crise financière mondiale.1 (ou l’échec du capitalisme)

USA … une puissance super-endettée, en déclin.D’où vient l’argent ? c’est la question que se posent des millions d’individus à l’évocation des sommes promises par les grands argentiers pour mettre un terme à la crise financière. 700 milliards de dollars par-ci (plan Paulson-USA), 1.300 milliards d’euros par-là (plan européen), ces montants donnent le tournis, alimentent l’indignation générale (30 milliards de dollars suffiraient pour éradiquer la faim dans le monde ! ) et donnent à penser que, finalement, la crise du crédit dont parlent tous les médias, n’est qu’une simple invention, quand tant de liquidités peuvent être mobilisées pour sauver les banques. En réalité, tout cet argeent ne vient pas d’un quelconque coffre caché, et surtout le cas aux Etats-Unis. Quand ces derniers annoncent un plan de rachat des produits financiers toxiques ( c-à-d..,ceux qui n’ont plus aucune valeur et qui peuvent couler le système bancaire), cela signifie tout simplement qu’ils vont trouver l’argent, en s’endettant par le biais de nouvelles émissions de bons de Trésor. Des titres de dettes que des très conciliants Chinois, Japonais, Arabes du Golfe et même Algériens, vont se dépêcher de leur acheter, sans aucune contrepartie, si ce n’est une faible rémunération qui n’absorbe même pas la dévaluation progressive du dollar et les effets de l’inflation. Car c’est bien cela qui caractérise le rapport entre l’Amérique et le reste du monde. Quand elle a besoin de liquidités, l’Amérique posséde l’incroyable avantage, ou plutot, le privilège- de pouvoir s’endetter et de rembourser dans sa propre monnaie sans aucune limite. C’est là une conséquence majeure de l’abandon de la parité, le 15 aoùt 1971, entre le dollar et l’or. Avant cette date, chaque dollar détenu par les Banques centrales étrangères, pouvait être échangé contre du métal jaune (parité dont ne se privait pas la France du Général De Gaule). Cette convertibilité constituait une véritable contrainte pour les Américains en terme de création de monnaie. Aujourd’hui, ce garde-fou a disparu et les Etats-Unis peuvent s’endetter à tout va, ce dont ils ne se privent pas. La conséquence est connue : au total, quand on met bout à bout, la dette publique américaine ( 12.000 milliards de dollars), le coùt à venir de l’assurance chomage ( 7.000 milliards de dollars)  et celui des retraites ( 34.000 milliards de dollars), on aboutit au chiffre astronomique de 53.000 milliards de dollars. A cela, il faut ajouter d’autres endettements à venir ( réhabilitation des infrastructures de transport, relance du programme nucléaire américain) ou des coùts cachés, comme celui de la guerre en Irak, dont le montant est évalué à plus de 2.000 milliards de dollars, c-à-d.., 4 fois le chiffre officiel. Au total, d’ici 2020, la dette américaine pourrait bien atteindre les 80.000 milliards de dollars. De même, pour couvrir ses dépenses quotidiennes, l’Etat fédéral aura un besoin d’autres milliards.. Du coup, l’hypothèse d’une faillite des Etats-Unis, ne choque plus personne. Même si elle demeure la première économie du monde avec 25 % des richesses crées, il est légitime de se demander jusqu’à quand, les USA vont continuer à vivre au dessus de leurs moyens… et il n’est pas déraisonnable de se demander si l’on peut encore parler  d’hyperpuissance américaine avec un tel niveau d’endettement ? ! .. L’histoire nous apprend qu’un Etat lourdement endetté, finit toujours par s’effondrer … ( Par Akram Belkaid..paru au Q.D’Oran.)

flech5.gif ** - La crise financière mondiale est le résultat de   “l’échec complet du capitalisme extrême”, a estimé mercredi dernier, le Premier ministre  australien Kevin Rudd qui va proposer à la réunion du G20, en novembre prochain,l’adoption  de règles de gestion plus strictes des institutions financière.  “Ce à quoi nous avons assisté est l’échec complet du capitalisme extrême,  un capitalisme extrême qui s’en remet maintenant aux Etats pour empêcher un  effondrement systémique”, a expliqué M. Rudd au Club de la presse de Canberra.   M. Rudd a mis en avant, pour expliquer la chute du secteur financier,  “un échec obscène dans la gestion de ces entreprises qui ont récompensé  la cupidité sans aucune considération pour l’intégrité du système financier”.- (16.10.08)  fleu3.jpg flech5.gif* Des milliards pour la finance, des miettes pour la faim… “  Pendant la crise financière globale, les autres crises planétaires passent à la trappe. Et parmi celles-ci (énergétique, climatique) la crise alimentaire est la plus aiguë : 923 millions de personnes sont victimes de la faim dans le monde en 2008, estime la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Alors que les pays développés prévoient d’injecter jusqu’à près de 3 000 milliards d’euros dans le sauvetage du système bancaire et financier de la planète, 1 % de ce pactole – décidé en moins d’un mois – suffirait à sortir l’humanité de la faim. «Il ne faudrait investir que 30 milliards d’euros par an pour assurer la sécurité alimentaire d’une population qui atteindra 9 milliards en 2050», écrivait Jacques Diouf dans nos colonnes.Il suffit de remonter cinq ans en arrière pour voir l’ampleur des dégâts. En 2003,  815 millions de personnes souffraient de la faim. On assistait alors à une baisse moyenne de 6 millions par an. Les agences de l’ONU se prenaient à rêver : si, chaque année, 28 millions de plus sortaient de la trappe de la malnutrition, alors on pourrait réduire de moitié le nombre de victimes de la faim d’ici à 2015…Retour sur terre en 2008. Sur fond de spéculation, de ruée vers les biocarburants, de sécheresse liée au changement climatique, le prix des denrées alimentaires explose de façon exponentielle. + 50 % depuis le début 2008, après 24 % en 2007, 12 % en 2006… Cette inflation galopante depuis 2002 est la plus forte depuis le début des années 70, qui avait conduit à des famines dramatiques. Des millions de personnes sont aujourd’hui menacés. Le drame, justement, c’est que la mobilisation des bailleurs de fonds ne suit pas. L’aide alimentaire internationale est tombée en 2008 à son niveau le plus bas depuis quarante ans, assure le PAM, le Programme alimentaire mondial. Qui parle «de tsunami silencieux». Parallèlement, l’aide publique au développement s’effondre, à l’image de la France qui vient de renier les promesses..  jadis martelées par Jacques Chirac de parvenir à consacrer 0,7 % de sa richesse, d’ici à 2012, aux pays du Sud. «L’opinion s’en moque», lâche un diplomate français. Un sondage dans la Croix  dit pourtant le contraire : 58 % des Français appuient une hausse de l’aide. Indispensable donc, sauf à voir se multiplier les déstabilisations régionales liées aux famines et aux réfugiés climatiques. Mais pendant que les grands de ce monde redécouvrent les vertus de la régulation des marchés, ils militent toujours dans les enceintes internationales pour davantage de libéralisation sur l’agriculture. «Les pays riches doivent permettre aux gouvernements des pays du Sud d’assurer leur propre développement agricole et leur sécurité alimentaire, dit Frédéric Rousseau, de l’ONG Oxfam. Et ne doivent plus s’opposer aux mesures qui protègent les petits producteurs, les secteurs agricoles.». Pourtant, des mesures de protection sont permises par l’Organisation mondiale du commerce. Mais les pays ne les appliquent pas. Souvent par crainte de rétorsions économiques. Un dernier chiffre, histoire de résumer l’ampleur des enjeux pour une autre mondialisation. «Les différences d’espérance de vie entre les pays les plus riches et les plus pauvres dépassent désormais quarante ans.» Des inégalités «criantes», résume l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans son rapport annuel, publié mardi. «Plus grandes aujourd’hui qu’elles ne l’étaient en 1978», dit Margaret Chan, la directrice générale de l’OMS. Obscènes, même : en trente ans, le monde fait marche arrière alors qu’il vient de connaître une croissance de ses richesses sans précédent en dix ans. Le monde fera-t-il mieux avec la longue récession qui s’annonce ? ( Libération du 16.10.08)

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 * commentaires d’internautes.. -1-” Eh oui cela est malheureux à dire, mais le caviar coûtera toujours plus cher que le sorgho ou le mil. C’est pour cela que nos dirigeants ont injecté près de 3000 milliards. Il faut bien que nos banquiers qui font des conneries continuent à bien manger lors des réunions du FMI ou autres organismes qui servent surtout à pressurer les pays pauvres. Il vaut mieux leur vendre de la M…. que de laisser leur propre agriculture assurer leur autosuffisance.
Mais je ne suis qu’un simple citoyen lambda qui ne comprend rien a la politique de nos ‘chers’ gouvernants”.
..-2- ” Nous vivons dans un monde de riches et d’égoïstes. J’aimerai bien connaître la solution pour le changer, mais …… Les caisses sont vides pour les retraités, les ouvriers , la sécu , et nous sortons des milliards pour soit disant ‘sauver’ des banques et leurs dirigeants et nous laissons des pays entiers crever. Je suis dégoûtés.” … -3- ” maintenant que l’occident a saigné l’Afrique et tous les pays du tiers-monde, hop elle ferme ses portes et bouche ses oreilles…elle vit dans l’opulence, le bling bling, et dans LA LIBERTÉ, et pour vivre pleinement sa liberté elle cache tout ce qui peut empêcher de tourner en rond : famine, désespoir, handicapés, mendiants, mal logés, vilains, médiocres, bref tout ce qui n’est pas beau, riche, jeune et en bonne santé…Et pour se donner bonne conscience, elle organise annuellement le telethon, elle envoie en Afrique des humanitaires. Plus grave, elle envoie carrément des armes, tuez vous !! c’est plus rapide et plus efficace” …-4- ” Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants meurent de faim dans le monde et on fait comme si de rien n’était. Mettons un peu plus en avant les valeurs humaines, et chacun prendra sa liberté. Nous sommes inconsciamment enfermés dans une société de consommation. C’est inadmissible”. … – 5- ” Le capitalisme c’est ca. Tout pour sa gueule, enfin plutot la leur parceque nous… Du fric, un état, une religion et une armée; telle est la recette qui fait que vingt pour cent de petits blancs sur la planete saigne le reste du monde en s’auto-proclamant model démocratique. Vous pouvez vous plaindre et vous offusquer mais c’est quand meme vous qui faites semblant d’y croire en allant voter quand on vous dit que c’est le moment de le faire.” …-6- ” Quand tout va bien, on sort les violons on met en evidence des valeurs humanistes, des paroles qui font meme pleurer les crocodiles… en temps de crise on montre son vrai visage…chacun pour sa pomme…la prochaine fois je ne me laisserai pas berner par des pseudos humanistes.”..

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**4.054 milliards de dollars les pertes du système financier mondial…Quelle est la taille réelle des actifs «toxiques» des banques occidentales ? C’est le grand «secret bancaire» qui intrigue les économistes et pour lequel des estimations ont été données avec des écarts substantiels. La question à mille milliards de dollars est posée depuis des mois. Nouriel Roubini, qui avait prévu le crash financier actuel, a chiffré les pertes pour les seules banques américaines à 3.600 milliards de dollars, ce qui signifie de manière simple que le système financier américain est techniquement en état de faillite. Nouriel Roubini était considéré comme le Monsieur Catastrophe, or voilà que le très prudent Fonds monétaire international se met à se rapprocher de ces chiffres.
En janvier 2009, le FMI estimait le coût de la crise financière à 2.200 milliards de dollars en se basant uniquement sur les actifs américains. Hier, dans un «rapport sur la stabilité financière dans le monde», l’institution financière mondiale a révisé à la hausse son estimation des pertes du coût de la crise financière. Celle-ci a pratiquement doublé. Les coûts à l’horizon 2010 devraient atteindre la somme astronomique de 4.054 milliards de dollars. En affinant ses projections, le Fonds monétaire a inclus 2.712 milliards de dollars de pertes liées à des dépréciations d’actifs financiers américains, 1.193 milliards liées à des actifs européens et 149 milliards liées à des actifs japonais. Environ deux tiers des 4.054 milliards concernent les pertes liées aux seules dépréciations d’actifs financiers américains (2.712 milliards, contre 1.193 milliards pour les actifs européens). Si la tourmente a frappé tous les secteurs d’activité, les banques sont les plus touchées, elles endossent 61% du coût total des pertes. 
  **Un stress-test angoissant pour les banques américaines
«Le ralentissement de l’activité économique pèse encore plus lourdement sur les bilans des banques, dont les actifs continuent de se dévaloriser, compromettant ainsi leurs ratios de fonds propres et l’ouverture de nouveaux crédits», estime les analystes du FMI en soulignant que la détérioration du crédit «pourrait considérablement s’aggraver pour les banques, européennes en particulier, y compris par le biais de leur exposition à l’Europe émergente». Les économistes de l’institution internationale ont calculé que, pour parvenir à retrouver des fonds propres correspondant à 1/25 de leurs crédits, les banques américaines et européennes devraient rassembler, respectivement, 275 milliards et 600 milliards de dollars de capitaux. Des chiffres qui atteindraient 500 et 1.200 milliards si on revenait aux normes qui prévalaient au milieu des années 1990. Des sites américains ont fait un état d’un rapport confidentiel de la SEC (U.S. Securities & Exchange Commission) qui a effectué un stress-test – une simulation d’évolution des comptes – du système bancaire américain. Il s’avère entre autres constats gravissimes que 16 des 19 premières banques américaines sont déjà techniquement insolvables. Selon certains scenarii plus ou moins pessimistes, si deux banques parmi les 19 font faillite, c’est tout le fonds de garantie des dépôts qui se trouve asséché. Les cinq premières banques US sont tellement sous-capitalisées que cela met en question leur capacité à maintenir leur activité.
**Une gestion «millimétrée» de la communication de crise
Au vu des conclusions du rapport de la SEC, l’optimisme du président de la Federal Reserve confine à la méthode Coué, la crise bancaire est bien plus importante et plus grave que ce que la communication du gouvernement US le laisse penser. Même les chiffres annoncés hier par le FMI laissent certains experts dubitatifs. Un financier algérien y voit une gestion «millimétrée» de la communication de crise. «Il s’agit visiblement d’une communication organisée, on a mobilisé les meilleurs spin doctors. Le chiffre de 4.000 milliards est en hausse par rapport aux estimations précédentes mais il reste encore sous-évalué, surtout dans la perspective d’une récession durable. C’est une technique d’escalade graduelle destinée à éviter la panique». Selon lui, la formulation du rapport du FMI est «très élaborée et elle est destinée à mettre en garde les gouvernements occidentaux et à prendre date». Le fait est que le rapport n’établit pas une comparaison banques européennes et japonaises est révélateur.
Des estimations des pertes qui donnent le vertige ont été données et apparemment le FMI ne veut pas susciter la panique tout en essayant de tempérer l’optimisme prématuré des politiques. Le fait que l’institution, incarnation jusqu’à l’absurde de l’ultralibéralisme appliquée au tiers-monde, en vienne à relever, incidemment, que la restructuration des banques «peut exiger une prise de contrôle provisoire par l’Etat» est révélateur de l’ampleur de la crise. Le FMI qui préconise la nationalisation des banques (temporaire certes, mais nationalisation tout de même), cela relevait, il n’y a guère longtemps, de l’impensable. On pressent quand même que la réalité des pertes est un secret majeur quand le FMI souligne que le «système financier mondial reste soumis à très rude épreuve (…) tant dans les pays avancés que dans les pays émergents». Il relève que la «prise en compte des pertes est incomplète et le capital est insuffisant dans un scénario de récession». Le FMI appelle à «d’autres mesures énergiques et efficaces et à une plus grande coopération internationale pour nourrir le redressement, rétablir la confiance du public dans les institutions financières et normaliser les marchés». Il y a quelques semaines le financier international George Soros évoquait l’éventualité d’une «désintégration du système financier mondial en état de survie assistée dont la dégradation semble irrémédiable». Les chiffres calculés du FMI ne tempèrent pas ce pessimisme.( le Quotidien d’Oran du 22.04.09.)
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* Comprendre la crise par les maths et l’économie. « Les banques, comme tous les acteurs économiques, sont confrontées en permanence aux différents types de risques financiers : risque de change, risque de contrepartie, risque de liquidité, risque pays… », explique Hassan Ayoub, docteur en sciences économiques, chercheur attaché au Centre d’études en macroéconomie et finance internationale de l’université de Nice.

Des maths pour évaluer le risque financier – « La gestion du risque financier est devenue un des enjeux majeurs pour tous les opérateurs intervenant sur les marchés financiers. Et les mathématiques offrent aux banques la possibilité de modéliser les comportements des variables dont leur évolution se répercute sur leur rentabilité. » Même si la crise des subprimes est le résultat d’une escroquerie — des prêts ont été accordés à des clients dont on savait qu’ils ne pourraient pas rembourser — les mathématiques financières ont leur part de responsabilité, selon Gilles Pagès, qui enseigne la discipline à l’université de Lille. « Les acteurs sur les marchés financiers ont voulu trouver un moyen mathématique d’éliminer les pertes sans obérer leurs possibilités de gains, explique-t-il. Ils ont voulu ce que veut un joueur de casino : trouver un moyen, dans un jeu équitable, de gagner quand même. »

La gestion de la crise passe par l’économie – « Si une crise financière ne concerne dans un premier temps que les marchés financiers, son aggravation conduit à des effets néfastes sur l’économie réelle, entraînant une crise économique, voire une récession, analyse Hassan Ayoub. Devant l’ampleur des pertes, les économistes doivent emprunter aux mathématiques des nouvelles techniques en vue de mieux expliquer les relations qui sont difficilement compréhensibles sans formulations exactes ni raisonnements mathématiques. » L’élaboration des nouveaux modèles de gestion de crise constitue un défi pour les économistes dans la mesure où elle doit prendre en compte des indicateurs permettant non seulement de sortir d’une crise mais aussi de prévoir une autre. « Ce que nous pouvons tirer de l’expérience de ces crises peut se résumer de la manière suivante : les économistes ont élaboré plusieurs générations de modèles. L’éclatement d’une crise met en évidence l’insuffisance au niveau de l’explication des causes d’une génération par rapport à la précédente. »

Au centre de la spéculation : la psychologie, trop oubliée – Des psychologues affirment que les décisions prises par les investisseurs sur les marchés financiers sont loin d’être rationnelles. Quelle science en tient compte ? Pour l’instant, aucune. « De nos jours, l’éclatement des bulles spéculatives s’explique par plusieurs facteurs relevant des domaines psychologique, technologique ou autre, reconnaît Hassan Ayoub. L’essor des techniques de modélisation mathématique doit aider les économistes à prendre en compte cet état de fait en intégrant dans leur modèle explicatif davantage de facteurs ou en explorant des nouvelles techniques de traitement des données. Cependant, il faut reconnaître la difficulté de mettre en équations tous ces facteurs… »- source: El Watan

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* Louisa Hanoune : « L’Algérie doit rapatrier ses dépôts à l’étranger »

La porte-parole du Parti des travailleurs a appelé hier les pouvoirs publics à rapatrier les fonds et dépôts détenus par l’Algérie dans les banques et institutions financières étrangères. Une mesure prudentielle qu’impose le contexte de crise financière mondiale. Le gouvernement se doit, d’après Mme Hanoune, de « rapatrier une partie ou la totalité » des réserves entreposées aux Etats-Unis et en Europe, car celles-ci ne sont plus désormais « à l’abri ». « A ce que je sache, a-t-elle dit, le ministre des finances n’a aucune garantie de l’Administration Bush que les 43 milliards de dollars placés par l’Algérie en bons de Trésor américains ne seront pas utilisés pour financer le Plan Paulsen. » La porte-parole du parti s’insurge à ce propos contre le black-out que maintient le gouvernement sur le montant exact des réserves placées à l’étranger et l’exhorte à plus de transparence en la matière. « Le gouvernement ne donne pas de chiffres. On ignore combien, ni où ces réserves de changes sont entreposées, et si elles ne serviront pas à sauver de la faillite les banques étrangères, etc. » Louisa Hanoune s’est dit atterrée par les discours faussement « rassurants » des représentants du gouvernement. « Trêve de plaisanterie », répond-elle à ces derniers. « L’Algérie n’est pas prémunie contre les impacts de la crise ! » Des répercussions ? Il y en a déjà et il y en aura certainement à l’avenir, souligne-t-elle. L’économie algérienne, entièrement dépendante des cours fluctuants du pétrole, ne manquera pas de subir les affres de la crise mondiale. Celle-ci aura des impacts aussi bien sur nos importations, notamment alimentaires, sur nos réserves de changes à l’étranger, sur l’avenir du Plan de relance, sur l’emploi. Nombre de sociétés étrangères présentes en Algérie, a-t-elle déclaré, se trouvent être déjà touchées et peuvent recourir à des licenciements massifs. La SG du PT cite Mittal Steel, Suez, des banques étrangères… menacées par le « gigantesque sinistre » financier. Une situation de risque majeur qui, aux dires de Mme Hanoune, doit inciter davantage le gouvernement à prendre des « décisions hardies », protectrices de l’économie nationale, du pouvoir d’achat, etc. et à réviser les politiques économiques dans le sens qui sauvegarde les intérêts nationaux.

Politique de l’autruche. Louisa Hanoune interpelle, à ce titre, le gouvernement à mettre un terme à la « politique de l’autruche » et au « bicéphalisme économique », conformément aux recommandations du chef de l’Etat. La poursuite du processus de privatisations en dépit des directives du président de la république (discours du 27 juillet dernier) participe, d’après elle, de ce « bicéphalisme économique », porteur de périls certains pour l’économie algérienne. Mme Hanoune tombera à bras raccourcis sur ceux qu’elle qualifie de « super wazirs » (super ministres) qui s’opposent ou font dans la résistance aux nouvelles recommandations du chef de l’Etat. La politique deprivatisation est de nouveau épinglée, polique qui, contre toute « logique économique, continue à faire la part belle aux privatisations et fermetures d’entreprises » et à entretenir le mythe des « IDE (qui) ne représentent pas plus de 1,8 milliard de dollars, alors que l’Etat a investi plus de 200 milliards de dollars et que les entreprises étrangères ont transféré ces 6 dernières années plus de 22 milliards de dollars ». Il est plus que nécessaire et salutaire, selon elle, de « rectifier » la politique économique pour aller vers une « renationalisation » des entreprises et vers le « sauvetage des entreprises publiques » . Le plan de soutien aux 220 entreprises publiques retirées de la liste des entreprises privatisables « ne doit pas coûter plus de 5,2 milliards de dollars ». Lors de sa conférence de presse, la porte-parole du PT en a appelé également au président de la république pour renoncer à la nouvelle loi domaniale qui consacre la démonopolisation de la gestion du domaine public et à revenir à la loi n°90-30 du 1er décembre 1990. Toujours dans le chapitre des décisions « hardies » et énergiques, Mme Hanoune préconisera le gel de l’accord d’association avec l’Union européenne qui cause « une perte sèche annuelle de 144 milliards » du fait du processus de démantèlement tarifaire. A la question de savoir si les dispositions de la loi de finances 2009, (projet actuellement en débat à l’APN), apportaient des réponses efficaces à la nouvelle donne économique nationale, la porte-parole du PT considère qu’elles demeurent « en deçà des espoirs et défis nationaux ». Elle fait appel à tous les parlementaires pour soutenir les 65 amendements proposés par sa formation, notamment ceux se rapportant à la revalorisation du pouvoir d’achat des algériens. C’est là, d’après Mme Hanoune, un moyen pour les députés de rétablir la confiance des électeurs, de se racheter auprès d’eux après avoir voté une augmentation de leur salaire, 25 fois supérieure au Smig.. (source: El Watan) 18.10.08

 fleu3.jpgflech5.gif *Les pays émergents fustigent les pratiques de « casino »- La crise financière qui a frappé de plein fouet les systèmes bancaires internationaux a débordé sur une polémique inattendue entre les Etats émergents et les pays riches. En réunion hier à New Delhi, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud ont fustigé ouvertement les pays riches pour avoir provoqué, selon eux, la crise financière mondiale. Pour ainsi dire, la troisième conférence annuelle India-Brazil-South Africa (IBSA) a vu la naissance d’un front anticapitalisme financier occidental. Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, était le premier à avoir décoché ses flèches à l’adresse des pays riches. Pour lui, bon nombre de pays en développement sont devenus « les victimes d’une crise financière mondiale engendrée par les pays riches ». Il est particulièrement injuste que les nations pauvres aient « à payer pour l’irresponsabilité de spéculateurs qui ont transformé le monde en un gigantesque casino ». Et « en cas de récession en Europe et aux Etats-Unis », les pays du Sud seront touchés, car « nous sommes les vendeurs et ils sont les acheteurs », a prévenu le Brésilien. De son côté, le nouveau chef de l’Etat sud-africain, Kgalema Motlanthe, n’a pas lésiné sur les propos et s’est tout autant insurgé contre « des décisions malvenues d’un petit nombre qui ont poussé le système financier international au bord de l’effondrement ». « En tant que représentants du monde en développement, nous devons dorénavant considérer avec la plus grande prudence des solutions clés en main prescrites par le monde développé », a-t-il averti.  La déclaration finale du sommet s’alarme « des turbulences sans précédent sur les marchés financiers internationaux qui menacent la prospérité mondiale ». C’est une « grande crise de confiance pour laquelle les responsables devront être tenus comptables », fustige le communiqué en exigeant « davantage d’éthique en économie ». . La Bourse de Bombay et la roupie s’effondraient, tandis que la croissance ralentit et les entreprises s’inquiètent de ne plus avoir accès aux crédits des banques. Les trois pays, à savoir le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Inde ont convenu de porter de 10 à 15 milliards de dollars d’ici à 2010 leurs échanges annuels commerciaux trilatéraux. Mais l’inquiétude demeure intacte quant à la flambée des prix alimentaires et du pétrole, à la relance des négociations au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU où ils réclament des sièges de membres permanents. 

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* Est-ce la fin du capitalisme ? - Le monde connaît depuis quelques semaines la crise financière et économique la plus grave depuis le krach des Wall Street en 1929. Sur le plan géostratégique, cette crise, qui a commencé aux Etats-Unis avec la crise dite des subprimes, a très vite dépassé les frontières du pays jusque-là le plus puissant économiquement pour s’étendre à l’Europe, à l’Asie et au Moyen-Orient. -

Sur le plan sectoriel, la crise est partie du secteur immobilier puis a affecté le secteur financier pour enfin toucher l’économie réelle dans une large mesure. Cette crise, qui est née à partir des entreprises, a aujourd’hui des répercussions sur les individus qui se sont trouvés touchés jusque dans leur épargne personnelle. Pour juguler ce processus de dégradation en cascades, le gouvernement américain, en la personne du secrétaire d’Etat au trésor, a adopté un plan de sauvetage connu sous le nom de son initiateur : le plan Paulson. Ce plan, qui consiste à injecter 700 milliards de dollars dans le système financier américain, remet en vedette le rôle de l’Etat dans un pays qui, jusque-là, s’est vanté d’être l’économie capitaliste par excellence où le marché est le moteur de l’activité économique. Les Etats-Unis sont-ils en train d’enterrer le système capitaliste qu’ils ont toujours défendu à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs frontières ? Sont-ils en train de retourner au système interventionniste (socialiste/communiste) qu’ils ont toujours combattu ? C’est à cette question que nous essaierons de répondre dans cet article. Avant de répondre à cette question, il est nécessaire de rappeler les trois piliers du système capitaliste classique.

Les trois piliers du capitalismeLe capitalisme, qui est né de la pensée des économistes classiques tels qu’Adam Smith et développé par des économistes contemporains tels que Joseph Schumpeter, repose sur trois grands piliers : son but, son mode de fonctionnement et la nature de la propriété des secteurs économiques. Le premier pilier est le but même du capitalisme, à savoir la maximisation du profit. Ce profit est surtout le fait des entreprises et est défini comme la différence entre les recettes et les dépenses. Les entreprises ont donc pour motivation essentielle la réalisation du profit maximum qui se produit lorsque les recettes sont largement supérieures aux dépenses. A l’opposé, le but de l’interventionnisme — ayant pris la forme tantôt de socialisme, tantôt de communisme —est la satisfaction des besoins de la communauté toute entière. Ainsi donc, la différence essentielle entre le capitalisme et l’interventionnisme, c’est que le premier s’intéresse à la satisfaction des besoins des entreprises productrices tandis que le second se préoccupe de la satisfaction des besoins des consommateurs. Le second principe du capitalisme est son mode de fonctionnement. L’économie capitaliste fonctionne selon le mécanisme du marché. Selon ce mécanisme, c’est le libre jeu des forces du marché (l’offre et la demande) qui régule l’économie et qui permet de déterminer le prix d’équilibre (the market price), c’est-à-dire le prix d’équilibre. L’interventionnisme repose sur le rôle déterminant de l’Etat dans l’économie. Selon ce système, l’Etat doit jouer le jeu des forces du marché parce que ces dernières ne fonctionnent pas toujours comme le veut le modèle capitaliste classique ainsi que le démontre la crise financière actuelle. Le troisième pilier du capitalisme est la nature de la propriété. Dans l’économie capitaliste classique, c’est le secteur privé qui est le moteur (the engine) du développement économique et technologique. Au contraire, dans le système interventionniste, c’est le secteur public qui domine l’activité économique, le secteur privé — lorsqu’il est toléré — a une place marginale.  En effet, pour les partisans du capitalisme, le secteur privé est l’agent économique le plus dynamique et le plus rationnel et permet de réaliser l’objectif qui est le maximum de profit. La crise financière réelle et actuelle remet donc en question deux des trois piliers du système capitaliste : le mode de fonctionnement et la nature du secteur économique. En effet, la crise a montré que le marché ne fonctionne pas toujours selon le modèle Adam Smithien, mais que dans certaines situations —comme celle des années 1929 et la situation actuelle — l’Etat doit s’ingérer et se substituer aux forces du marché afin de remettre les choses en marche.

La crise actuelle a prouvé aussi que le secteur privé — ici le secteur financier constitué par les banques et autres institutions financières privées — ne fait pas toujours preuve du dynamisme et de l’éthique que lui reconnaissent les économistes classiques comme en témoignent les faillites et les regroupements bancaires actuels aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde. Face à cette crise et à ses effets de sape des deux éléments essentiels du capitalisme, les Etats-Unis ont proposé un Plan de sauvetage appelé plan Paulson. Que prévoit ce plan ? Quelles sont ses chances de « sauver » le capitalisme américain et l’économie mondiale de la récession ? C’est à cette question que nous tenterons maintenant de répondre.

Le plan Paulson et ses chances de sauvetage.. Le 20 septembre 2008, le secrétaire d’Etat américain au Trésor, Henry Paulson a élaboré un plan appelé TARP (Troubled Asset Relief Program), plus connu sous le nom de son initiateur : le plan Paulson. Il faut tout de suite dire que Paulson avait, auparavant, un plan de réforme plus profond intitulé « Blueprint for a Modernized Financial Regulatory Reform », qui est un plan pour le long terme. Le plan Paulson du 20 septembre, qui est un plan à court terme et qui sera mis en œuvre par une nouvelle agence appelée Office of Financial Stability (OFS), se veut une réponse à la crise actuelle qui est née dans le secteur immobilier sous le nom de crise des subprimes et qui se manifeste par une contraction des liquidités sur le marché des crédits. La crise des subprimes, on le sait maintenant, s’est étendue au secteur financier et a eu des répercussions sur la solvabilité des banques d’investissement et autres institutions financières. Ce plan consiste pour le gouvernement américain à acheter pour une valeur de 700 milliards de dollars d’actifs douteux (dits toxiques) que détenaient les institutions financières. Le plan, qui est le résultat de consultations houleuses entre le secrétaire au Trésor Paulson, le président de la Federal Reserve, BenBernanke, le président de la U.S. Security and Exchange Commission, Christopher Cox, les leaders du Congrès et le président Bush, a pour objectif de trouver une solution rapide et efficace au problème créé par les actifs illiquides et d’accroître le degré de liquidité sur les marchés secondaires hypothécaires (Morgage Backed Securities, MBS). Ce premier « draft » du plan, qui n’avait que trois pages, comme on le sait, n’a pas été accepté par le Congrès. Après plusieurs tractations et amendements, un nouveau plan plus volumineux, examiné le 23 septembre par le Sénat puis redébattu au Congrès, a été finalement adopté. Ce nouveau plan prévoit à moyen terme de revendre les actifs illiquides achetés par le Trésor. L’effet immédiat de ce plan a été la chute de la valeur du dollar par rapport à l’or, à l’euro et au prix du pétrole ainsi qu’à l’accroissement de la dette publique américaine qui a déjà atteint son record historique de plus de 11 milliards de dollars..  Les objectifs de ce plan ont été précisés par les deux principaux managers de la crise actuelle : le secrétaire d’Etat au trésor, Henry Paulson et le président de la FED, Ben Bernanke. Pour le premier, ces objectifs sont essentiellement de stabiliser l’économie, améliorer la liquidité, s’attaquer aux racines de la crise et prendre des actions immédiates pour résoudre la crise. Pour Bernanke, les deux objectifs majeurs du plan sont : - restituer la confiance chez les investisseurs. - améliorer l’impact sur l’économie réelle et la croissance. La réalisation de ces objectifs est d’autant plus souhaitée que plusieurs grandes et moins grandes entreprises sont en train de retirer leur argent des banques pour le placer dans des actifs plus sûrs tels que les bons du Trésor garantis par l’Etat. Ce retrait contribue à l’exacerbation de l’assèchement des liquidités dont les banques ont tellement besoin pour leur activité de prêts.. Le plan Paulson, s’il a été accueilli favorablement par certains, a été vivement critiqué par beaucoup, non seulement les experts financiers mais les politiciens, les économistes et les journalistes. En particulier un groupe de plus de 250 économistes de diverses universités américaines a critiqué le plan sur plusieurs niveaux. Le premier reproche au plan est son iniquité : le plan est une subvention aux investissements faite aux dépens des citoyens. Les investisseurs (notamment les immobiliers) qui ont pris des risques pour réaliser des profits doivent être, selon ces économistes, ceux qui doivent supporter les pertes et non les citoyens. Le second reproche que ce groupe d’économistes fait au plan Paulson est son ambiguïté et son manque de transparence. Ils pensent que si les citoyens sont ceux qui doivent racheter les actifs illiquides et opaques, ils doivent en connaître les termes et les modalités et le mécanisme de rachat doit être supervisé par un organisme étatique. Le troisième défaut reproché au plan est son impact à long terme. En effet, les économistes pensent que, après son effet à court terme, le plan va durer pendant une génération. Comme on peut le voir, le plan Paulson, qui est apparu au départ comme une panacée à la crise actuelle que traverse la scène financière américaine et aujourd’hui internationale, est une sorte d’aveu de l’échec du capitalisme et de l’économie de marché à résoudre les crises. Le marché n’a pas fonctionné comme le prévoyaient les économistes classiques, et le secteur privé n’a pas fait preuve du dynamisme qu’ils lui attribuaient. Le capitalisme se retrouve donc avec un seul de ces trois pieds : le but, c’est-à-dire la réalisation du profit maximum.. Certains politiciens et économistes américains sont sceptiques sur les chances du plan de sauver le capitalisme américain. C’est le cas de Jim Bunning, sénateur républicain du Kentuky, qui a écrit à propos du plan : « This massive bailout is not a solution. It is financial socialism and it’s un-American. » La sénatrice de New York, Hillary Clinton, a même été jusqu’à proposer de recourir à une institution déjà utilisée lors de la récession des années 1929, en l’occurrence la HOLC (Home Owners ’ Loan Corporation) qui aurait pour tâche d’administrer un programme national pour aider les propriétaires immobiliers à refinancer les problèmes des « morgages ». Le capitalisme va-t-il survivre à la crise actuelle ? Nous ne le saurons que dans quelques mois ou quelques années.   °Arezki Ighemat : Professeur d’économie et de marketing, Master in Arts en littérature francophone. ( El Watan)

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5 commentaires

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