghanistan (ici en juin dernier), a reconnu que l’ennemi était devenu « très agressif ».

Les États-Unis sont engagés dans une course contre la montre avec les insurgés.

coeur- 

La «nouvelle stratégie» américaine a-t-elle des chances de réussir ? Faisant preuve d’un pessimisme inhabituel, des responsables militaires américains se sont alarmés cet été de la détérioration de la situation, après huit ans de guerre. Le général Stanley McChrystal, qui commande les forces américaines en Afghanistan, a reconnu que l’insurrection avait gagné du terrain et que l’ennemi était devenu «très agressif». Nous disposons d’un «temps limité» pour gagner, a également dit le secrétaire d’État à la Défense, Robert Gates, pour qui les États-Unis vont «au-devant d’un combat difficile en Afghanistan». Volonté délibérée de noircir le tableau pour justifier l’envoi de troupes supplémentaires ou prise de conscience d’une réalité plus sombre que prévu ?

Le rapport commandé au nouveau patron des forces américaines en Afghanistan par Barack Obama n’a pas encore été rendu public. Mais les grandes lignes de la nouvelle stratégie américaine, inspirées de la contre-insurrection, sont connues. Elles consistent à réduire les capacités d’action des insurgés en essayant de rallier les populations locales, d’améliorer la gouvernance et le développement économique et de créer des forces de sécurité afghanes capables de résister aux talibans. Persuadé que la solution militaire à elle seule ne suffira pas pour gagner la guerre, que la politique et l’économie doivent aller de pair avec l’utilisation de la force, le général McChrystal estime en outre qu’un renforcement du contingent américain civil est vital pour aider le gouvernement et l’administration afghanes à lutter contre la corruption.

Le poids de l’opinion

Si les principes ont d’ores et déjà été acceptés par l’Administration américaine, la question d’un nouveau renforcement des troupes, qui selon certains responsables militaires est indispensable pour reprendre l’avantage sur les talibans, n’a pas encore été tranchée. Sur les 100 000 soldats étrangers aujourd’hui déployés en Afghanistan, 62 000, déjà, sont américains… Et l’opinion publique commence à s’impatienter. Près de six Américains sur dix se déclarent opposés à la guerre en Afghanistan.

La stratégie de contre-insurrection a beau avoir fait ses preuves, notamment en Irak et en Algérie, elle a besoin de temps pour produire ses premiers effets. Une armée et une police dignes de ce nom, surtout en Afghanistan, ne peuvent pas être créées en quelques mois. Le développement économique, longtemps laissé à l’abandon, exige du temps. Or, les responsables militaires sont engagés dans une course contre la montre en Afghanistan, où les insurgés comblent peu à peu le vide sécuritaire et politique.

Faut-il pour autant baisser les bras ? Sûrement pas, prévient le chef d’état-major interarmées américain, l’amiral Michael Mullen. «Je ne pense pas du tout qu’il soit temps de partir d’Afghanistan. Il est impossible de vaincre al-Qaida à distance». Au plus fort de la guerre en Irak, en 2005, certains avaient prédit un nouveau Vietnam aux forces américaines. ….. (Le Figaro-04.09.09.)



4 commentaires

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