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Hatier édite ses premiers manuels interactifs

A l’heure du livre numérique, les éditions Hatier lancent le manuel scolaire numérique téléchargeable.

Hatier édite ses premiers manuels interactifs coeur- Il ne pèse que quelques grammes, se glisse dans la poche et ne craint pas d’être corné… Le nouveau manuel scolaire interactif d’Hatier prend la forme d’une simple clé USB. Il s’installe directement sur le disque dur de n’importe quel ordinateur. Son succès auprès des élèves comme des professeurs semble évident tant l’objet paraît tendance et pratique. Pourtant, le projet n’a pas été aisé à développer. Depuis janvier 2008, il mobilise les équipes mutimédias des éditions Hatier et du groupe Jouve, spécialisé dans le traitement de l’information. Les deux groupes ont rassemblé leurs compétences pour créer une infrastructure de production unique rassemblant les manuels scolaires papiers et numériques et construire un «lecteur universel» capable de d’exploiter sur ordinateur tous les ouvrages interactifs d’Hatier.

«Car un des enjeux était de concevoir des manuels interactifs enrichis, pas seulement de simples reproductions électroniques de nos ouvrages papiers, raconte Pascale Gallou, directrice éditoriale multimédia chez Hatier. Et l’une des difficultés techniques du projet était de produire simultanément les manuels papiers et numériques sur une même chaine de production tout en restant rentable».

Depuis la rentrée, deux premiers ouvrages interactifs sont disponibles: Histoire-Géographie 6eme et Mathématiques-Triangle 6eme. Dès septembre 2010, Hatier proposera leur équivalent pour la classe de 5eme.

Avec l’achat de son manuel, l’élève accède gratuitement à sa version numérique téléchargeable où il peut profiter d’animations vidéos, audio et de cartes animées. Les professeurs peuvent aussi se connecter et bénéficier d’outils spécialement développés pour leur faciliter l’élaboration des cours mais il leur faudra débourser 90 euros pour une licence valable quatre ans.  (Le Figaro-13.10.09.)

*****Apple prépare la révolution du livre numérique

L’entreprise pourrait assez vite entrer sur un marché dominé par le Kindle d’Amazon et le eReader de Sony.

coeur- Après avoir attaqué le marché de la musique et de l’Internet mobile, Apple va-t-il se lancer à l’assaut de l’édition avec un livre numérique ? «Oui» est la réponse qui se propage depuis jeudi sur le Web. L’offensive de la firme de Cupertino (Californie) est attendue au premier trimestre 2010, à l’aide d’un petit ordinateur tactile, composé d’un écran extraplat en couleur de grande taille (26,9 cm de diagonale), produit par le taïwanais Foxconn, a annoncé DigiTimes, un site d’information de Taïpeh. «Les livraisons initiales seront comprises entre 300 000 et 400 000 unités», précisent plusieurs sources anonymes. Il «devrait s’appeler iPad ou iTab», indiquent en France des éditeurs.Interrogé, Apple a refusé de «commenter une rumeur». Depuis deux ans, des aficionados de la firme à la pomme espèrent un netbook, un mini-PC portable de moins de 1 kg, ou un Tablet PC qui serait une sorte d’écran tactile destiné à servir d’ordinateur portable et de baladeur numérique audio et vidéo. La raison ? Le marché des netbooks explose. Depuis début 2008, le japonais Sony, associé à Google, affronte le site de commerce en ligne Amazon pour le marché des livres numériques, en noir et blanc. Sony va proposer une deuxième version de son «eReader» début novembre en France. Le prix est fixé autour de 300 euros pour un appareil de petite taille (15,2 cm), doté d’un écran tactile.

De son côté, Amazon vient d’annoncer le lancement, le 19 octobre, de sa version internationale du Kindle, vendu en France autour de 200 euros. Les deux groupes n’ont pas précisé combien ils ont vendu, au total, de livres numériques. Amazon en aurait écoulé autour d’un million d’unités, estiment des experts. Sony revendique 10 000 unités dans l’Hexagone pour la première version proposée depuis un an. Le marché mondial pourrait atteindre 10 millions d’unités l’an prochain, réparties en 40 % pour Sony et 60 % pour Amazon, selon le cabinet Forrester Research.

Révolutionner un marché

À chaque fois qu’Apple a décidé d’arriver sur un marché, la firme à la pomme a démontré sa capacité de révolutionner un marché. L’iPod s’est imposé en parallèle du site et du logiciel iTunes, grâce aux morceaux de musique au format MP3. Plus récemment, l’iPhone a réussi grâce à sa simplicité d’usage et de nombreuses applications proposées sur le magasin en ligne AppStore.

Le PDG d’Apple, Steve Jobs, avait déclaré : «nous regardons les netbooks. L’iPhone se glisse dans la poche et constitue donc une première solution pour se connecter à Internet, écrire ses e-mails et effectuer d’autres activités. Nous observons cette catégorie naissante et nous avons quelques idées intéressantes pour son évolution.» Mais l’enfant terrible de l’informatique rajoutait : «Nous ne savons pas faire un ordinateur à 500 dollars qui ne soit pas une pièce pourrie. Ce n’est pas dans notre ADN.»(Le Figaro-12.10.09.)

 

220 000 euros par an pour surveiller l’opinion en France

Le ministère français veut renforcer la surveillance de ses fonctionnaires trop critiques. Témoignages de réfractaires à la base élèves.

Xavier Darcos, déjà très décrié pour ses saillies sur les couches à la maternelle et ses 11 900 suppressions de postes, ne pouvait pas mieux s’y prendre pour crisper davantage les enseignants : depuis quelques jours circule sur le Net un document officiel de huit pages intitulé « Cahier des clauses particulières – Objet : veille de l’opinion ».

Ce document, qui relève d’un appel d’offre, émane de la délégation à la Communication du ministère de l’Education nationale et date du 15 octobre, soit il y a trois semaines :

« Article 1 : Les présents marchés portent sur la veille de l’opinion dans les domaines de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche. (…)

Article 4 : Chaque marché est conclu du 1er janvier 2009 jusqu’au 31 décembre 2009. »

C’est un peu plus loin que la volonté des ministères concernés apparait le plus explicitement (« description des prestations ») :

« Le dispositif de veille vise, en particulier sur Internet, à :

*identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles, émergents)

*identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion

*repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau

*décrypter les sources des débats et leur mode de propagation

*anticiper les risques de contagion et de crise.

***En clair : le ministère de l’Education nationale va débourser 100 000 euros par an, et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, 120 000 euros, pour surveiller l’opinion dans la Toile.

Suit une liste des espaces à surveiller de plus près, blogs et sites participatifs notamment, auxquels s’ajoutent, selon les termes de l’appel d’offre, médias traditionnels, dépêches d’agences, baromètres et enquêtes annuelles.

Non, ce n’est pas un canular : sur le site du Journal officiel, on retrouve bien cet appel d’offre pour le marché public de la veille de l’opinion parmi les personnels de l’Education nationale.

Aussi spectaculaire soit-elle, cette volonté d’identifier les leaders de la contestation n’est pas nouvelle. C’est en tous cas ce dont témoignait samedi une vingtaine de directeurs d’école réfractaires, réunis à Paris pour une journée de travail sur le fichier base-élèves.

Dans le Lot, quarante réfractaires à la base élève en avril, quatre aujourd’hui.

Au total, cette toute première journée de coordination nationale, qui réunissait une vingtaine de collectifs départementaux, a rassemblé 75 personnes, dont de nombreux parents d’élèves. Leur but : faire le point sur “le fichage des enfants”, notamment depuis le nouveau décret qui est venu modifier le contenu du fichier le 1er novembre dernier.

Mais aussi soutenir les directeurs d’écoles récalcitrants. Car le ministère met la pression sur ces derniers résistants au fichier, parfois quatre ans après le lancement de la base-élèves dans leur zone. Ils le disent d’ailleurs eux-mêmes, à l’instar de Jean :

“Entre une entrée en vigueur morcellée et le discours moderniste qui allait avec, le ministère a réussi à émietter la contestation. Le milieu enseignant a fini par entrer dedans honteusement. Dans le Lot, nous étions quarante directeurs d’école réfractaires en avril, dix en juillet, et seulement quatre aujourd’hui. Il était temps de monter au front nationalement alors que certains renonçaient parce qu’ils se sentaient lâchés.”

Jean, à trois ans de la retraite, enseigne depuis trente-trois ans et gagne 2600 euros net. Directeur depuis plus de vingt ans, il travaille dans de “très petites écoles” et est aujourd’hui à la tête d’une classe unique :

“Dans les petites écoles, on suit les enfants pendant cinq ans, on a une relation beaucoup moins administrative au terrain. Or la Base-élèves et le fichage des élèves, c’est la mise à mort d’un encadrement que le ministère juge trop humaniste. J’en fais une question de principe et accepter de ficher mes élèves, ce serait comme un reniement à la fin de ma carrière.”

Pression financière et menaces de fermetures de classes

Parce qu’il s’oppose, Jean y perd financièrement : pour faire taire la bronca contre le fichier base-élèves et ses scories (comme le numéro d’identifiant qui immatricule les enfants jusqu’à… 35 ans), la hiérarchie de l’Education nationale a décidé de sanctionner sur la fiche de paye.

Pour l’instant, le directeur d’école du Lot a eu deux retenues sur salaire, à raison d’un trentième du brut, soit environ 104 euros de moins à chaque fois. Une folie militante ?

“Avant cela, je n’avais jamais eu de conflit dur avec l’inspection d’académie, j’étais bien noté et j’avais acquis une certaine légitimité : on me fait venir à l’IUFM ! J’étais comme un dinosaure endormi, rangé des voitures en ce qui concerne le militantisme. Mais pour moi cette lutte-ci est encore plus fondamentale que toutes les autres, même celles pour les suppressions de postes.”

Mireille, elle, est à la retraite depuis l’été, mais a ferraillé contre la base-élèves pendant deux ans depuis le Vercors, où elle était directrice d’école. Elle raconte que, lors d’une réunion publique organisée dans un village par des parents, la hiérarchie académique lui a ordonné de se taire, en la menaçant de sanctions. Elle n’en a rien fait et a même déposé un recours devant le Conseil d’Etat, cosigné d’un parent d’élèves. L’audience devant le Conseil d’Etat aura lieu le 26 novembre.

“On immatricule des enfants de cinq ans pour les trente-cinq années suivantes ! ”

Mireille, contrairement aux autres, n’a jamais vu son salaire amputé mais raconte que certains directeurs d’école commencent à flancher. Ainsi, cette instit rennaise qui a renoncé à un poste de direction à force de pressions. Ou encore ce courrier de l’inspection d’académie du Lot, que Rue89 s’est procuré, qui menace les directeurs d’école de fermer des classes :

“Le premier constat des saisies des élèves fait apparaître une diminution de l’ordre de cinq cents élèves par rapport à l’an dernier. Je rappelle que le constat arrêté au niveau académique et national sur lequel s’appuiera le travail de préparation de rentrée, notamment pour les suppressions et créations d’emplois, est celui de la base élèves.”

Christophe, lui, promet de tenir bon. Directeur dans la Vienne, il avait pris contact avec Rue89 il y a plusieurs semaines mais hésitait à s’exprimer au grand jour (même s’il est syndiqué). Comme d’autres, il a subi des pressions. Par oral, on l’a menacé de sanctions de l’ordre d’une journée de salaire retenue par journée réfractaire. Sachant qu’il n’a pas flanché depuis la rentrée de septembre, la fronde commençait à peser cher : Christophe, six ans au compteur, gagne 1700 euros par mois.

Finalement,la pénalité sera la même que pour les autres : un trentième par lettre d’injonction. Sorti de l’anonymat, il espère mobiliser à nouveau :

“La base-élèves et le numéro d’immatriculation des enfants sont devenus des sujets tabous. Quand on en parle, on dirait que les collègues ne sont pas fiers, ils préfèrent regarder ailleurs.”

En écho, Jean, pour qui les menaces verbales se sont transformées en retenue d’un trentième par injonction écrite, s’interroge : “comment la profession a pu basculer là-dedans ? ”

En juin, Darcos a parlé à l’Assemblée de “fichier liberticide”. Depuis, ils disent qu’ils sont revenus en arrière en supprimant certains champs. Mais c’est un écran de fumée, car ce que nous avons fini par comprendre, c’est que c’est le numéro d’identifiant qui est le plus problématique. On immatricule des enfants de cinq ans pour les trente-cinq années suivantes ! »

Côté ministère, on espère faire taire la contestation en affirmant que des modifications ont bien été faites dans le fichier, après que le ministre avait reconnu certains écueils à l’ancienne mouture, le 13 juin dernier.( Rue89- 09.11.08)

****Les parents d’élèves prennent le relais.

Les enseignants mobilisés l’assurent : l’avenir de la contestation contre le fichage est dans les mains des parents d’élèves. Samedi, Rue89 a rencontré deux mères et un père, qui avaient fait le déplacement à Paris depuis l’Ille-et-Vilaine et le Lot. Extraits :

Mathilde : “Ça fait quatre ans que base élèves existe en Ille-et-Vilaine. Que sont devenues les informations enregistrées avant que le décret ne vienne modifier les champs du fichier, comme par exemple la nationalité, le lieu de naissance ou la catégorie sociale ? Le ministère refuse d’apporter la preuve de la destruction de ces fichiers.”

Maryline : “L’Etat utilise l’obligation scolaire à partir de six ans pour ficher toute la population. Mais pourquoi ma fille de trois ans devrait-elle avoir un matricule et rendre des comptes à la société ? Parce que je le refusais, on m’a menacée de refuser d’inscrire ma fille.”

Philippe : “Les modalités ont été si différentes d’un département à l’autre voire d’un canton à l’autre, que ça a renforcé notre suspicion. Même s’ils ont supprimé des champs, ce fichier existe, et personne ne peut nous répondre sur ce qu’il va devenir.”

 

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