Les mensonges de la guerre

La commission d’enquête sur la participation controversée du Royaume-Uni à la guerre en Irak a commencé ses audiences publiques. Le temps fort sera le témoignage de l’ancien Premier ministre Tony Blair début 2010.

La Grande-Bretagne s’est-elle engagée légalement dans la guerre en Irak? C’est la question sur laquelle une commission d’enquête se penche à partir de ce mardi à Londres. Des responsables des services secrets britanniques et du ministère des Affaires étrangères ont été les premiers témoins entendus.

Les proches du pouvoir à la barre

Cette commission va, pendant plusieurs mois, écouter des responsables militaires, diplomates et hauts fonctionnaires pour comprendre le processus de décision qui a débouché sur l’engagement en 2003 de la Grande-Bretagne aux côtés des Etats-Unis contre le régime de Saddam Hussein.

En ouvrant mardi les audiences publiques, John Chilcot a promis dans sa déclaration liminaire, de ne pas “répugner” aux critiques là où elles sont “justifiées”. John Chilcot a affirmé que sa commission, mise en place par le gouvernement, était “apolitique et indépendante”, et s’est engagé à procéder à un examen “approfondi, rigoureux, juste et honnête” des faits.

Des armes de destruction massive

La commission va d’abord concentrer son attention sur le fameux “dossier” où le gouvernement de Tony Blair, alors Premier ministre, affirmait que l’Irak de Saddam Hussein disposait d’armes de destruction massive.

Cette menace présumée, mais jamais avérée, avait contribué à justifier la participation de la Grande-Bretagne à l’invasion de l’Irak en mars 2003. Tony Blair doit lui-même témoigner devant la commission au début janvier, à une date encore indéterminée. (L’Express-24.11.09.)

***réastions d’internautes…

*comment se fait il,que des chefs d etats de pays ” démocratiques” , ne sont pas jugés,quand ils se rendent coupables de tels faits..Ces donneurs de leçon sont-ils au dessus des lois?

*bestfriend, on prétend qu’on n’est pas sûr qu’Israël possède l’arme atomique, mais on était surs que Saddam l’avait, prenez-vous tous les lecteurs de vos commentaires pour des demeurés? La pseudo référence à Munich est la tarte à la crème justifiant toutes les imbécilités faites par les gouvernements. Qui a fabriqué les talibans si ce ne sont pas les USA? Et qui propose maintenant de négocier avec les “bons” talibans (sans que l’on sache ce que cela peut bien vouloir dure? Pendant ce temps les régimes comme la Corée du Nord qui sont pour leur population bien plus nocifs que ne l’a jamais été Saddam pour les irakiens,  dorment tranquilles car les Nords-Coréens ont franchi le seuil et sont donc trop couteux pour  les attaquer (de plus ils n’ont pas de pétrole à offrir à Halliburton…).

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Baliverne!! Qu’Ils sont coupables ou pas, va t’on les mettre en prison pour autant? Cette guerre est illégale tout le monde le sait. Encore du tapage médiatique pour rien. La crise économique et financière est dû en parti sur le gaspillage des centaines de milliard de dollar dépensés pour faire les guerres .Cette argent est censé améliorer la vie des citoyens ,hélas se n’est pas le cas .La véritable question est: à qui profitent la guerre?

****La grande Bretagne seule démocratie du monde aux institutions relayant les interrogations des citoyens : hier une commission gouvernementale mettait en cause les garde à vue systématiques en vue d’enrichir le fichier ADN, aujourd’hui une commission d’enquête cherche à savoir quels ont été les critères retenus pour rentrer en guerre en Irak. Les grenouilles françaises ne peuvent que croasser de moqueries préférant se vautrer dans le cloaque des idéologies politiques plutôt que dans l’exigence du respect des institutions démocratiques dès que des possibles dysfonctionnements apparaissent dans leur vie citoyenne…

**Quel enchanteur ce Tony!!, qui durant plusieurs années, a soutenu la réalité des armes de destruction massive de son compère Bush le 2è, ..d’une pirouette l’animal écartera les gros soupçons qui pèsent sur  lui et de l’implication du royaume d’Angleterre en Irak…

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*Pour la BBC, un seul coupable

Une enquête interne charge le journaliste qui avait accusé Tony Blair de gonfler le dossier de l’armement irakien

A la suite de l’affaire David Kelly – ce spécialiste des armes non conventionnelles en Irak qui s’est suicidé il y a un an après avoir été identifié comme la source d’un journaliste mettant en cause le gouvernement – et des conclusions du rapport Hutton, accusant en janvier la radio-télévision publique, la BBC vient de publier sa propre enquête interne. Il en ressort que le seul qui aurait vraiment dérapé serait le journaliste Andrew Gilligan.

Le 29 mai 2003, Gilligan, qui répondait en direct aux questions du présentateur de Today Program, l’émission politique phare de Radio 4, avait affirmé que le dossier sur l’armement irakien préparé par les services de renseignement en septembre 2002 avait été gonflé par Downing Street. Le gouvernement avait immédiatement démenti. La BBC avait soutenu son journaliste, déclenchant une guerre ouverte avec Tony Blair.

Depuis, Gilligan, qui a démissionné au lendemain de la publication du rapport Hutton, a reconnu avoir interprété les propos de David Kelly. Aujourd’hui, les enquêteurs de la BBC lui reprochent de s’être écarté du script qui était prévu pour l’émission. Ils blanchissent, en revanche, la direction de l’information, pourtant critiquée par le juge Brian Hutton.

Reste le fond de l’affaire: si le dossier n’a pas été monté en épingle par les services du Premier ministre, les armes de destruction massive que Saddam Hussein était censé avoir en sa possession n’en demeurent pas moins introuvables. A Londres, une autre commission s’est mise au travail. Elle enquête, cette fois, sur les erreurs des services de renseignement. (L’Express-25.11.09.)

*****Les 935 mensonges de Bush

Deux organisations indépendantes ont passé au crible les déclarations du président américain et de ses proches collaborateurs avant l’invasion de l’Irak. Voici leur verdict.

Deux organisations indépendantes ayant passé au crible les déclarations publiques du président Bush et de ses proches collaborateurs, entre 2001 et 2003, dénoncent des centaines de “mensonges” énoncés volontairement pour justifier l’invasion américaine de l’Irak en 2003.

Les auteurs, membres du Center for public integrity et du Fund for independence in journalism, ont étudié l’ensemble des déclarations publiques de George W. Bush mais aussi du vice-président Dick Cheney, de Condoleezza Rice, alors conseillère à la sécurité, de Colin Powell, secrétaire d’Etat à l’époque, de l’ex-secrétaire à la Défense Ronald Rumsfeld et des porte-parole de la Maison Blanche.

Leur étude, intitulée “Faux prétextes”, recense au cours des deux années ayant suivi le 11 septembre 2001 “au moins 935 fausses déclarations de hauts responsables de l’administration sur la menace que présentait l’Irak de Saddam Hussein pour la sécurité nationale”.

“Cinq après l’invasion américaine de l’Irak, une étude complète des archives montre que les déclarations ont fait partie d’une campagne orchestrée qui a effectivement galvanisé l’opinion publique et conduit le pays à la guerre sur la base de prétextes résolument faux”, estiment les auteurs de l’étude.

Des liens avec Al-Qaïda et l’existence d’un arsenal d’armes de destruction massive en Irak, qui se sont révélées introuvables, ont été mis en avant pour justifier l’intervention américaine. A cette époque, plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne, avaient émis de sérieux doutes sur l’existence d’un tel arsenal.

L’administration Bush a finalement reconnu en 2005 que ces armes n’existaient pas en mettant fin au travail de l’”Irak survey group”, composé d’inspecteurs américains en Irak, mais a souvent justifié sa décision en disant s’être appuyé sur les informations des services de renseignement américains.

Hors, la compilation et l’analyse effectuées par les deux organisations, sans faire de révélations, montrent que l’administration Bush a parfois ignoré ou déformé les éléments fournis par les agences de renseignement.

L’étude cite un discours de Dick Cheney en août 2002 au cours duquel il affirme: il “n’y a pas de doute que Saddam Hussein a maintenant des armes de destruction massive”. Mais les auteurs soulignent que “selon le directeur de la CIA d’alors, George Tenet, ces affirmations allaient largement au delà des évaluations de l’agence”. Ils citent même un responsable de la CIA qui avait confié au journaliste Ron Suskind: “Où est-il allé chercher ça?”

En septembre 2002, le président Bush assure que “le régime irakien possède des armes biologiques et chimiques, reconstruit des installations pour en fabriquer encore plus (…) cherche à avoir la bombe nucléaire et avec des matériaux fissiles pourrait en fabriquer une en un an”.

L’étude souligne que ces affirmations ont été reprises dans un rapport des agences de renseignement américaines (NIE) quelques jours plus tard alors qu’”aucune analyse n’avait été faite à ce sujet depuis des années car la communauté du renseignement ne l’avait pas estimée nécessaire et la Maison Blanche pas demandée”.

L’étude revient aussi sur deux unités mobiles qualifiées en mai 2003 de “laboratoires biologiques” par Bush alors qu’une équipe d’experts civils dépêchés en Irak avait conclu qu’il n’en était rien.

Pour conclure, les auteurs regrettent qu’il n’y ait pas eu “d’enquête du Congrès sur ce qui s’était passé à la Maison Blanche” dans les mois précédant mars 2003 et épinglent les médias qui, malgré “quelques mea-culpa”, ont contribué à “valider” les fausses déclarations de l’administration Bush. (L’Express-24.01.08.)

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*Les soudards de Bush

Le témoignage saisissant d’un marine américain, de retour d’Irak

Quiconque a sillonné l’Irak depuis la chute de la maison Saddam le devine, le sent, le sait: l’impréparation patente du contingent américain a relégué au rang de fiasco une mission à haut risque. On s’en doutait, Jimmy Massey, lui, a vécu le désastre de l’intérieur. Cru, âpre, le témoignage de cet ancien sergent-chef des marines, si fier naguère de son statut de «machine à tuer», plonge le lecteur dans l’effarement. Premier choc, le récit de son expérience de recruteur au service d’un corps qu’il a longtemps vénéré. Soumis à la tyrannie des quotas mensuels, Jimmy, alias «le Requin», expédie sous les drapeaux toxicos et repris de justice. Pis, il enseigne aux candidats l’art du mensonge et du simulacre. Lorsque, faute de rendement, son étoile pâlit, il déboule dans le chaudron irakien. Second séisme, la relation des bavures sanglantes commises par des soudards racistes dopés à la trouille, à la bière et au machisme. On voit ainsi comment ces combattants de la liberté déchiquettent au M 16 une escouade de civils pro-Saddam, un camionneur ou un paysan au comportement jugé suspect. Bien sûr, l’occupant fait face en Irak à une guérilla d’une terrible férocité. Bien sûr, toute armée en campagne obéit à des rituels macabres. Le hic, c’est que Jimmy le Requin et ses compagnons de galère sont censés guider un pays exsangue sur le chemin du Bien et de la civilisation. Leur vision du monde et de la guerre ne vole pas bien haut. Mais elle donne le vertige.(L’Express-27.10.05.)

*** David Kay: “Sur l’Irak, il est temps de reconnaître nos erreurs”

Il n’y a pire colère que celle d’un croyant floué. De l’avis de ses anciens proches de l’Agence internationale de l’énergie atomique, David Kay, 63 ans, expert chargé par la CIA de trouver les fameuses armes de destruction massive irakiennes, se pensait assez bien informé pour déterrer, avec ses 1 400 subordonnés, un arsenal déclaré hier introuvable par les inspecteurs de l’ONU.

 Bredouille après huit mois de quête, il a donné avec fracas sa démission le 23 janvier. Ce «pur» a peut-être mal supporté d’entendre George W. Bush citer son dernier rapport, pourtant vide, afin d’invoquer une nouvelle fois la menace des armes de Saddam Hussein. Devant le Congrès, Kay a simplement constaté la faillite du renseignement américain, non sans relancer, en pleine course électorale, le débat sur une possible manipulation de l’opinion américaine. Partagé entre sa crainte de devenir l’otage d’une empoignade politique et sa fureur devant le fiasco de la CIA, il se confie à L’Express en exclusivité.

En déclarant devant le Sénat américain: «Nous avions tous tort» sur la question des armes de destruction massive irakiennes, vous vous attendiez à déclencher une polémique énorme?

Oui et? non. Je m’attendais, bien sûr, à des réactions, car je tiens ces propos en pleine année électorale. Mais, d’un autre côté, à voir les sondages d’opinion avant ma démission, j’avais l’impression que la grande majorité des Américains s’étaient résignés à l’idée que l’on puisse ne jamais découvrir ces armes. Le tollé, s’il existe, s’explique par le climat de campagne, et aussi parce que, au- delà de la question des armes, je m’en prends aux déficiences d’un système d’Etat. Les conséquences politiques me surprennent moi-même: qui, au Sénat, a posé la question capitale sur l’ouverture d’une commission d’enquête indépendante? Pas un membre de l’opposition, mais le sénateur McCain, un républicain! Quant au président, il prend un véritable risque. Comparez avec Tony Blair, qui, en Grande-Bretagne, a limité l’enquête aux renseignements sur l’Irak avant la guerre: Bush, lui, laisse sa commission travailler, au-delà de la question des armes, sur nos capacités de renseignement sur les pays hors la loi.

Qui visez-vous? Les hommes politiques? La CIA?

Je constate l’échec du processus de renseignement, tant du point de vue de la collecte et de l’analyse des informations que de sa capacité à produire des conclusions fiables. Et cela ne concerne pas que les Etats-Unis. Regardez la Russie et la France. A aucun moment, ces pays n’ont nié la tendance de l’Irak à occulter, mentir, tromper et vouloir acquérir des armes de ce type. Ils divergeraient seulement quant à l’ampleur de la menace et au meilleur moyen d’y répondre, par la force ou non. Hormis cela, le consensus était plutôt large. Or nous avions tous tort! Et nous devrions tous être inquiets de nous être tant fourvoyés dans un dossier aussi étudié, disséqué, que celui de l’Irak. Qu’en est-il, alors, des pays moins connus comme la Syrie, ou même l’Algérie, sur laquelle un seul pays occidental, la France, dispose de quelques renseignements?

Vous ne voulez pas parler aussi du traitement des informations par les dirigeants politiques?

Je suis de ceux qui pensent que, même en dehors des armes, le changement de régime était légitime. Il suffit de voir les charniers, la dévastation incroyable causée par Saddam Hussein et sa famille, pour s’en convaincre. Le problème, c’est qu’en nous focalisant – à tort – sur les armes de destruction massive nous avons empêché le gouvernement de développer ses autres arguments, humanitaires et stratégiques, tout aussi valables. Aujourd’hui, ceux-ci apparaissent comme des échappatoires peu crédibles. C’est injuste, car la faute incombe surtout au renseignement.

Tout de même, nous avons assisté à une surenchère alarmiste.

Je suis peut-être cynique, mais je n’ai jamais vu un politicien se contenter de transmettre au peuple les sèches conclusions de ses experts. Les élus expliquent, amplifient, choisissent les arguments les plus percutants. C’est la nature du politique et de la démocratie. J’ai vu bien des démocrates, dont Clinton, ne pas y aller de main morte. Je le répète: le problème réel, c’est que le c?ur, le fondement, toute la vision que nous nous étions construite autour des objectifs et des programmes militaires irakiens étaient faux. Tout.

Il y avait des tiraillements entre les agences de renseignement, la CIA, le Bureau des projets spéciaux du Pentagone, et l’entourage de Paul Wolfowitz.

Avant mon affectation à Bagdad et leur mission d’information sur le terrain, je n’avais jamais rencontré les membres du fameux bureau. Entre analystes, il y avait bien des divergences sur le niveau d’avancement des programmes irakiens, mais, à chaque tour de table, c’était quasi l’unanimité sur la question centrale: l’Irak possède-t-il et veut-il acquérir ces armes?

Tout de même, les références au fameux champignon nucléaire?

Je reconnais que la rhétorique peut dépasser les bornes, mais n’oubliez pas la dimension émotionnelle, ici. Le 11 septembre 2001, ce n’était certes pas un champignon atomique, mais il y avait deux trous fumants dans New York. Côté nucléaire se présentaient deux cas de figure. Si l’Irak construisait sa bombe avec sa propre production de matière fissile, il en aurait pour des années. Mais si Saddam Hussein obtenait ces matériaux directement de l’ex-URSS, ce temps se réduisait à six ou douze mois. C’était le propos de Colin Powell à l’ONU, le 5 février 2003, mais j’ai aussi vu des démocrates tel l’ex-sénateur Sam Nunn ou des pontes comme Joe Nye, de Harvard, bâtir leur réputation sur cette crainte d’une fuite de matériaux fissiles, plutonium ou uranium enrichi. Nous vivons dans un monde où Ben Laden, avec un peu de ces matériaux, pourrait élaborer une bombe rudimentaire et nous pourrir la vie. En 1991, en Irak – j’y étais – nous avions constaté que le pays avait résolu l’essentiel des problèmes fondamentaux en matière d’armement: ils avaient fait du gaz VX, du gaz moutarde, de l’anthrax. Côté nucléaire, ils avaient passé beaucoup d’étapes, sauf celle de la production de matière fissile.

Les Français niaient aussi la dangerosité et la capacité d’intimidation de la région par un éventuel stock d’armes de ce type.

Le vrai malentendu transatlantique, c’était cela: la France voyait les pays voisins de l’Irak comme des pays normaux que l’on ne déstabiliserait pas si facilement. Nous, nous les voyions, malgré leur richesse et leurs importations d’armes, comme des coquilles creuses et fragiles. En premier lieu, l’Arabie saoudite. Les Américains étaient éberlués de voir ce pays, réputé fermé, ouvrir si tôt son territoire aux troupes américaines après l’invasion du Koweït. Cela en disait long sur leur confiance en eux?

Comment avez-vous fini par reconnaître l’erreur concernant l’existence des armes irakiennes?

A mon arrivée, en juin 2003, j’étais persuadé de trouver des stocks d’armes chimiques et bactériologiques. Lorsque nous avons commencé? à ne rien trouver, j’ai attribué cela au fait que l’armée américaine n’avait pas assez travaillé: l’unité militaire spéciale se contentait de prévenir des attaques chimiques contre les troupes et n’enquêtait pas en profondeur. J’ai fini par avoir des doutes au bout d’un mois, après que nous avons visité les principaux bunkers et en sommes revenus bredouilles. Pour les documents et les matériaux, il en allait de même, car un événement a conditionné profondément et mine encore la recherche d’armes en Irak: c’est la perte totale de contrôle de l’armée américaine, dès le soir du 9 avril 2003 et pendant six semaines, face aux pillages monstres des archives et des lieux publics. A la mi-juillet, je pensais que les Irakiens avaient renoncé à certains développements d’ogives ou tout transféré en Syrie. Au début de septembre, mes doutes étaient devenus écrasants. Les mystérieux camions présentés depuis des mois comme des preuves ne semblaient rien avoir à faire avec les armes de destruction massive. Les faits, la réalité nous implosaient entre les mains, et je commençais à réaliser que nos analyses étaient erronées.

Vous avez dû penser à ce moment-là aux interventions télévisées du vice-président Dick Cheney, qui décrivait avec précision les stocks d’armes chimiques?

Oui, alors que sur place nous ne trouvions rien. Rien! Je ne parlerais pas de tension, mais cette déconnexion d’avec Washington nourrissait notre humour noir, des blagues du genre: «Appelons-les aux Etats-Unis pour qu’ils nous donnent les coordonnées cartographiques précises des dépôts d’armes. En Irak, nous n’avons pas les bonnes infos.» Le coup de grâce a eu lieu lorsque nous avons réalisé que nous ne trouvions aucun informateur fiable, aucun individu ayant participé au stockage, au transport ou à la production de ces armes, et cela malgré la promesse de millions de dollars de récompense et l’assurance d’une nouvelle vie en Amérique ou dans un autre pays. Personne! Ce fut pour moi le pire signal d’alarme, plus encore que l’absence de document ou d’un lieu qui aurait pu s’inscrire dans une chaîne logique de production d’armes de destruction massive. La conclusion nous est venue naturellement: et si ces armes n’existaient pas?

Comment est-ce possible?

Je crois que Saddam Hussein a fait un pari atroce sur le dos de son peuple. L’attitude française et russe lui a fait croire que les Etats-Unis, craignant aussi les pertes en hommes, ne partiraient pas en guerre unilatéralement ou limiteraient leurs opérations à des frappes aériennes sans lendemain, comme en 1998. Pourquoi aurait-il coopéré? Le mythe des armes de destruction massive lui servait d’abord à maintenir l’ordre chez lui. Ensuite, il ne voulait pas donner l’impression d’avoir cédé devant l’ONU ou les Américains sur cette question de puissance militaire.

Vous avez été surpris par l’Etat de déliquescence du régime de Saddam, que vous avez qualifié de «tourbillon de corruption».

Les Américains ont du mal à concevoir qu’un Etat dictatorial et policier puisse être aussi vermoulu de l’intérieur. Hussein et ses fils pouvaient, jusqu’à la chute de Bagdad, tuer, torturer qui bon leur semblait, mais ils ne tenaient pas vraiment le pays, qui partait à vau-l’eau dans une corruption invraisemblable. Nous savons, de source sûre, que Saddam avait détourné 6,5 milliards de dollars du programme Pétrole contre nourriture, une somme utilisée à 60% pour construire des palais et enrichir d’autres membres de l’élite par des commissions. Après 1998, la famille Hussein s’est considérablement enrichie et s’est coupée de la réalité du pays.

On parle de ces programmes militaires fantômes?

Exact. Là aussi, nous avons des témoignages multiples et précis. Des savants de haut niveau, des gens sortis des meilleures universités américaines, françaises ou allemandes défilaient devant Saddam pour lui proposer, sciemment, des technologies militaires fictives et délirantes. Le raïs les récompensait avec de l’argent, mais, le plus souvent, en leur offrant des… voitures. Il était obsédé par l’aviation américaine. J’ai donc retrouvé, par exemple, la trace d’un projet de canon electromagnétique anti-aérien mu par un moteur linéaire, un gadget de science-fiction invraisemblable pour les Etats-Unis, et encore plus pour l’Irak. «C’était un monde féerique du mensonge, me disaient les scientifiques en question. Pourquoi nous en serions-nous privés?» 

Avez-vous trouvé des laboratoires?

Nous en avons découvert plusieurs, ravagés, qui allaient de la taille d’une pièce à celle d’immeubles entiers. Ils servaient surtout à la production de matériel destiné aux assassinats de dissidents étrangers. Car nous avons trouvé les vecteurs de poisons, comme la ricine. L’un d’entre eux servait vraisemblablement à des essais sur des humains.

Aviez-vous les moyens de votre mission?

C’est ce qui a fait déborder le vase. J’avais accepté la mission à la condition que le rôle du Groupe de surveillance de l’Irak (ISG) se limite à la recherche des armes de destruction massive et qu’il dispose de moyens substantiels. Or, dès que la situation s’est aggravée pour les troupes d’occupation, harcelées par les attentats, le général Abizaid a demandé que mes équipes et mes ressources soient désormais affectées à cette cause plus urgente. Dès le mois d’août, j’ai dû me battre avec les militaires pour obtenir un sursis. Mais je ne trouvais pas d’armes de destruction massive, et, à Washington, tout le monde – dont beaucoup de démocrates – exigeait ce changement de priorité. J’ai baissé les bras en novembre, lorsque le Pentagone a affecté mes derniers traducteurs d’arabe à la lutte antiterroriste.

Comme si les autorités américaines n’avaient jamais cru aux armes de destruction massive?

Cette idée? Cette idée m’a traversé l’esprit. Si les armes de destruction massive revêtaient une telle importance pour l’entrée en guerre, pourquoi n’ont-ils pas mis tous les moyens pour en prouver l’existence? Je ne le comprends toujours pas, mais j’accepte l’explication officielle.

Qu’auriez-vous pu trouver?

Pas de stocks d’armes, c’est sûr, mais j’étais très attaché à l’enquête sur le réseau international de fournisseurs qui avaient contribué au développement récent des missiles irakiens. Ce réseau sévit toujours ailleurs et nous gagnerions beaucoup à en savoir plus.

Après vos critiques, le directeur de la CIA en personne a dû défendre publiquement son agence?

Il défend ses troupes, et c’est admirable, voilà tout.

La CIA est aussi le bouc émissaire facile du pouvoir.

Pas tant que cela. Il y a eu l’attentat contre le USS Cole, l’explosion des ambassades en Afrique, le 11 septembre 2001, et la direction de la CIA n’a pas changé. Le gouvernement Bush n’a pas choisi cette solution de facilité.

Que reprochez-vous donc à la CIA?

Sa carence dans le renseignement humain, qui date des années du Vietnam, de la moralisation excessive de l’agence après la commission Church et de l’interdiction, sous Jimmy Carter, du recrutement de criminels. Ce sont pourtant les criminels, et non les enfants de ch?ur, qui détiennent les secrets! Outre ce politiquement correct, qui laisse rêveur les agences européennes, je déplore un mauvais management du renseignement humain. Il est incroyable, dans cette affaire d’armes de destruction massive, que personne n’ait eu l’ouverture intellectuelle suffisante pour imaginer que Saddam pouvait bluffer. Nous avons aussi des problèmes de recrutement parce que nous connaissons mal les cultures et les langues des pays sensibles. Ensuite, notre culture médiatique n’est pas propice au secret et à la protection des sources. Les informateurs potentiels préfèrent se cacher dans d’autres pays.

Les Etats-Unis sont-ils bien préparés pour affronter les dangers de la prolifération nucléaire, au moment où l’on découvre que le physicien pakistanais A. Q. Khan a disséminé la technologie nucléaire?

J’apprécie l’effort du président Bush pour le contrôle des productions et des ventes d’uranium enrichi, mais nous avons trop tardé à détecter les agissements d’un A. Q. Khan au Pakistan. Voilà au moins quinze ans qu’il sévit et, malgré les démentis officiels, nous arrivons tard dans cette affaire. Vous rendez-vous compte? Une entreprise de Malaisie fabriquait des centrifugeuses à uranium qu’elle expédiait en Libye via Abu Dhabi! Mais c’est mieux que la distribution des supermarchés! Nous sommes mal équipés et il n’y a pas de honte à tirer les leçons de ce constat. Quelque chose dans cette ville de Washington, trop partisane et médiatique, ou dans l’immaturité de notre système politique, empêche les dirigeants de reconnaître qu’ils apprennent par leurs erreurs.

George W. Bush semble avoir changé de ton en appelant l’ONU à la rescousse, même sur les questions de prolifération nucléaire.

Je trouve cocasse qu’il demande soudainement à l’ONU une résolution faisant du trafic de matières fissiles un crime international, alors que nous n’avons même pas pu tolérer jusqu’à présent l’idée d’une simple Cour pénale internationale. Nous en appelons maintenant au vaste monde par convenance, sans reconnaître d’abord que nous avons péché par unilatéralisme. Je crains qu’avec cette affaire d’armes irakiennes nous n’ayons perdu notre crédibilité pour une génération. Ce que je cherchais à expliquer en disant: «Nous avions tort», c’est qu’il est temps de reconnaître nos erreurs, de les analyser en profondeur, pour que les Etats-Unis recouvrent au plus vite leur crédibilité.(l’Express-16.02.04)

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*Chronologie de la guerre en Irak (2002-2009)

Vers la guerre

2002
29 janvier: à l’occasion du discours sur l’état de l’union, George W. Bush déclare que l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord forment un «axe du mal», contre lequel il promet d’agir.
7 avril: le Premier ministre britannique Tony Blair adresse un avertissement à l’Irak, évoquant un «renversement» par la force de tout régime menaçant la sécurité internationale.
5 juillet: selon le quotidien The New York Times, l’armée américaine a mis secrètement au point un plan prévoyant une attaque massive contre l’Irak, forte de centaines d’avions de combat et de quelque 250 000 hommes.
8 juillet: Washington veut un «changement de régime» et utilisera «tous les moyens» pour renverser Saddam Hussein, déclare George W. Bush.
12-14 juillet: des officiers irakiens en exil et des représentants de l’opposition créent à Londres un conseil militaire pour renverser Saddam Hussein.
2 août: l’Irak invite à Bagdad Hans Blix, le chef de la Commission de surveillance, de vérification et d’inspection des Nations unies (UNMOVIC), pour discuter d’une éventuelle reprise des inspections de la commission chargée de veiller au désarmement de l’Irak.

Septembre
12: sommant l’ONU, devant sa 57e Assemblée générale, d’agir de manière résolue pour se faire respecter par Bagdad, le président américain évoque une «action inévitable» contre l’Irak.
16: Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, annonce que l’Irak accepte sans conditions le retour des inspecteurs en désarmement.
17: le secrétaire d’Etat américain Colin Powell déclare que les Etats-Unis souhaitent une nouvelle résolution de l’ONU pour garantir que l’Irak respectera ses engagements de désarmement.
19: le président américain demande au Congrès l’autorisation d’utiliser l’armée américaine contre Bagdad si nécessaire.
20: l’administration Bush présente sa stratégie pour la sécurité nationale, qui prévoit notamment des attaques préventives contre les «Etats voyous».

Octobre
11: le Congrès américain autorise le recours à la force armée contre l’Irak.
16: lors d’un débat public au Conseil de sécurité, Kofi Annan demande qu’une dernière chance soit accordée à Bagdad.
18: Washington accepte que le Conseil de sécurité soit saisi à nouveau avant un éventuel recours à la force, mais souhaite une résolution unique et forte.

Novembre
8: la résolution 1441 est votée à l’unanimité par le Conseil de sécurité. Elle donne sept jours à Bagdad pour accepter «cette dernière chance de se conformer aux obligations de son désarmement».
13: l’Irak accepte sans réserve la résolution 1441, qui durcit le régime des inspections sur son sol.
25: arrivée à Bagdad de 17 experts de l’UNMOVIC et de l’AIEA, conformément à la résolution 1441.

Décembre
3: l’ONU adopte à l’unanimité la résolution 1447, qui renouvelle pour six mois le programme «pétrole contre nourriture», qui autorise Bagdad à vendre une quantité limitée de pétrole pour acheter de la nourriture et des médicaments.
7: l’Irak remet à l’ONU une déclaration sur ses programmes à vocation militaire, un énorme rapport de 11 800 pages, tandis que Saddam Hussein présente pour la première fois des excuses au peuple koweitien pour l’invasion de l’émirat en 1990.
17: l’opposition irakienne, réunie à Londres avec le soutien de Washington, adopte une déclaration politique appelant l’Irak d’après Saddam Hussein à se tranformer en un Etat fédéral démocratique, libéré de ses armes de destruction massive.
19: «La déclaration irakienne utilise peut-être le langage de la résolution 1441, mais ne répond en rien aux exigences de cette résolution» déclare le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell.
20: le chef des inspecteurs de l’ONU, Hans Blix, reproche à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis de ne pas fournir assez de renseignements sur les sites irakiens dont ils pensent qu’ils abritent des armes de destruction massive.

2003
Janvier
9: «le recours à la force est toujours un constat d’échec et la pire des solutions» déclare Jacques Chirac lors de ses voeux à la presse.
11: Washington renforce le déploiement de troupes américaines dans le Golfe, avec 150 000 hommes sur place.
13: le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Mohamed El Baradei, annonce que les inspecteurs en désarmement ont encore besoin de quelques mois pour mener à bien leur mission.
14: le chancelier allemand Gerhard Schroeder se prononce en faveur d’une deuxième résolution des Nations unies avant une éventuelle intervention militaire contre l’Irak.
20: «Rien ne justifie de rompre le fil des inspections» ni «d’envisager l’action militaire», déclare Dominique de Villepin, ministre français des Affaires Etrangères, à l’issue d’une réunion ministérielle du Conseil de sécurité sur le terrorisme.
22: le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld s’en prend à l’Allemagne et à la France, en estimant que ces deux alliés, qui s’opposent aux Etats-Unis, ne représentent plus que «la vieille Europe».
27: dans un rapport rendu au Conseil de sécurité, les chefs des inspecteurs du désarmement de l’Irak dressent un bilan sévère de la coopération de Bagdad, mais demandent plus de temps pour mener à bien leurs inspections.
30: les chefs d’Etat de huit pays européens (Danemark, Espagne, Grande-Bretagne, Hongrie, Italie, Pologne, Portugal, République tchèque, rejoints le lendemain par la Slovénie) se rangent derrière Washington dans une lettre commune publiée dans plusieurs journaux européens.
31: Hans Blix dément que le régime irakien soit lié au réseau terroriste Al-Qaida, ainsi que l’a affirmé le président américain dans son discours sur l’état de l’union. Le bilan qu’il a dressé devant le Conseil de sécurité de l’ONU sur le déroulement des inspections ne justifie pas, selon lui, le déclenchement d’une guerre.

Février
5: à l’ONU, Colin Powell dresse un sévère réquisitoire contre l’Irak, photos et bandes sonores à l’appui, présentées comme des preuves que le régime de Saddam Hussein a choisi de ne pas coopérer.
9: la France et l’Allemagne mettent au point un plan de rechange à l’option militaire américaine. Celui-ci prévoit l’envoi de Casques bleus européens en Irak et le renforcement des inspections des Nations unies.
10: la France, la Russie et l’Allemagne adoptent une déclaration commune appelant à la poursuite et au renforcement substantiel des inspections en Irak.
Bagdad autorise «sans conditions» les vols d’avions espions U2, réclamés par les inspecteurs de l’ONU, au-dessus de son territoire.
11: la Chine apporte son soutien à la proposition franco-germano-russe d’étendre les inspections en Irak.
14: la plupart des membres du Conseil de sécurité demandent une poursuite des inspections en Irak, après un nouveau rapport des chefs des inspecteurs de l’ONU affirmant que l’Irak coopère mieux mais doit encore apporter la preuve de son désarmement. Ce rapport signale que le missile Al-Samoud 2, qui dépasse 150 km de portée, enfreint les résolutions de l’ONU datant de 1991.
15: quelque dix millions de personnes se mobilisent dans le monde entier pour manifester contre la guerre en Irak, principalement en Europe où de véritables marées humaines déferlent dans les rues de Rome, Madrid et Londres.
17: les dirigeants européens réunis en sommet à Bruxelles se mettent d’accord sur un texte commun sur l’Irak, qui affirme que la «guerre n’est pas inévitable», sans exclure un recours à la force «en dernier ressort». En marge du sommet, Jacques Chirac critique les pays d’Europe de l’Est aspirant à entrer dans l’UE pour s’être aligné sur les Etats-Unis.
22: Hans Blix fixe la date butoir du 1er mars pour le début de la destruction des missiles irakiens Al-Samoud prohibés.
24: Washington, Londres et Madrid soumettent un projet pour une seconde résolution (après la résolution 1441 adoptée le 8 novembre 2002) au Conseil de sécurité.

Mars
1er: le parlement turc rejette une motion appelant à un déploiement de soldats américains dans le pays.
L’Irak commence la destruction de ses missiles Al-Samoud.
5: le chef de l’armée turque apporte son soutien à un déploiement de troupes américaines dans le pays.
7: nouveau rapport des chefs des inspecteurs de l’ONU Hans Blix et Mohamed El-Baradei. Ils dressent un tableau encourageant de la coopération irakienne en matière de désarmement. Hans Blix souligne l’accélération du désarmement irakien depuis fin janvier.
Washington, Londres et Madrid font circuler un projet de résolution amendé sur l’Irak, fixant au 17 mars la date limite pour que Bagdad désarme.
10: le chef de la diplomatie russe, Igor Ivanov, affirme que Moscou mettra son veto au projet de résolution anglo-américain.
Au cours d’une interview télévisée, Jacques Chirac confirme sa détermination à tout faire pour empêcher une guerre contre l’Irak, quitte à utiliser le droit de veto de la France.
16: Washington, Londres et Madrid annoncent une ultime tentative de faire avaliser par l’ONU un ultimatum autorisant l’usage de la force contre l’Irak, lors d’un sommet-éclair aux Açores.
17: les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Espagne renoncent à mettre leur résolution aux voix à l’ONU. Dans la soirée, George Bush donne 48 heures à Saddam Hussein pour quitter l’Irak..
Kofi Annan annonce le retrait d’Irak des inspecteurs en désarmement de l’ONU et des autres personnels des Nations Unies, ainsi que la suspension du programme «pétrole contre nourriture». Géré par l’ONU, celui-ci assure l’essentiel du ravitaillement de la population irakienne.
Le secrétaire d’Etat américain Colin Powell affirme qu’une coalition de 45 pays soutient les Etats-Unis contre l’Irak.

19: l’état d’urgence est proclamé par le parlement au Kurdistan, où des dizaines de milliers de personnes fuient les villes.

La conquête

20 mars: début de l’opération «Liberté pour l’Irak»; les premiers bombardements américano-britanniques sur Bagdad visent des bâtiments officiels. Plusieurs puits de pétrole sont incendiés dans le sud de l’Irak.
Le parlement turc vote l’ouverture de l’espace aérien du pays à l’aviation américaine.
Le soir, les forces terrestres américano-britanniques passent à l’attaque en franchissant la frontière, à partir du Koweït.
21: les Royal Marines britanniques prennent le contrôle des stations de pompage de pétrole de la péninsule de Fao, dans le sud de l’Irak.
Début des bombardements intensifs (opération «Choc et stupeur»).
23: de violents combats opposent les forces américano-britanniques aux soldats irakiens dans les villes d’Oum Qasr, Nassiryah et Bassora, au sud du pays.
24: la population de Bassora est menacée par une crise humanitaire en raison des coupures d’eau et des combats, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
26: 1000 soldats de la 173e brigade de l’armée américaine sont parachutés dans le Kurdistan irakien.
28: la résolution permettant la reprise du programme humanitaire «pétrole contre nourriture» pour l’Irak est adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU.
Les combattants kurdes effectuent une avancée importante en direction de Kirkouk, au nord de l’Irak, après l’abandon par l’armée irakienne de plusieurs positions visées par des raids américains.
Une explosion, d’origine non identifiée, sur un marché populaire à Bagdad fait une cinquantaine de victimes civiles.

Avril
1er: un raid américain sur la ville d’Al-Hillah (80 km au sud de Bagdad), coûte la vie à 33 civils dont des femmes et des enfants.
3: les troupes américaines pénètrent dans Nadjaf.
4: les troupes américaines prennent le contrôle l’aéroport Saddam Hussein, à 20 km au sud-ouest de Bagdad.
6: les Britanniques annoncent avoir pris le contrôle de la majeure partie de Bassora.
9: les Américains contrôlent la plus grande partie de Bagdad. La statue de Saddam Hussein, place Al-Ferdaous au centre de la ville, est renversée par un blindé américain.
10: les Kurdes, soutenus par les Américains, prennent Kirkouk.
Des hôpitaux, administrations et maisons de hauts dignitaires ainsi que l’ambassade d’Allemagne et le centre culturel français à Bagdad sont pillés.
Abdel Madjid al-Khoï, chef chiite modéré, est assassiné à Nadjaf.
11: Mossoul est occupée par les forces américaines et kurdes.
Le musée archéologique de Bagdad est pillé.
13: les forces américaines entrent dans Tikrit, dernier bastion du régime. Les chefs des tribus demandent l’arrêt des bombardements pour négocier la reddition des miliciens.
16: George Bush demande la levée des sanctions de l’Onu contre l’Irak.
17: arrestation de Barzan Al-Tikriti, conseiller présidentiel et demi-frère de Saddam Hussein.
18: l’administration américaine attribue au groupe américain de bâtiment et travaux publics Bechtel un contrat, qui pourrait atteindre 680 millions de dollars, dans le cadre la reconstruction en Irak.
21: arrivée à Bagdad du général américain Jay Garner, administrateur provisoire de l’Irak d’après-guerre.
22: une foule de centaines de milliers de fidèles se rassemble à Kerbala, ville sainte des chiites, pour un pélerinage, mais aussi pour fêter leur liberté de culte retrouvée et, pour certains, conspuer la présence américaine.
24: l’ex-vice Premier ministre Tarek Aziz se rend aux Américains.

L’occupation américaine

Mai
1er: George W. Bush déclare dans une allocution prononcée depuis le porte-avions Abraham Lincoln, que «l’essentiel des combats est terminé en Irak».
2: le diplomate Paul Bremer est chargé de diriger la reconstruction de l’Irak en tant qu’administrateur civil.
8: les dirigeants de l’ex-opposition, désignés par Washington pour former le noyau d’un gouvernement provisoire, se réunissent à Bagdad avec des responsables américains.
10: le chef de la principale formation de l’ex-opposition chiite exilé en Iran, l’ayatollah Mohammad Baqer Hakim, fait un retour triomphal en Irak.
16: l’accès de la fonction publique est interdit à tous les hauts responsables du Baas, le parti du président déchu Saddam Hussein, mesure qui devrait toucher entre 15 000 et 30 000 personnes.
22: la résolution américano-britannique pour la levée des sanctions en Irak est adoptée par les membres du Conseil de Sécurité, à l’exception de la Syrie.

Juin
3: la commission des Affaires étrangères du parlement britannique annonce l’ouverture d’une enquête sur la décision du gouvernement de participer à la guerre à la suite ‘ accusations selon lesquelles Downing Street aurait réécrit un rapport des services de renseignement sur l’armement irakien pour justifier le conflit.
14: l’armée américaine lance l’opération «Scorpion du désert» dans le nord et nord-ouest de l’Irak, contre les loyalistes au régime déchu de Saddam Hussein, qui harcèlent les forces de la coalition.
23: la coalition annonce sa décision de payer les salaires des soldats irakiens démobilisés, qui menaçaient de recourir à des actions violentes si leurs soldes n’étaient pas versées.
27: le chef de l’Assemblée suprême de la révolution islamique en Irak (ASRII-chiite), Mohammad Baqer Hakim, rejette les actions violentes contre la coalition.
30: les troupes américaines, confrontées à une insécurité croissante, lancent une nouvelle opération baptisée «Crotale du désert» contre l’ancien bastion de Saddam Hussein au nord de Bagdad.

Juillet
1er: l’armée américaine évacue une de ses positions dans la ville de Falloujah, où la tension est vive après la mort de six étudiants en théologie par une explosion dans une mosquée.
3: les Etats-Unis offrent une récompense de 25 millions de dollars pour des informations conduisant à l’arrestation de Saddam Hussein.
6: Paul Bremer accepte la création d’un Conseil de gouvernement transitoire doté de pouvoirs exécutifs, tout en se réservant un droit de veto.
13: le Conseil de gouvernement transitoire irakien, composé de 25 membres, se réunit pour la première fois à Bagdad.
22: les deux fils et le petit-fils de Saddam Hussein sont tués lors d’un assaut lancé par les troupes américaines à Mossoul.
29: le Conseil de gouvernement transitoire irakien institue une présidence tournante de neuf membres: ce «Conseil présidentiel» compte cinq chiites, deux sunnites et deux Kurdes.

Août
19: un attentat-suicide au camion piégé perpétré contre le siège de l’ONU à Bagdad fait 22 morts dont le représentant de l’ONU Sergio Vieira de Mello.
29: dix-huit personnes sont tuées, dont le chef de l’Assemblée suprême de la révolution islamique en Irak (ASRII), l’ayatollah Mohammad Baqer Hakim, dans l’explosion d’une voiture piégée dans la ville sainte chiite de Najaf.

Septembre
3: le premier gouvernement de l’après-Saddam prête serment.
La Pologne prend le contrôle de cinq provinces.

Octobre
2 : un rapport du Groupe d’Inspection en Irak (ISG) affirme qu’aucune arme de destruction massive n’a été découverte.
23-24 : conférence des donateurs pour la reconstruction de l’Irak à Madrid; 33 milliards de dollars sont recueillis.
27 : cinq attentats suicide à la voiture piégée sont perpétrés à Bagdad, contre le siège du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et quatre postes de police. Le bilan est de 43 morts.
30 : l’ONU annonce le retrait temporaire de Bagdad de son personnel étranger.

Novembre
2: un hélicoptère américain est abattu près de Falloujah. Seize soldats sont tués et 26 autres blessés.
12: 18 soldats italiens sont tués dans un attentat à la voiture piégée contre une base militaire à Nassiriyah (sud de l’Irak).
15: les Etats-Unis présentent un calendrier pour la passation de pouvoir aux Irakiens; un gouvernement provisoire sera installé avant juin 2004. Une Assemblée constituante devrait être élue en 2005.
16: l’occupation de l’Irak prendra fin le 30 juin 2004, mais les troupes de la Coalition resteront dans ce pays «à l’invitation des Irakiens», annonce un responsable américain.
27: l’ayatollah Sistani, le plus haut dirigeant chiite irakien, exige des élections immédiates au suffrage universel. Selon l’accord signé entre le Conseil de gouvernement et la coalition, les premières élections au suffrage universel ne devraient se tenir qu’en mars 2005.

Décembre
5: l’ancien secrétaire d’Etat James Baker, est nommé envoyé spécial pour la dette irakienne.
9: le Japon décide d’envoyer des troupes non combattantes en Irak.
10: création d’un tribunal spécial chargé de juger les crimes du régime de Saddam Hussein.
13: arrestation de Saddam Hussein près de Tikrit, sa ville natale.

2004
Janvier
19: des milliers de chiites manifestent dans le centre de Bagdad à la demande de l’ayatollah Ali Sistani pour réclamer la tenue rapide d’élections.
23: David Kay, responsable de la mission américaine chargée de découvrir les armes de destruction massive, démissionne en affirmant qu’il ne pense pas que le régime de Bagdad détenait des stocks d’armes interdites.

Février:
1er: plus de 100 personnes sont tuées dans un double attentat suicide perpétré contre les sièges des deux principaux partis du Kurdistan irakien à Erbil.
2: sous la pression du Congrès, George W. Bush annonce la création d’une commission d’enquête indépendante chargée d’établir si les services de renseignement américains ont commis des erreurs dans le dossier des armes de destruction massive.
10-11: deux attentats contre les forces de sécurité font une centaine de victimes à Bagdad et à Iskandariya.

Mars
1: le Conseil de gouvernement adopte le texte de la Constitution provisoire, résultat d’un compromis difficile entre islamistes et laïcisants. Ce texte fait notamment de l’islam une source de la législation et non sa source exclusive.
2: avec plus de 180 morts, l’Irak connait sa journée la plus sanglante depuis la chute du régime de Saddam Hussein. Plusieurs attentats visant la communauté chiite, le jour de la fête de l’Achoura font 112 victimes dans la ville sainte de Kerbala, tandis qu’ à Bagdad un attentat contre une mosquée chiite tue 70 personnes.
15: José Luis Rodriguez Zapatero, vainqueur des élections législatives en Espagne, annonce que, conformémement à l’engagement pris pendant la campagne électorale, les troupes espagnoles seront retirée d’Irak «s’il n’y a pas de nouveauté avant le 30 juin».
31: quatre civils américains sont tués à Falloujah et les corps de deux d’entre eux sont mutilés par la foule et exhibés dans la ville.

Avril
4: début d’affrontements très violents entre forces de la coalition et partisans du chef chiite radical Moqtada Sadr, dans les principales villes chiites du sud et à Bagdad.
5: l’armée américaine lance une opération d’envergure contre la ville sunnite de Falloujah.
12: l’enlèvement de trois Russes et cinq Ukrainiens, libérés le lendemain marque le début d’une série de prises d’otages étrangers.
19: Moqtada Sadr appelle ses partisans à cesser leurs attaques contre les soldats espagnols, au lendemain de la décision de Madrid de retirer son contingent.
21: plus de 70 personnes sont tuées dans cinq attentats à la voiture piégée contre la police, à Bassorah et Zoubeïr, dans le sud de l’Irak, jusqu’à présent relativement épargné par la violence.
28: des photos de soldats américains infligeant des sévices à des Irakiens dans la prison d’Abou Ghraib, diffusées par la chaîne de télévision américaine CBS, soulèvent une vague d’indignation dans le monde.
30: une brigade irakienne est chargée de maintenir l’ordre à Falloujah d’où les Marines se retirent. Ce retrait marque la fin de la confrontation dans ce bastion sunnite où quatre semaines de siège ont fait quelque 280 morts côté irakien.

Mai
1: le New Yorker révèle qu’un rapport de l’armée américaine dénonçait, dès février, l’aspect «systématique» des exactions contre les prisonniers irakiens.
6: l’administrateur civil américain Paul Bremer nomme un gouverneur à Najaf et exige le désarmement de la milice de Moqtada Sadr, qui affronte, presque quotidiennement, dans la ville sainte, les soldats de la coalition.
7: le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld présente des excuses pour les sévices contre les prisonniers. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) indique avoir été témoin de mauvais traitements «assimilables à des tortures» et érigés en un «vaste système».
11: un site internet proche d’Al-Qaïda publie les images de la décapitation d’un civil américain, Nicholas Berg, disparu depuis un mois.
17: Ezzedine Salim, président en exercice de l’exécutif irakien est tué à Bagdad dans un attentat à la voiture piégée.
19: 41 Irakiens qui célébraient un mariage sont tués par un raid américain, dans la région d’Al-Qaëm, à une vingtaine de kilomètres de la frontière irako-syrienne.
28: le chiite Iyad Allaoui, proche de Washington, est choisi par le Conseil de gouvernement comme futur Premier ministre.

Le «transfert de souveraineté»

Juin
1er: Ghazi al-Yaouar est désigné président de l’Irak.
8: adoption à l’ONU de la résolution 1546 sur le transfert de souveraineté, détaillant les étapes de l’organisation d’élections d’ici à janvier 2005 et les conditions du maintien de la coalition, sans fixer de date limite.
22: annonce de l’exécution d’un otage sud-coréen aux mains d’un groupe se réclamant du réseau de l’islamiste jordanien Abou Moussab al-Zarkaoui. La coalition offre 10 millions de dollars à qui permettra de capturer ce dernier, considéré par les Etats-Unis comme le “suspect numéro un” dans une longue liste d’attentats meurtriers depuis 2004.
24: une série d’attaques et d’attentats simultanés dans les régions de Mossoul, Baaqouba, Falloujah, Ramadi et Bagdad fait au moins 90 morts.
28: Transfert de pouvoirs au gouvernement intérimaire dirigé par Iyad Allaoui. L’Autorité provisoire de la coalition (CPA) est dissoute. Paul Bremer quitte l’Irak.
Juillet
1er: Saddam Hussein comparaît devant un tribunal irakien qui lui signifie sept chefs d’accusation de crimes contre l’humanité.
7: le premier ministre Iyad Allaoui s’arroge les pleins pouvoirs en matière de sécurité.
16: cinquième pays à effectuer un désengagement anticipé, les Philippines quittent l’Irak, cédant aux ravisseurs qui menaçaient de tuer un de leurs ressortissants.
28: soixante-huit personnes sont tuées dans un attentat suicide perpétré devant un bâtiment de la police à Baaqouba.
Août
5: la Force multinationale et la sécurité irakienne lancent une vaste offensive contre les miliciens chiites de Moqtada Sadr dans plusieurs villes d’Irak, dont Najaf, Bassorah, Nassiriyah et Bagdad.
6: le grand ayatollah Ali Sistani, figure emblématique des chiites, quitte Najaf où il réside, pour Londres, pour des problèmes de santé.
15-18: une Conférence nationale de 1300 délégués désigne un conseil consultatif et de contrôle, le «Conseil national intérimaire». Cette instance de 100 personnes doit voter le budget et préparer les élections générales de janvier 2005.
17: huit membres de la conférence nationale se rendent à Najaf pour tenter une médiation avec les rebelles chiites.
26: l’ayatollah Sistani arrive à Najaf, où un cessez-le-feu est décrété, puis un accord conclu avec Moqtada Sadr qui accepte de déposer les armes. Deux manifestations de partisans de Sadr se terminent dans un bain de sang: Les Gardes nationaux ouvrent le feu pour les empêcher d’entrer dans Najaf, tuant 74 personnes.
28: la télévision Al-Jazira annonce l’enlèvement de deux journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, disparus huit jours auparavant.
31: le site internet du groupe islamiste «Ansar Al-Sunna», proche d’Al-Qaïda, annonce l’exécution de douze otages népalais.
Septembre
8: le seuil des 1 000 soldats américains morts en Irak est franchi, dix-huit mois après le début de la guerre.
9-17: des affrontements avec des rebelles et des raids de l’armée américaine à Bagdad, dans le «triangle sunnite» et à Tall Afar, dans le nord de l’Irak, font plus de 250 victimes.
25: dans une interview publiée par le New York Times, Colin Powell annonce le soutien américain à la tenue d’une conférence internationale. L’administration Bush rejettait jusqu’alors cette initiative franco-russe, défendue par le candidat démocrate à l’élection présidentielle, John Kerry.
Octobre
2-3: l’armée américaine et les forces irakiennes reprennent la ville de Samarra, ville sunnite de 250 000 habitants, faisant quelque 150 morts en deux jours.
7: le rapport du chef des inspecteurs américains en Irak, Charles Duelfer, confirme l’absence de stocks d’armes bactériologiques, chimiques ou nucléaires dans ce pays lors de l’entrée en guerre.
15: l’armée américaine lance une opération contre Falloujah, avec plus de 1 000 soldats.

Novembre
2: début d’une vaste offensive américaine sur Falloujah qui durera plus d’un mois. Plus de 10 000 soldats américains, soutenus par 2 000 Irakiens, participent à l’offensive, la plus importante depuis la chute de Bagdad en avril 2003. La majeure partie des habitants fuit cette ville de 300 000 habitants, dont une grande partie sera détruite.
7: Iyad Allaoui décrète l’état d’urgence sur tout le territoire, excepté le Kurdistan, jusqu’aux élections.

Décembre:
19: les villes saintes chiites de Najaf et Kerbala sont secouées par deux attentats qui font au total 66 morts.
21: libération de Christian Chesnot et Georges Malbrunot.
27 : le chiite Abdel Aziz Hakim, chef du Conseil suprême de la révolution en Irak, échappe à un attentat à Bagdad. L’action est revendiquée par le groupe Zarkaoui.
La principale formation sunnite, le Parti islamique irakien, annonce son retrait de la course électorale.

2005

Janvier
4: le gouverneur de Bagdad, Ali Radi al-Haïdari, et l’un de ses gardes sont assassinés dans la capitale.
5: disparition de la journaliste française Florence Aubenas, et de son assistant irakien Hussein Hanoun.
La Maison-Blanche déclare que les Etats-Unis ont cessé de rechercher activement des armes de destruction massive (ADM) en Irak.
30: premières élections multipartites en Irak depuis 1953. Les électeurs désignent l’Assemblée nationale, l’Assemblée de la région autonome kurde et les 17 conseils de province, plus celui de Bagdad. Les Irakiens votent massivement, dans un climat marqué par des attentats qui font une quarantaine de morts, mais n’ont pas réussi à dissuader les électeurs, surtout les chiites dans le centre et le sud et les Kurdes dans le nord, de se rendre aux urnes. La liste chiite soutenue par l’ayatollah Ali Sistani arrive largement en tête (48% des voix), devant la liste kurde (25%).

Février
28: 118 personnes sont tuées à Hilla, ville à majorité chiite, lors d’un attentat suicide. L’attaque est revendiquée par le groupe d’Abou Moussa Al-Zarkaoui.

Mars
10: un attentat suicide lors des funérailles d’un dirigeant chiite à Mossoul fait 51 morts.
31: la Bulgarie et l’Ukraine annoncent le retrait de leurs troupes avant la fin de l’année.

Avril
6: après deux mois de tractations, le Kurde Jalal Talabani est élu président de l’Irak par l’Assemblée nationale transitoire.
7: le chiite Ibrahim al-Jaafari est nommé Premier ministre par le président Talabani, qui propose une amnistie pour les insurgés.
20: le gouvernement annonce la découverte, sur les berges du Tigre au sud-est de Bagdad, des corps de plus de cinquante otages portés disparus.

Mai
8: le gouvernement transitoire irakien, enfin au complet plus de trois mois après les élections, obtient la confiance du Parlement. Il compte 36 ministres: 18 chiites, 9 sunnites, 8 kurdes et un chrétien. Il comprend sept femmes.
11: une série d’attentats, notamment à Tikrit et à Hawija fait au total 64 victimes.
14-15: une série d’attentats anti-chiites et la découverte de 46 corps d’hommes sunnites tués par balles, décapités ou égorgés, avivent la tension entre les deux communautés. Le Comité des oulémas musulmans, la principale association sunnite, met en cause l’Organisation chiite Badr.

Juin
12: libération de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun.
16: un compromis est trouvé sur la question de la participation de sunnites à la Commission de rédaction de la Constitution. Ils auront treize représentants sur un total de 55 membres.

Juillet
7: la branche irakienne d’Al-Qaida annonce avoir tué l’ambassadeur d’Egypte dont elle avait revendiqué l’enlèvement cinq jours plus tôt.
13: 32 enfants et adolescents sont tués par un kamikaze qui a fait exploser sa voiture piégée contre des soldats américains qui leur offraient du chocolat, à Bagdad.

Août
22: le texte de la Constitution est approuvé par le Parlement mais des points de divergences restent à régler. Les sunnites rejettent ceux qui menacent, selon eux, l’unité du pays.
31: à la suite de rumeurs sur la présence de kamikazes dans la foule, lors d’un pélerinage chiite, une gigantesque bousculade sur un pont à Bagdad fait un millier de morts.

Septembre
14: une vague d’attentats et d’attaques fait 150 morts. Abou Moussab al-Zarqaoui, s’exprimant sur un site islamiste, proclame une «guerre totale» contre les chiites, les accusant d’«exterminer» des sunnites qu’il exhorte «à se réveiller».

Octobre
11: le principal parti sunnite, le Parti islamique, annonce qu’il va appeler à voter oui lors du référendum constitutionnel, après un accord permettant d’amender ce texte à l’issue des élections générales de décembre.
15: le projet de constitution, instituant le fédéralisme, est adopté à 78% par référendum.
19: ouverture du procès de Saddam Hussein pour un massacre commis en 1982.

Novembre
18: des attentats suicide contre deux mosquées chiites à Khaneqin (nord-est) font 78 victimes.
19-21: une réunion de réconciliation entre les principales factions irakiennes, au Caire, aboutit à une réintégration de la minorité sunnite dans le jeu politique.

15 décembre: élections législatives. La liste chiite remporte 78 sièges sur 275, mais n’obtient pas la majorité absolue; la liste Kurde emporte 53 sièges et la liste sunnite 44.

2006

5 janvier: au moins 120 personnes sont tués dans une vague d’attentats, en particulier à Ramadi (67 morts), et à Kerbala (44 tués).

Février
12: le Premier ministre Ibrahim Jaafari est choisi comme candidat à sa propre succession par les chiites, majoritaires dans le nouveau Parlement.
22: un mausolée de Samarra, lieu saint chiite, est sérieusement endommagé par un attentat. Les jours suivants, des violences entre chiites et sunnites font plus de 450 morts.

Mars
13 : Londres annonce le retrait de 800 soldats avant le mois de mai, soit 10% de ses troupes en Irak.
20 : le magazine Time révèle que 15 civils irakiens auraient été tués par des Marines en novembre 2004 près de la ville de Haditha (ouest de l’Irak) en représailles après que leur véhicule eut été atteint par une bombe.

Avril
7 : un triple attentat suicide contre une mosquée chiite à la fin de la prière du vendredi à Bagdad tue 90 personnes.
10 : victoire de la coalition de centre gauche en Italie qui a promis de retirer les troupes italiennes si elle l’emportait.
22 : Nouri al-Maliki, le numéro deux du parti Dawa d’Ibrahim Jaafari, est chargé de former un gouvernement.
7 mai: le parlement de la région autonome du Kurdistan irakien vote l’unification des trois provinces, scellant la réconciliation du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani, et de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) de l’actuel président irakien Jalal Talabani.
7 juin: Abou Moussab al-Zarkaoui est tué par un raid américain.
17 juillet : fin du retrait des soldats japonais.
18 juillet: cent civils meurent chaque jour en Irak, selon un rapport de l’ONU qui dresse le tableau d’un pays sombrant dans la violence intercommunautaire.
1er septembre: le Pentagone publie un rapport, rédigé à la demande du Congrès, qui évoque le spectre de la guerre civile. Le nombre d’attaques a augmenté de 15 % en trois mois et celui des victimes irakiennes de 50%.
11 octobre : le Parlement adopte une loi créant un État fédéral, en dépit des craintes que cette réorganisation suscite parmi les sunnites, qui craignent d’être isolés parce que leurs régions, situées essentiellement dans l’ouest du pays, sont largement désertiques et privées de pétrole.
12 octobre : Une étude publiée par le journal britannique The Lancet estime à 650 000 le nombre d’Irakiens qui auraient péri depuis l’invasion américaine, en mars 2003.
5 novembre : le Tribunal spécial irakien condamne Saddam Hussein à la pendaison pour le massacre de 148 villageois chiites en 1982.
21 novembre : l’Irak et la Syrie rétablissent leurs relations diplomatiques, rompues en 1980 par Saddam Hussein en raison du soutien de Damas à Téhéran pendant la guerre Irak/Iran.
23 novembre : l’Irak connaît l’une des journées les plus meurtrières depuis l?intervention américaine, en mars 2003, avec plus de 200 morts dont 150 à Sadr City, le quartier populaire chiite de Bagdad.
1er décembre : fin du retrait des troupes italiennes.
6 décembre : le groupe d’études sur l’Irak, formé à l’initiative du Congrès américain et conduit par l’ex-secrétaire d’Etat républicain James Baker, rend un rapport dressant un constat d’échec de la politique de George Bush et prônant un début de retrait des forces américaines, associé à une ouverture diplomatique en direction de la Syrie et de l’Iran pour tenter de sortir de la crise.
30 décembre : Saddam Hussein est exécuté par pendaison.

Plus de 34 000 civils ont été tués en 2006 selon l’ONU. L’OMS fait état de plus de 150 000 morts violentes entre 2003 et 2006 dans la population irakienne.

2007

5 janvier : nomination du général David Petraeus, partisan d’une «stratégie d’apaisement », à la tête des forces armées américaines en Irak.
10 janvier : George Bush annonce une «nouvelle» stratégie pour l’Irak; ignorant les conseils proposé par le groupe d’études sur l’Irak dirigé par James Baker, il annonce l’envoi d’un renfort de 21 500 soldats américains.
15 janvier : pendaison du demi-frère de Saddam Hussein, Barzan al-Tikriti, ancien patron des services secrets.
6 février : un nouveau plan de sécurisation de Bagdad est mis en application prévoyant le déploiement de 85 000 hommes.
5 mars : l’explosion d’une voiture piégée ravage le quartier des librairies, centre intellectuel de Bagdad.
10 mars : Bagdad organise une conférence internationale sur la paix, invitant les Etats membres du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie), les pays voisins de l’Irak (Arabie saoudite, Iran, Jordanie, Koweït, Syrie, Turquie), l’Egypte, Bahrein ainsi que l’ONU, la Ligue arabe et Organisation de la conférence islamique.
6 avril : Bagdad ordonne la réintégration dans l’armée des anciens soldats de Saddam Hussein.
16 avril : six ministres proches de Moqtada Sadr démissionnent, protestant contre le refus du gouvernement de fixer un calendrier de retrait des troupes américaines.
Mai : assassinat, par une tribu sunnite, d’Abou Ayoub al-Masri, le chef de la branche irakienne d’al-Qaida; un nombre grandissant de tribus sunnites se révoltent, depuis quelques mois, contre la mainmise d’Al-Qaida sur leurs territoires.
1er août : six ministres sunnites quittent le gouvernement d’union nationale à dominante chiite, lui reprochant de ne pas appliquer le programme de réconciliation et de reconstruction du pays.
14 août : plus de 400 personnes sont tuées dans des attentats dans le nord de l’Irak contre la minorité yézidie.
16 décembre : la Grande-Bretagne remet la responsabilité de la sécurité de la province de Bassora aux forces irakiennes.
Fin décembre : l’armée turque lance des raids aériens contre les bases du PKK en Irak.

2008

12 janvier : le parlement adopte une loi de réhabilitation des anciens membres du parti Baas, autorisant leur retour dans la vie publique. Elle permet aux anciens fonctionnaires de toucher une pension.
Janvier : une étude de l’Organisation mondiale de la santé estime à 151 000 le nombre d’Irakiens morts « de manière violente » jusqu’en juin 2006. Extrapolée jusqu’à fin février, et compte tenu de la baisse des attaques et attentats depuis juillet 2007, le total des morts s’élèverait à près de 220 000. En incluant les décès « liés au conflit » (les maladies de la misère ), l’OMS évalue le nombre des victimes à environ 600 000 à fin février.
13 février : le parlement irakien adopte une loi d’amnistie, réclamée par les sunnites, et une loi de régionalisation qui réorganise la répartition des pouvoirs entre l’Etat central et les gouvernorats des provinces.
Fin février : offensive militaire turque contre les bases du PKK dans le nord de l’Irak.
Mars-mai: des affrontements, entre les forces gouvernementales et les membres de l’Armée du Mahdi de Moqtada Sadr à Bassorah et dans les quartiers chiites de Bagdad, font plus de 1000 morts.
28 août : Moqtada Sadr annonce un arrêt définitif des opérations de sa milice.
24 mars :  la barre des 4 000 militaires améridains tués est atteinte.
1er septembre : l’armée américaine transfère la province d’Al-Anbar aux forces irakiennes. C’est la 11ème des 18 provinces du pays à revenir au sein des forces nationales, mais la première sunnite.
9 septembre : George Bush annonce le retrait de 8 000 soldats d’ici à février 2009, sur les 146 000 présents sur le terrain en Irak, au profit de renforts en Afghanistan.
24 septembre : adoption d’une nouvelle loi électorale qui prévoit la tenue d’élections législatives au plus tard le 31 janvier 2009 mais laisse en suspens la question controversée de la province de Kirkouk.
Septembre-octobre : la communauté chrétienne de Mossoul est la cible de violences ayant fait une dizaine de morts. En février, l’archevêque chaldéen de Mossoul avait été kidnappé et retrouvé mort.
1er octobre : transfert au gouvernement irakien des brigades de Sahwa (”réveil” en arabe), milices anti Al Qaïda composées en majorité d’anciens insurgés sunnites ralliés à l’armée américaine. Ces quelque 100 000 hommes ont contribué à améliorer la sécurité dans le pays.
16 novembre : le gouvernement irakien approuve l’accord de sécurité avec les Etats-Unis qui prévoit le retrait total des troupes américaines d’Irak d’ici fin 2011. Les Américains ont accepté de préciser qu’ils n’entendaient conserver ni soldats ni bases en Irak au delà du 31 décembre 2011.
14 décembre : en pleine conférence de presse de George Bush, en visite d’adieu en Irak, un journaliste irakien lance sa chaussure sur le président américain. Son geste en fait un héros pour beaucoup dans le monde arabe.

2009

1er janvier : les Irakiens reprennent le contrôle de la zone verte, la zone ultraprotégée de Bagdad.
5 janvier : les Etats-Unis inaugurent à Bagdad leur ambassade, la plus vaste du monde.
31 janvier : élections régionales marquées par le retour de la minorité arabe sunnite dans le jeu politique et la baisse de la popularité des partis religieux islamiques.
27 février : Barack Obama annonce le retrait progressif des troupes américaines d’Irak qui sera achevé au 31 décembre 2011.
31 mars : les troupes britanniques commencent leur retrait de la région de Bassorah, après six années de présence militaire.
19 avril : le Parlement élit à sa tête un dirigeant sunnite, Iyad Al Samarraï.
Mars-avril : après plusieurs mois de baisse des violences, le pays est de nouveau soumis à un vague d’attentats. Les violences ont fait plus de 700 morts au cours de cette période.
30 mai : arrestation de l’ancien ministre du Commerce, Abdel Falah al-Soudani, accusé de corruption, alors qu’il tentait de quitter le pays.
30 juin : retrait des troupes américaines des villes d’Irak. Désormais ce sont les 500 000 policiers et 250 000 militaires irakiens qui prennent en charge la sécurité dans les localités.
13 juillet : report du référendum sur la Constitution kurde adoptée par le Parlement autonome fin juin qui prévoit le rattachement de la région de Kirkouk, riche en pétrole, au Kurdistan.
25 juillet : élections au Parlement régional kurde. Les deux grands partis, le PDK et l’UPK conservent la majorité absolue mais une opposition apparaît avec la liste Goran.
19 août : un double attentat au camion piégé contre les ministères des Affaires étrangères et des Finances dans le centre de Bagdad fait au moins 95 morts. (L’Express-20.08.09.)



3 commentaires

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