L’injustice du monde

S’il n’est pas bien placé pour donner des leçons de légalité internationale, ou de légalité tout court, le colonel El Gueddafi a néanmoins mis les pieds dans le plat au siège des Nations unies en remettant en cause, avec des mots crus, l’existence même du Conseil de sécurité et du droit de veto dévolu à ses membres permanents. Peu de chefs d’Etat l’ont suivi sur ce terrain pour dénoncer un des privilèges les plus exorbitants – et forcément scandaleux – de cinq grandes puissances, accaparé il y a plus d’un demi-siècle sur les dernières cendres de la Seconde Guerre mondiale. Ce pouvoir leur a permis d’imposer leur point de vue au reste du monde et de se partager des zones d’influence. Une poignée d’autres grandes nations, les plus riches, les a rejoints non pas aux Nations unies mais dans les institutions internationales, tels le FMI et la Banque mondiale et au sein des grands sommets institutionnalisés, à l’image du G20. Dans le sillage de l’éclatement du bloc socialiste et de la déconfiture du non-alignement, la contestation de cet ordre mondial, figé et inique, a quitté le domaine des Etats pour se développer dans la rue. L’altermondialisme s’est voulu le rejet grandissant par la société civile internationale de la domination du monde par un club de nantis, mais son impact est resté forcément limité au seul domaine de la morale. Quel bilan aujourd’hui de cet édifice international bâti sur l’injustice ? L’éclatement du bloc socialiste n’a plus les allures, tel que cela a été présenté à la fin des années 1980, d’une victoire du bien sur le mal.

Les grands conflits régionaux ne sont pas résolus et la question du désarmement international reste encore pendante. La décolonisation est restée inachevée, notamment au nord de l’Afrique, tandis que la lancinante question palestinienne a fini par s’enliser dans les décombres de Ghaza, ville martyre assiégée par les forces israéliennes fortes de l’appui du sionisme mondial infiltré dans la plupart des cercles dirigeants de l’Occident développé. Jamais la pauvreté ne s’est autant installée sur tous les continents, y compris du nord de la planète, alors que des milliers de milliards de dollars ont été perdus en une année dans la crise qui a balayé les Etats riches, affectant dans la lancée le reste du monde. Cette crise a montré les limites de l’ultra libéralisme, particulièrement son socle financier qui a dérivé du fait des insatiables appétits des milieux financiers qui se sont octroyé tous les pouvoirs avec la bénédiction des gouvernants. Cette crise a prouvé aussi que la quête de la croissance économique à tout prix ne peut être la panacée car elle porte les gènes de la destruction du bien le plus précieux de l’homme qui est la terre. Celle-ci est en train de mourir à petit feu, sous l’effet du gaz à effet de serre dégagé par l’activité industrielle et humaine. Aucun pays riche n’est prêt à sacrifier son confort et ses intérêts pour changer de modèle de développement, comme aucune des cinq grandes puissances n’est prête à remettre en cause son droit de veto aux Nations unies. Davantage que le carbone, c’est l’égoïsme qui sera fatal à l’humanité si le sursaut salvateur n’apparaît pas. (El Watan-25.09.09.)

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*«L’ONU risque de disparaître»


 Des experts algériens en droit international ont débattu hier des questions inhérentes au devenir de l’Organisation des Nations unies.

Les institutions internationales, à l’image de l’ONU et du Conseil de sécurité, risquent de disparaî-tre, selon les experts en droit international. «Les instances internationales sont menacées de disparition», a déclaré Me Zoubida, qui s’exprimait, hier lors du forum d’El Moudjahid. Argumentant leurs propos, ces experts ont estimé que la nécessité de réforme de l’ONU et son institution exécutive (le Conseil de sécurité) est plus urgente que jamais. Une réforme à laquelle cependant, certains de ces spécialistes n’y croient pas beaucoup. «La réforme du Conseil de sécurité ne verra jamais le jour, il n’en est pas question» a tranché Me Zoubida, expert en droit international. Selon elle, «le Conseil de sécurité n’arrive pas à instaurer la sécurité et la paix, missions essentielles de cette institution». Plus explicite, elle ajoute: «Le droit de veto au sein du Conseil de sécurité constitue un problème majeur dans le fonctionnement même de cette institution.» En fait, le problème qui se pose au Conseil de sécurité de manière récurrente, est bien son élargissement, d’une part, l’accession de certains des nouveaux membres en tant que permanents, d’autre part. Elargir, oui (on parle de faire porter le nombre des membres du Conseil à 21 alors qu’ils sont actuellement 15, dont cinq permanents) mais qui seront les nouveaux permanents? C’est la question cruciale, car si le consensus est plus ou moins acquis quant au nombre des pays siégeant au Conseil, il n’en est pas de même pour ce qui est des nouveaux membres permanents.
Des sièges de membres permanents sont actuellement revendiqués par l’Allemagne, le Brésil, le Japon et l’Inde.
Pourquoi ces pays? C’est la question qui se pose, notamment au niveau de l’Union africaine (UA) qui revendique elle aussi une représentation permanente pour l’Afrique. Il faudrait encore que les Africains s’entendent sur le nom d’un pays, ce qui est loin d’être évident. Le débat continue et l’ONU ne semble pas prête à être réformée. Dans le même ordre d’idées, Saâd Allah est revenu sur les interventions préventives préconisées par les Etats-Unis. A ce sujet, l’expert soutient que «l’intervention préventive ce n’est qu’un prétexte avancé par les USA pour un but bien clair: légitimer les actions militaires menées notamment en Irak et en Afghanistan ainsi que les raids israéliens contre la bande de Ghaza…». Selon le conférencier, une réforme de l’ONU valable et conséquente ne peut se concrétiser que par l’instauration d’une «gouvernance internationale et la création d’un Parlement international». Selon lui, c’est le moyen par lequel le monde aujourd’hui pourra instaurer la paix et la sécurité ainsi que l’égalité des peuples de manière générale. Cependant, la réforme et l’élargissement du Conseil de sécurité poseront toujours problème. Selon Me Zoubida, l’égalité des rapports de force constitue un élément primordial pour peser sur l’échiquier international. Pour ce faire, la juriste a préconisé la nécessité pour les pays émergents de se constituer en groupes régionaux.
Ce qui leur permettra, selon elle, de peser dans les instances internationales. Sur un autre plan, Me Brahimi est revenu pour sa part sur le «Tribunal pénal international». (L’Expression-07.10.09.)

********Clichés …et les mêmes erreurs

Il y a comme cela des événements qui reviennent de temps en temps pour vous rappeler d’autres faits, d’autres hommes ou des déclarations qui sont restées imprimées ad vitam aeternam dans la mémoire. Actuel-lement, c’est la célèbre visite du général Giap en Algérie qui revient en mémoire. Le célèbre vainqueur de Diên Biên Phu répondait à une invitation faite par Boumediène, le chef d’Etat d’alors. Cette visite devait donner un éclairage particulier au conflit naissant au Sahara occidental où deux puissances européennes jadis combattues par Abd El Krim El Khatabi (qui se souvient de ce héros rifain?), se sont entendues avec le «roitelet» Hassan II pour spolier le peuple sahraoui de son indépendance…A cette occasion, le général Giap déclarait: «Les impérialistes sont de mauvais élèves! Ils ne retiennent pas les leçons de l’histoire!» Eh oui! les faits sont têtus tous comme les hommes qui ne sont guidés que par leurs intérêts égoïstes. Au moment de la commémoration de la fin de l’intervention soviétique en Afghanistan, un général russe, vétéran de cette guerre, avait déclaré en la circonstance: «Les Américains font les mêmes erreurs que nous avons faites: il ne peut y avoir de solution militaire en Afghanistan ou ailleurs!» Mais il y aura toujours quelque part des hommes qui croient à la supériorité technologique des uns pour écraser les autres. Cette supériorité technologique est souvent interprétée par les analphabètes de l’Histoire comme une supériorité civilisationnelle. Les partisans de cette interprétation n’en finissent pas d’aligner des commentaires et des arguments dignes de l’époque de la IIIe République naissante de l’époque de Jules Ferry et de Mac Mahon. Les derniers événements en Guadeloupe et en Martinique ont soulevé des débats houleux sur les plateaux des télés. Journalistes, hommes politiques se sont affrontés selon leurs accointances, leur philosophie ou leur chapelle… Certains, très prudents, comme M.Louis Schweitzer, ex-P-DG de Renault, et sommité économique reconnue en Europe, s’est retranché derrière une prudente ignorance quant au caractère racial des événements qui ont secoué les Antilles françaises. D’autres, par contre, comme M.Pierre Benichou, journaliste de profession et humoriste à l’occasion, n’a pas cessé de ressortir les vieux clichés que les nostalgiques du temps béni des colonies gardent précieusement dans leur grenier, comme des objets obsolètes qui peuvent toujours servir un jour. M.Pierre Benichou, très connu sur les plateaux télés où l’on fait de l’humour bon marché (rien à cirer, les grosses têtes…) est, comme chacun le sait issu de la communauté juive oranaise, communauté bien intégrée dans le système colonial français grâce au décret Crémieux. Par gratitude, M. Bénichou n’a pu s’empêcher de rapprocher la situation de la Guadeloupe de celle de l’Algérie. Je vous livre en gros (en m’excusant auprès de lui des tours que peut me jouer ma mémoire): «Je ne crois pas que les gens là-bas (en parlant des Antillais grévistes) soient tentés de se séparer de la France. Ils aiment trop la France. Et puis il faut voir la qualité des infrastructures réalisées là-bas. Cela me rappelle l’Algérie. Il n’y avait pas en Algérie un racisme, ou un système d’apartheid…» Je n’ai pas pu supporter plus que cela et j’ai zappé. D’abord, il faut se rendre à l’évidence que Antilles et Algérie se ressemblent en divers points de vue: C’était des départements d’outre-mer où les habitants devaient avoir les mêmes droits que les métropolitains. Et d’un côté comme d’un autre, les colons ici, les esclavagistes là-bas, ont tout fait pour que le système colonial perdure. Quant aux réalisations d’infrastructures, il est bon re rappeler qu’elles n’ont jamais été faites pour les indigènes: routes, chemins de fer, ports ont été réalisés pour faciliter le pillage colonial. Combien d’Algériens, dix fois plus nombreux que les gens de souche européenne ou de confession juive, disposaient d’un véhicule, avaient accès à l’école publique, arrivaient au baccalauréat? Quand un indigène avait la chance d’entrer à l’école, on le gardait jusqu’au certificat d’études: le temps qu’il apprenne à lire le nom des stations de métro de Paris ou les noms de rues de Lille – Roubaix – Tourcoing. Combien de médecins y avait-il par habitants? Pourquoi un enfant algérien n’avait-il pas droit aux mêmes allocations qu’un enfant français…La Guadeloupe et la Martinique sont aussi des départements français comme la Creuse ou le Morbihan, mais leurs habitants, parce qu’ils sont basanés, touchent moins et paient plus cher que leurs collègues de métropole. Comme par hasard, en pareilles circonstances, on a beau chercher, la parole n’a pas été donnée à Dieudonné! (L’Expression) 

 

 

 



5 commentaires

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