“liberté d’expression“ ou “injures et insultes“?

Liberté d’expression :

**Doit-on   confondre “liberté d’expression“ et “injures ou insultes“?

“liberté d’expression“ ou “injures et insultes“?  haddock-600x434

Pour les   journalistes ou ceux qui se déclarent comme tels devraient méditer   longtemps avant de se lancer sur ce terrain… parfois trop glissant.

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“liberté d’expression pour “semer les graines de la haine

Liberté d’expression n’est pas liberté d’outrager

*chronique de Maurice Tarik Maschino

Le film, aussi débile que grossier, du repris de justice américain Nakoula Besseley contre les musulmans est évidemment l’une des manifestations de l’islamophobie générale qui gangrène les pays occidentaux.

Une islamophobie qu’illustrent et renforcent les réactions de leurs médias à propos des manifestations d’indignation qui ont soulevé le Monde arabe. Sous des titres qui englobent l’ensemble des musulmans et les présentent comme une masse furieuse, dangereuse, avide de violence – «Le monde arabe s’embrase», «Colère des musulmans» – journaux, radios, télévisions ont fait une large place aux manifestations que le film a provoquées en Tunisie, en Egypte, au Yémen… : la mise à sac de plusieurs ambassades américaines, l’incendie du consulat de Tunis, des foules hurlantes brûlant le drapeau américain…, les téléspectateurs européens n’ignorent plus rien. Ou plutôt, ils s’imaginent savoir. Car les télévisions leur ont livré des images sans la moindre distance, sans suggérer qu’incendiaires et casseurs ne sont pas représentatifs des peuples arabes, sans aucun commentaire sur la politique des Etats-Unis au Moyen-Orient, sur le soutien qu’ils apportent aux régimes les plus réactionnaires de la région, sur leur défense inconditionnelle d’Israël. Montrer n’est pas neutre, toute image porte un message, illustre et oriente une manière de voir et de juger, le plus souvent partiale.

Les reportages des médias n’ont pu que renforcer la conviction de bien des Européens que les Arabes sont des êtres violents, irrationnels, incapables de se maîtriser et de raison garder. Il est vrai que les Présidents tunisien et égyptien ont condamné la violence de certains manifestants, mais de quel poids peuvent être leurs mots face au choc des photos ? Imprégnés de l’islamophobie rampante des médias, la plupart des reportages n’ont pu que renforcer l’islamophobie du public.  Une islamophobie que conforte également le silence d’un certain nombre d’intellectuels. Les plus en vue, les plus médiatisés, ces droits-de-l’hommistes qu’on n’entend jamais s’insurger contre les crimes que commet chaque jour l’armée israélienne, mais qui s’indignent et crient à l’antisémitisme dès qu’on dénonce ses méthodes et la politique d’Israël. Ni Alain Finkielkraut, qui célébra le pamphlet raciste et islamophobe d’Oriana Fallaci La Rage et l’Orgueil, ni Bernard-Henry Lévy qui se garde bien d’intervenir dans un conflit qui le concerne pourtant au premier chef, ni André Glucksman qui n’a d’yeux que pour Poutine qu’il attaque d’article en article, aucun de ces «humanistes» pour qui la défense des droits de l’homme ne concerne que certains hommes n’a protesté contre le film islamophobe de l’Américain.

D’autres font mieux encore, si l’on peut dire : loin d’approuver ouvertement, ce qui abîmerait leur image, les manifestations les plus grossières d’islamophobie telles les caricatures danoises du Prophète, ils les approuvent par la bande, indirectement, au nom de la liberté d’expression qui, disent-ils, doit être totale. Curieuse exigence qui ne se manifeste, de nouveau, qu’à propos des musulmans. Exigence de tartuffes, là encore, qui, se posant en défenseurs de toutes les libertés, incitent et invitent à calomnier l’islam. Car c’est seulement quand il s’agit de l’islam qu’ils postulent le droit absolu de tout dire même des insanités, de tout caricaturer même avec la plus grande vulgarité, le droit, finalement, de ne pas respecter une religion qu’ils ne connaissent pas, ne comprennent pas et qu’ils exècrent.  Il ne peut être question, évidemment, de restreindre par la loi la liberté d’expression ni d’appeler au rétablissement de la censure. Toute intervention de l’Etat doit être bannie. Chacun doit avoir le droit imprescriptible de dire et d’écrire ce qu’il veut. Mais cela ne signifie pas qu’il puisse le faire impunément.

Avoir le droit de tout dire n’accorde aucune immunité et ne protège d’aucune poursuite. Tout dépend de la nature de ce qu’on dit, de la façon dont on le dit, du moment où on le dit, des conséquences que ces propos peuvent entraîner. Qu’un athée ait le droit le plus absolu d’exposer ses positions et d’expliquer – comme Spinoza hier ou Michel Onfray aujourd’hui – pourquoi, d’après lui, les religions sont des monuments d’irrationalité mortifère, c’est une évidence. Mais qu’on poursuive en justice un caricaturiste qui peint de façon injurieuse le fondateur d’une religion et déclenche des émeutes n’est nullement une atteinte à la liberté d’expression : c’est la sanction d’un délit. La liberté d’expression n’est pas la liberté d’outrager et il est tout à fait légitime que la victime d’une agression porte plainte.  Comme l’écrit Emmauel Todd(1), l’islamophobie est décidément «le mal du siècle présent». Elle imprègne à ce point la mentalité d’un grand nombre d’Occidentaux qu’elle les aveugle, les égare et les incite à dire n’importe quoi.*El Watan-19.09.2012.

1)- L’Esprit du temps ou l’islamophobie radicale (Agora Vox)

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LES MUSULMANS a  travers le monde sont invités a boycotter google et YouTube

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Google a refusé de supprimer le film insultant diffusé sur Youtube, des savants appellent donc à boycotter Google et Youtube les 24 et 25 septembre 2012, dont le cheikh Rajab Dib hafidhahou Allah : action visant à impacter les revenus publicitaires de Google et sa filiale Youtube, des analystes estiment le manque à gagner de 210 millions de dollars durant ces deux jours si l’opération est suivie. Il suffira durant ces deux jours de boycotter  l’utilisation, et aller vers un autre moteur de recherche, comme yahoo par exemple.Voilà une manière intelligente de montrer notre mécontentement, leur faire perdre de l’argent en silence est plus efficace qu’une manifestation qui se retournera contre nous.Baraka Allahou fikoum à tous de largement diffuser ce message sur les forums, les réseaux sociaux, par sms etc…source : Aslamawa salam

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Un appel a été lancé sur facebook à l’initiative des utilisateurs arabo-musulmans pour boycotter les deux plates-formes Youtube et Google, les journées du 24 et 25 septembre 2012.

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« Google et you tube ont annoncé qu’il refusent de retirer le film anti islam car ils pensent que ceci est une liberté intellectuelle. De ce fait il a été décidé de lancer une opération de boycott des deux moteurs en arrêtant de les utiliser pendant les journées du 24 et 25 septembre dans tous les pays musulmans. Ceci leur fera perdre 210 millions de Dollars.

SVP diffuser ce message a tous vos contacts musulmans. Merci. », indique le message diffusé sur facebook.

Le clip polémique qui embrase le monde musulman depuis plusieurs jours pourrait coûter plus 200 millions $ pour la plateforme de recherche la plus utilisée à l’échelle mondiale, si le message paru sur facebook trouve un écho favorable.

Google limite mais n’interdit pas la diffusion du film

La Maison Blanche avait invité Google à « bien s’assurer » que la vidéo intitulée « L’Innocence des musulmans », considérée comme blasphématoire envers le prophète Mahomet (saws), respecte les conditions d’utilisations de Youtube. Après examen, le géant américain a rétorqué que le film est bien conforme à leur charte.

Google, propriétaire du site de vidéos, plaide pour la liberté d’expression. Toutefois, le moteur de recherche a décidé de « limiter l’accès [à la vidéo] dans les pays où elle est considérée comme illégale, tels que l’Inde, l’Indonésie, la Libye et ou l’Egypte, compte tenu des situations très délicates dans ces deux pays ».  Par la suite, la diffusion du film a été empêchée en Afghanistan, au Pakistan et en Malaisie.*Algérie.Focus-24.09.2012.

**APPEL A LA MOBILISATION POUR MONTRER QUE LES MUSULMANS SONT NON SEULEMENT UN POIDS RELIGIEUX MAIS AUSSI ECONOMIQUE !!

LA SOCIÉTÉ GOOGLE A DÉCLARÉ QU ILS NE VONT PAS ARRÊTER LA DIFFUSION DU FILM INSULTANT LES MUSULMANS SUR YOUTUBE PUISQU’ILS CONSIDÈRENT LE FILM COMME UNE LIBERTÉ D EXPRESSION N’AYANT PAS VIOLES LES CONDITIONS D’UTILISATION DU SITE. C EST POUR CELA QUE LES SAVANTS MUSULMANS (LES OULAMAS) ONT DÉCIDÉS DE PROPOSER L ARRÊT DE L UTILISATION DU MOTEUR DE RECHERCHE GOOGLE ET YOUTUBE PENDANT 2 JOURS DANS TOUS LES PAYS MUSULMANS, COMME AVERTISSEMENT A LA SOCIÉTÉ ET LEUR FAIRE COMPRENDRE QUE LA OUMMA DE 1 MILLIARD ET DEMI DE MUSULMANS NE PEUT PAS ACCEPTER L HUMILIATION

JOURS D ARRÊTS DE L UTILISATION LUNDI 24 ET MARDI 25 POUR LES 2 SITES. IL EST PRÉVU QUE SUITE A CETTE OPÉRATION LE PRIX DE L’ACTION EN BOURSE GOOGLE CHUTE ET GOOGLE AURA UNE PERTE QUI PEUT ATTEINDRE 210 MILLIONS DE DOLLARS.

MERCI DE PARTAGER ET DIFFUSER AU PLUS GRAND NOMBRE POSSIBLE POUR DÉFENDRE NOTRE PROPHÈTE (SAl Allahou ‘alayhi wassalam)*Majliss.com-24.09.2012.

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*La nouvelle provocation de Charlie hebdo

L’hebdomadaire satirique français, Charlie Hebdo publie dans son nouveau numéro (daté du mercredi 19 septembre) de nouvelles caricatures du prohète Mahomet, au moment ou le monde musulman continue à se soulever contre la vidéo américaine offensant l’islam.

Bernard Henri Levy Bernard-Henri Levy attends a press conference at Theatre du Rond-Point on November 3, 2011 in Paris, France. The offices of French satirical magazine Charlie Hebdo were attacked and completely destroyed a day after they featured a caricature of the Prophet Muhammad on its cover and named him as 'editor-in-chief'.

La publication de ces dessins inquiète les autorités et la police française, qui a renfotcé ses mesures de sécurité autour du siège de l’hebdo, qui n’est pas à sa première provocation. Il y’a une année environ ses locaux ont été saccagés après la publication de caricatures offensant le prophète.

Le premier ministre français Jean-Marc Ayrault a immédiatement affirmé qu’il désapprouvait « tout excès » et en appelant à la « responsabilité ».

De son coté le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui se trouvait au Caire s’est dit « contre toute provocation », tout en rappelant l’existence en France de la liberté d’expression.

Ces dessins « choqueraient ceux qui vont vouloir être choqués en lisant un journal qu’il ne lisent jamais », a estimé son directeur, Charb, interrogé par la chaîne de télévision iTélé.

Le responsable de l’hebdomadaire se cache derrière la liberté de la presse pour justifier la publication de ces caricatures, qui est plus une opération commérciale, qu’un acte de liberté d’expression. .*El Watan-18.09.2012.

**L’anthropologue Dounia Bouzar humilie Charlie Hebdo sur Canal+

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«D’un côté il y a un discours qui dit l’Islam est archaïque par essence, l’Islam n’avancera jamais, l’Occident a tout inventé, d’un autre côté, on a des radicaux qui ont inversé le discours au miroir, et qui disent non! L’Islam a tout inventé, l’Islam est supérieur, l’Islam a toutes les solutions, l’Occident ne fait que copier, en faisant ces caricatures, vous remontez les murs.» Dounia Bouzar sur le plateau du Grand Journal

Le grand journal de Canal plus a consacré le 19 septembre 2012, comme à son habitude, sa première partie à l’actualité. Et l’actualité en France en ce moment a été dominée par le geste «commercial et politique» maladroit de Charlie Hebdo. Pour ce faire, Canal + qui trie ses invités sur le volet a trouvé un invité de taille pour répondre au représentant du média satirique. Pour répondre donc aux caricatures de Mahomet publié ce mercredi, Luz le dessinateur de Charlie Hebdo avait face à lui l’anthropologue Dounia Bouzar qui est venue dénoncer la provocation gratuite de l’hebdo à sensation. Pour ceux qui ne connaissent pas Dounia Bouzar, ce n’est pas une soeur de Biyouna qui porte le même nom Baya Bouzar, même si elle s’est teinte les cheveux en blanc pour afficher sa «BBRité». De son vrai nom: Dominique Amina Bouzar, est une anthropologue française d’origine algérienne, spécialiste de l’analyse du fait religieux. Elle avait publié de nombreux articles et livres à caractère scientifique et des essais sur la question de l’Islam avec tout de même une vision très laïque de la République française. A l’image de son livre La République ou la burqa: Les services publics face à l’islam manipulé, écrit cette fois avec sa fille Lylia Bouzar, chez Albin Michel. Lors de son passage sur Canal + qui a duré environ 11 minutes, Dounia Bouzar qui intervient souvent sur I télé, sur toutes les questions sur l’Islam, en défendant les préceptes de la laïcité et qu i apparaît même dans un documentaire sur le Prophète (Qsssl), est venue pour la première fois dénoncer l’attitude anti-Islam du magazine français. Elle a résumé en une seule phrase toute l’attitude des Français et intégristes. «On est dans un monde bipolaire, tous les gens sont pris en sandwich, d’un côté il y a un discours qui dit l’Islam est archaïque par essence, l’Islam n’avancera jamais, l’Occident a tout inventé, d’un autre côté, on a des radicaux qui ont inversé le discours au miroir, et qui disent non! l’Islam a tout inventé, l’Islam est supérieur, l’Islam a toutes les solutions, l’Occident ne fait que copier, en faisant ces caricatures, vous remontez les murs, vous nous enlevez l’espace de liberté, pour pouvoir déconstruire ses discours, pour pouvoir retrouver et critiquer ce qui est critiquable, parce qu’un extrémiste en nourrit un autre.» Avec ce discours logique et pragmatique, Dounia Bouzar a détruit en bloc l’action de Charlie Hebdo et aviver l’honneur des musulmans et des Arabes en France. En fait, sa venue est bien calculée par Canal + qui n’est pas d’accord sur le principe de l’action médiatique de Charlie Hebdo. Pour ce faire, Canal + avait besoin d’un spécialiste et surtout d’une Arabe pour critiquer ce que les Français n’oseraient pas critiquer par solidarité avec leur compatriote et surtout pour ne pas atténuer l’un des plus importants principes de la France républicaine: la liberté d’expression. On est tout de même content que ce ne soit pas l’imam de Drancy, Hassen Chaghoumi, qui soit venu défendre l’image de l’Islam sur cette question. On préfère une intellectuelle même «fausse blonde», qu’un imam de service, qui ne maîtrise pas le français et qui se présente toujours en costume alpaga «métallisé» et une chachia blanche archaïque.*Par Amira SOLTANE – Samedi 22 Septembre 2012. L’Expression.

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**Une majorité de Français favorables aux provocations et dérives des médias…ils confondent liberté d’expression et  liberté d’insultes.

Sur l’opportunité de la publication des caricatures de Mahomet dans le dernier numéro de Charlie Hebdo, une majorité de Français  considèrent que la liberté d’expression est un droit fondamental, selon un sondage TNS Sofres publié hier. Selon ce sondage, 58% des personnes interrogées considèrent que «la liberté d’expression est un droit fondamental» et que «la liberté de caricature en fait partie», contre 35% qui estiment que l’«on ne peut pas dire et caricaturer n’importe quoi sous couvert de liberté d’expression».Parallèlement, 39% des personnes interrogées «désapprouvent la publication des caricatures de Mahomet», presque autant (37%) jugeant positivement la décision de l’hebdomadaire satirique de les publier. Un quart des Français (24%) se déclarent sans opinion. 71% des personnes interrogées approuvent l’interdiction des manifestations prévues en France contre les caricatures de Mahomet et contre le film islamophobe L’Innocence des musulmans, qui a déclenché des violences dans de nombreux pays. L’étude a été réalisée auprès d’un échantillon national de 1012 internautes représentatifs de la population française, âgés de 18 ans et plus, choisis selon la méthode des quotas.*El Watan-23.09.2012.

**Manuel Valls, pour le film anti-Islam et contre un film pro-palestinien

Manuel Valls est décidément l’homme fort du moment en France. A la tête du ministère de l’Intérieur depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir, il dicte et fixe les règles de l’image du pays, à travers des décisions qui nous rappelle un certain Nicolas Sarkozy. Comme lui, il est monté au sommet de la France via ce poste et aujourd’hui Valls est présenté comme le successeur potentiel du Premier ministre Jean-Marc Ayrault et probablement le candidat des socialistes aux présidentielles de 2017.
Et pourtant, Manuel Valls a un sérieux problème avec deux questions essentielles du Monde arabe. La question de l’atteinte à l’image de l’Islam et la cause palestinienne. Manuel Valls s’est illustré depuis quelques années comme un adversaire acharné de ces deux questions, puisqu’il a interdit une marche de protestation contre la diffusion d’un film anti-Islam et interdit la projection d’un documentaire produit par France Ô et réalisé par un Algérien et un Egyptien sur la guerre à Ghaza. En effet, le 11 mars 2011, Manuel Valls, à l’époque député et maire d’Evry, avait interdit la projection du documentaire GazaStrophe, réalisé par l’Algérien Kheirdine Mabrouk et l’Egyptien Samir Abdallah. Et pourtant l’événement était organisé par le cinéma Les Cinoches, à l’initiative d’Evry-Palestine et de RiSolidarité Palestine, comités locaux de l’Association France Palestine Solidarité, et avec le soutien du Collectif Palestine Evry-Essonne, fort d’une trentaine d’associations, partis et syndicats. Mais comme cette salle de cinéma dépend de la Communauté d’Agglomération Evry Centre Essonne. Son président, qui n’est autre que Manuel Valls, a fait interdire le débat avec Samir Abdallah la veille de la projection. Cette annulation fait suite selon un communiqué de l’époque à des pressions exercées par Serfaty, membre du Crif et Thierry Mandon, maire de Ris-Orangis. Comme pour la marche de dénonciation d’un film anti-Islam hier, cette annulation est une très grave atteinte à la liberté d’expression. C’est la première fois en 30 ans qu’aux cinoches un réalisateur est empêché de venir débattre de son film. Samir Abdallah, le co-réalisateur, a vu sa parole confisquée. Plusieurs responsables politiques de l’Essonne avaient fait part, à l’époque de leur indignation. Jacques Picard, conseiller régional Ile de France, représentant Les Verts et Bruno Piriou, conseiller général PC de l’Essonne, se sont engagés à agir dans le cadre de leurs responsabilités politiques. Le communiqué précise aussi que depuis plusieurs décennies les habitants de Ris-Orangis et d’Evry ont eu de nombreuses occasions de débattre de l’évolution du conflit israélo-palestinien. Chacun a toujours pu s’exprimer librement et échanger sereinement sans qu’aucune violence n’ait été déplorée. En censurant ce film et en autorisant la diffusion du film anti-Islam sans qu’aucune dénonciation musulmane et arabe ne soit autorisée démontre une volonté d’autoritarisme de Manuel Valls, qui copie ou plagie certaines décisions proches du FN et de l’aile dure de l’UMP.* L’Expression-23.09.2012.

**La liberté d’expression :  Entre l’intelligence et la politesse

La communication, et parce qu’elle consiste à s’ouvrir sur l’autre, a pour fonction principale de rapprocher les personnes et les peuples.

Les médias, en tant que vecteurs essentiels de la communication moderne, sont donc concernés par cette noble tâche qui consiste à réduire les distances et à amoindrir les différences. Tenter de faire faire autre chose à ces médias c’est salir l’oeuvre humaine et en réduire les rêves à de simples dessins accrochés aux murs du salon du temps et sans autre signification que celle de meubler l’espace.
Il est malheureusement donné de constater ces jours-ci que tout le monde ne comprend pas la communication de la même manière et que tout le monde ne donne pas aux médias le même sens ou les mêmes fonctions. Certains, en effet, usent de ces médias pour séparer les hommes, pour les éloigner les uns des autres et, surtout, pour semer entre eux les graines de la haine, du mépris et de l’irrespect. Tel est le cas, par exemple, de ce pseudo réalisateur qui s’en est pris au Prophète (Qsssl) dans un film de dernier rang et de ce journaliste-dessinateur qui a tenu à produire des caricatures aussi odieuses que le film en question. Ce ne sont pas là les seuls cas connus mais ce sont les derniers en date et vis-à-vis desquels les réactions des musulmans n’ont pas encore cessé. Cependant, chaque fois que quelqu’un crie au scandale ou tente simplement d’attirer l’attention sur l’aspect inapproprié de ces utilisations des médias, on lui agite sous le nez le spectre de la liberté d’expression. Mais est-ce donc possible que, au nom de cette liberté d’expression, certains peuvent tout se permettre, même insulter les autres et porter atteinte à leur sacré et leurs convictions les plus profondes? Apparemment, les individus qui s’adonnent à de tels comportements au nom de la liberté d’expression posent la question inverse: est-il possible que, au nom du sacré et des convictions, certains tentent de limiter la liberté d’expression d’autrui?
A vrai dire, ces derniers préfèrent volontairement entretenir un dangereux amalgame entre la liberté d’expression et la liberté de pensée. Ce que des individus douteux comme Salman Rochdi, Stéphane Charbonnier ou autres pensent de l’Islam, de son Prophète et des musulmans n’est pas le problème et nous en voudrions pour preuve que nul n’a jamais demandé à ces individus de changer leurs idées ou leur compréhension du monde. Il doit certainement exister d’autres individus qui ont des idées similaires, sinon plus radicales, et cela n’a jamais provoqué de manifestations ou de colère chez les musulmans. Ceci est valable pour tous rapports entre les hommes. En effet, les hommes, entre eux, même lorsqu’ils sont amis, ne pensent pas toujours du bien les uns des autres, sans que cela ne provoque pour autant des conflits ou ne perturbe leurs relations. Cela relève de la pensée et comme nul ne peut ni ne doit juger les autres à leur intention ou, de manière générale, à leur pensée, les gens ne regardent pas les pensées des autres parce que la pensée relève de la sphère intime, privée, individuelle, sur laquelle nul n’a prise. L’expression, pour sa part, consiste à sortir de la sphère de l’intention, de la pensée, pour pénétrer dans celle des actes qui, à cause de leurs conséquences, s’étendent à autrui et les concernent, donc, d’une manière ou d’une autre. Penser de quelqu’un qu’il est tricheur par exemple est une chose, le dire en est une autre. A partir du moment où il y a expression, l’autre est interpellé ou engagé. C’est ce qui, normalement, pousse les uns et les autres à bien définir les limites de leurs expressions. La plus faible limite à la liberté d’expression est la politesse. N’est-ce pas que, souvent, et par politesse, on ne dit pas certaines choses qui pourraient fâcher? Que l’on nous raconte aujourd’hui que la liberté d’expression n’a pas de limite est un mensonge et une tromperie sans plus, car si cela était vrai, pourquoi les gens, y compris Charb et ses semblables, se révoltent lorsqu’on les insulte et répondent par un moyen ou un autre? pourquoi ne pensent-ils pas alors qu’il s’agit d’une liberté d’expression qu’il appartient à chacun de défendre?
Des hommes de tous bords et de tous pays ont dédié leur vie à la liberté du culte, de la pensée et de l’expression pour que leurs semblables vivent et essaient, les uns et les autres, de parcourir un bout de chemin ensemble, sans se blesser ou se haïr. D’autres ont donné leur vie pour que l’on ait le droit de nous exprimer librement.
Utiliser cette liberté d’expression pour insulter autrui c’est cracher sur tout ce beau monde… si ce n’est par intelligence, alors, au moins, par politesse. Que l’on cesse avec ces sottises! *L’Expression-22.09.2012.

**La diffusion du film anti-islam ne peut être réduite à une question de liberté d’expression

Le Film anti-islam « L’innocence des musulmans », qui constitue « une offense » aux musulmans dans le monde, est un pamphlet dont la diffusion -le jour de l’anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre- ne peut être aucunement réduit à une question de liberté d’expression, indique jeudi une déclaration de la Fondation Anna Lindh.
En tant qu’institution dont le but est de promouvoir le respect et la c£xistence entre les cultures et les civilisations dans la région euméditerranéenne, la Fondation Anna Lindh condamne toute incitation à la haine sectaire et réitère que le respect pour les croyances religieuses et le rejet de la violence doivent être des piliers de la démocratie, l’humanisme et la modernité.
La dissémination instantanée du contenu du film à travers les réseaux sociaux était destinée à provoquer une réaction sociale semblable à celle qui eut lieu lors de la diffusion des caricatures sur le prophète et du court métrage « Fitna » basé sur un amalgame d’images sensationnelles et de citations du saint Coran.
La fondation condamne ces deux initiatives « qui mettaient en danger la capacité de vivre ensemble des peuples des différentes origines, cultures et croyances ».*APS-21.09.2012.

**Le ministre italien des Affaires étrangères, estime « légitime » pour les gouvernements de bloquer les sites incitant à la haine

Le ministre italien des Affaires étrangères, Giulio Terzi, cité vendredi, par les médias italiens, a estimé « parfaitement légitime » pour les gouvernements de bloquer les sites diffusant des productions incitant à la haine, en allusion au film et aux caricatures insultant l’islam produits aux Etats-Unis et en France.
« Il est parfaitement légitime pour les gouvernements de bloquer les sites (web) faisant montre de comportements négatifs, incitant à la haine et refusant la compréhension de l’autre, ainsi que des sites prônant le crime », a fait savoir le chef de la diplomatie italienne.
Terzi était interrogé par les journalistes en marge de la présentation du rapport officiel pour 2012 sur la situation des droits de l’homme en Italie, qui consacre notamment, une bonne place à la liberté d’opinion.
Le ministre italien a souligné à cet égard, que « la ligne de démarcation » entre la liberté de croyance et la liberté d’expression, était « tenue, mais claire ». Il a relevé ainsi, que « la législation en Italie s’est conformée à cette ligne pendant de nombreuses années », rappelant ce sujet, que « le Code pénal italien sanctionne le délit de diffamation des religions ».
Le chef de la diplomatie italienne a indiqué à ce propos, qu’en Italie, nous avons une position claire en matière de respect des religions, liée à une culture et à une tradition législatives dédiées aux valeurs de la liberté d’opinion, mais également au devoir de respecter la liberté et les croyances de chacun ».
La veille, le Secrétaire d’Etat italien aux affaires étrangères, Staffan de Mistura. avait indiqué que « les pays occidentaux doivent condamner les provocations à l’égard des musulmans et l’irrespect de leurs sentiments religieux » à travers, la diffusion dans les médias, de films et de caricatures.*APS-21.09.2012.

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Une actrice du film islamophobe  »L’innocence des Musulmans » déclare: « J’ai été trompée »

Une actrice de « L’Innocence des Musulmans » affirme avoir été trompée par l’équipe du film. Selon elle, il n’a jamais été question d’un film islamaphobe. L’actrice affirme avoir été contactée pour jouer dans un film à petit budget intitulé « Le guerrier du désert ».

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Cindy Lee Garcia, une actrice qui a porté plainte contre le producteur du film.

Après la plainte d’une première actrice, Cindy Lee Garcia, c’est au tour d’une autre actrice de se plaindre d’avoir été bernée par l’équipe du film. Anna Gurji a tenu à donner sa propre version des faits, quant au déroulement de ce tournage dans une lettre publiée sur le site internet de l’auteur Neil Gaiman. Des propos relayés par le Courrier International.  

« J’ai été trompée »
« Je sors de l’ombre pour laver mon nom parce que j’ai été trompée », affirme-t-elle. « D’autres mots ont été mis dans ma bouche », ajoute-t-elle en indiquant avoir été dévastée en voyant le film islamophobe à l’origine de violences meurtrières dans de nombreux pays arabes.

Pas de scénario
Anna Gurji explique avoir été engagée pour jouer dans un long-métrage indépendant à petit budget intitulé « Desert Warrior » (Le guerrier du désert). « Le tournage s’est déroulé en août 2011, dans un studio de Duarte, en Californie. Je n’avais pas reçu le scénario. Et, quand je suis arrivée sur le plateau, on m’a à peine fourni les scènes dans lesquelles je jouais », confie-t-elle. « Pour moi, cela n’avait rien d’étrange », dit-elle. « Le producteur et scénariste, qui s’était présenté sous le nom de Sam Bacile, n’était pas américain, cela s’entendait à son accent. Sachant cela, je me suis dit que le scénario devait être rédigé dans sa langue maternelle et que toutes les scènes ne seraient pas traduites en anglais ».

Un film d’aventures, pas de religion
Anna Gurji est formelle, il n’a jamais été question de l’islam. « Personne n’a jamais mentionné le nom de Mahomet, ni parlé de religion », indique la comédienne. « Le film se déroule dans l’Egypte antique. Une comète tombe dans le désert, et plusieurs tribus se battent pour se l’approprier, croyant qu’elle possède des pouvoirs magiques. ‘Desert Warrior’ est une fiction, un film d’aventures ».

Personne ne savait
Pour l’actrice, ils ont tous été bernés. « Je suis absolument certaine qu’aucun acteur ni aucun membre de l’équipe artistique américaine n’était au courant du véritable projet », dit-elle. « Sur le plateau, l’atmosphère était très amicale. Nous savions tous que nous tournions un film d’aventures à très petit budget. Le réalisateur, Alan Roberts, espérait même obtenir davantage d’argent pour réaliser une autre version de ‘Desert Warrior’, de bonne qualité cette fois en tournant dans le désert ». Quant à Sam bacile, le producteur du film, il se serait montré aimable et prévenant pendant le tournage.

Je me sens anéantie
Mais une fois le tournage terminé, l’actrice affirme n’avoir eu aucune nouvelle quant à la sortie du film. « Je n’ai jamais vu le produit final – si tant est qu’il y en ait un, mis à part la courte vidéo postée sur Internet », dit-elle en affirmant avoir été choquée en la voyant. « Deux heures après avoir découvert tout cela, j’ai accordé à Inside Edition une interview pendant laquelle je ne pouvais m’arrêter de pleurer. Je me sens anéantie ».

« Je ne comprends pas qu’un être humain soit capable de faire tout cela », dit-elle. « Je ne comprends pas les mensonges, l’injustice, la cruauté, la violence, la mort d’innocents, la douleur des personnes qui se sentent offensées, les fausses accusations. Je ne sais pas quoi faire, si ce n’est dire la vérité ».

Anna Gurji conclut en présentant ses condoléances aux proches des personnes qui ont perdu la vie suite à ces violences. « Nous devons rester forts et nous souvenir que la violence ne nous a jamais menés nulle part sur le plan spirituel et qu’elle n’a jamais fait de ce monde un monde meilleur ». * 7s7-26.09.2012.

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*     »Libération » paie cash son audace!

On ne va pas aller loin. Le journal français Libération vient d’en faire l’amère expérience. En effet, lemonde.fr rapporte que «Libération commence à se mordre les doigts d’avoir consacré, lundi 10 septembre 2012,   sa Une à Bernard Arnault, sur laquelle le patron de LVMH était   représenté tenant une valise avec ce titre « Casse-toi riche con! »». Et d’ajoure: «… La   régie du quotidien a très peu apprécié de ne pas avoir été prévenue de   cette décision éditoriale. Elle ne peut que constater aujourd’hui   l’ampleur des dégâts».

Les   conséquences en termes de publicité n’auraient pas tardé. «… les   différentes sociétés dépendant du groupe LVMH ont fait savoir qu’elles   retiraient leurs opérations publicitaires prévues d’ici à la fin de   l’année…». Le manque à gagner s’élèverait à 150.000 d’euros pour le   quotidien. Mais encore, des sources internes du journal évaluent à plus   de 700.000 euros le “préjudice“ causé par cette audace… Et ce ne sont   pas les bonds de 27% des ventes du numéro qui combleront ce gap.

D’ailleurs,   selon toute vraisemblance, il faut s’attendre dans les prochains jours   des démissions au sein de journal, car par les temps qui courent,   austérité par-ci, crise économique et financière par-là, des moments   sombres s’annoncent pour le quotidien. 

Regardez,   cet exemple se passe en Europe, en Occident, où la liberté d’expression   est établie depuis plusieurs décennies. Tout ceci en tout cas pour   souligner que la liberté d’expression est une notion somme toute   relative. Il ne faut jamais se leurrer.**webmanagercenter.com-13.08.2012.

**La dérive des médias

Difficile de ne pas s’interroger sur les médias, par les temps qui courent. Depuis quelques années, en fait

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Depuis l’apparition de l’information continue, l’information télévisée est devenue aussi sensible au baromètre de l’audience que les émissions de divertissement, entraînant dans son sillage toute la presse écrite. Aujourd’hui, la « une » de nos journaux n’est pas forcément consacrée à la plus grosse nouvelle du jour, mais à celle qui attirera le plus d’attention. Et si besoin est, on bâtira la manchette de toutes pièces à partir d’un sondage commandé expressément auprès d’une firme, à partir d’une émission de télévision à succès ou même d’un concert ayant fait son plein de spectateurs.

            En juin 1996, dans Les cahiers du journalisme, le sociologue français Pierre Bourdieu écrivait : « La structure du champ journalistique a été profondément modifiée par l’intrusion de la télévision et, avec elle, de l’Audimat. La télévision a la capacité croissante de déterminer l’ordre du jour des journaux… »

Nous avons vécu au Québec des exemples frappants de cette affirmation quand le quotidien La Presse comme Le Journal de Montréal, par exemple, ont publié à leur une des « évènements » tirés de téléromans. Ces journaux ont donc momentanément traité de la fiction comme une réalité ! Dans sa Petite histoire de la désinformation, Vladimir Volkoff écrit que « la course à l’Audimat dans les chaînes de télévision privilégie fréquemment des sujets moins informatifs mais plus populaires ». Il aurait pu écrire la même chose de notre presse écrite.

            Il fut un temps où les frasques ou les faux pas des vedettes étaient réservés aux magazines « people », mais ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, ils font la une, tout comme la vie privée des politiciens et des financiers. Une seule règle prévaut : faire vendre.

La peur du vide

            Sur un territoire aussi peu peuplé que le Québec, où la presse écrite est grosso modo entre les mains de deux empires, la recherche d’audience à tout prix a des conséquences encore plus étonnantes qu’ailleurs. Des conséquences réductrices d’abord, puisque la presse ne se soucie plus tant de mettre les nouvelles en perspective ou de jauger leur importance relative que de monter en épingle celles qui sont le plus aptes à mousser les ventes. Que des entreprises de presse jouent à ce jeu dans des pays densément peuplés est plus anodin, puisque le nombre plus conséquent de médias y permet au public de mieux relativiser les choses.

            Comme la nature, nos médias ont horreur du vide : ils ne sauraient supporter un seul jour sans manchette. Et si les lecteurs ou les spectateurs allaient s’ennuyer ? Et s’ils allaient, pour un moment, s’intéresser à autre chose qu’à l’actualité la plus « brûlante » ? Que celle-ci ait pour titre « algues bleues », « viaducs », « accommodements raisonnables », « Cédrika », « The Police », « camionnette rouge », « Afghanistan » ou « Clermont Bégin », cela n’a aucune importance.

            Quand une camionnette rouge imaginaire fait la une d’un quotidien et qu’elle donne lieu à une demi-heure d’entrevue sur la première chaîne de Radio-Canada avec celui qui en a répandu la rumeur, faut-il s’étonner qu’un soldat tué et un cameraman blessé en Afghanistan occupent les neuf premières pages d’un quotidien ? Devrait-on s’étonner qu’un autre quotidien consacre dix pages, dont la une, au premier anniversaire de la « tuerie » du Collège Dawson qui n’a pourtant fait qu’une seule victime, sans compter l’assaillant lui-même, abattu par les forces de l’ordre ? Cet assaillant dont la manchette a précisé « qu’il semait la mort » ! Quels mots aurait-on employés s’il avait tué 15 ou 20 personnes ?

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L’enflure qui banalise

            Pareille enflure peut sembler anodine, mais à plus ou moins long terme, elle ne l’est pas. Lentement, l’enflure verbale ou écrite banalise tout. On en vient à ne plus faire de différence entre un tsunami et une grande marée. Plus de différence non plus entre une hécatombe et un accident mortel, un génocide et une tuerie, une révolution et une crise, une conflagration et un feu, une nouvelle et une rumeur…

            Et tant qu’à y être, pas tellement de différence non plus entre le mensonge et la vérité. Souvenez-vous de l’aphorisme de l’écrivain et biochimiste Isaac Asimov : « Plus un mensonge est proche de la vérité, plus il est efficace ; et la vérité elle-même, lorsqu’on peut en faire usage, est le meilleur des mensonges ! »

            La seule différence entre les Protocoles des Sages de Sion, exploités par la police des tsars au début du siècle dernier puis par les nazis et, aujourd’hui, par les intégristes musulmans, et les nombreux documents exhibés par Colin Powell à l’ONU en 2003 « démontrant » que l’Irak détenait des armes de destruction massive, c’est le temps qu’on a mis pour apprendre que les uns et les autres étaient pure invention. Dans les deux cas, toutefois, une presse complaisante a largement servi les intérêts des hommes politiques, de Nicolas II à George Bush en passant par Adolf Hitler…

            La véritable information, l’honnête, l’authentique, la mesurée, l’intelligente, celle qui se fait le plus objective possible, qui pèse le pour et le contre, qui met les choses en perspective, qui analyse, qui est dépourvue de parti pris, qui ne racole pas, qui n’est ni complaisante ni méprisante, cette information-là peut être un puissant outil de pacification, un accélérateur de démocratisation, un trait d’union entre les individus et les peuples. Mais cette information existe-t-elle encore ?

Médias et conflits

            Loin de nous faire mieux comprendre les conflits et, partant, de nous aider à les résoudre, l’information actuelle – qui s’apparente trop souvent à de la désinformation – me semble de nature à en créer de toutes pièces.

            Il fallait suivre les médias israéliens au moment de l’attaque punitive d’Israël contre le Hezbollah, en juillet 2006. Leur justification de l’invasion du Sud-Liban par l’armée israélienne n’a eu d’égale que les incroyables fanfaronnades du Hezbollah au moment de la fin des hostilités. Encore qu’il soit possible d’excuser pareil parti pris des médias dans un pays harcelé par ses voisins depuis sa création ou chez un peuple déraciné, dont des milliers et des milliers de personnes sont condamnées depuis deux générations à vivre dans des camps prétendument temporaires…

            Dans quelques années, on sera davantage en mesure d’évaluer le rôle joué par les médias dans la justification de la guerre préventive menée par les États-Unis et quelques-uns de leurs alliés contre l’Irak. Au lendemain des événements tragiques du 11 septembre 2001, le président George Bush, appuyé sans réserves par les médias de son pays, n’eut aucun mal à convaincre l’opinion américaine qu’il n’y avait pas d’autre issue que le renversement par la force du dictateur Saddam Hussein. Et c’est parmi l’élite même que le président Bush a trouvé ses meilleurs appuis, ce qui semble donner raison à Noam Chomsky, professeur au Massachusetts Institute of Technology, quand il écrit que « l’influence des médias est plus grande sur la fraction de la population la plus éduquée et [que] la masse de l’opinion publique est moins tributaire du discours des médias. »

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            Comment ne pas croire que l’influence des médias est responsable de la création de la commission Bouchard-Taylor ? La question des accommodements raisonnables n’est-elle pas l’exemple parfait d’une crise amorcée par un politicien habile et répandue comme une traînée de poudre par les médias, qui l’ont entretenue avec avidité par la suite ? Le premier ministre du Québec s’y est laissé prendre le premier, et de crainte que la crise ne s’enflât au point de compromettre sa campagne électorale, il a créé la commission que l’on sait, sans trop réfléchir aux conséquences. À la veille d’une élection dont il ne voulait pas compromettre l’issue, l’ex-premier ministre Paul Martin avait agi de même en mettant sur pied de toute urgence la fameuse Commission Gomery. Celle-ci lui explosa en plein visage, comme pourrait bien le faire la commission Bouchard-Taylor pour Jean Charest.

            Il n’y a pourtant aucune commune mesure entre cette question des accommodements raisonnables et le scandale des commandites. Dans leur quête d’audience, les médias sont devenus fort habiles. Non seulement ils savent comment amorcer une crise et comment l’entretenir, mais ils savent aussi comment la relancer. Le dernier brûlot ayant ravivé les braises de la crise des accommodements raisonnables n’est-il pas venu d’une question hypothétique posée par un journaliste au directeur général des élections ? À cette question hypothétique, Marc Mayrand a répondu que « rien dans la loi électorale actuelle n’empêcherait une femme voilée de voter pour peu qu’elle puisse s’identifier. » Et c’était reparti pour un autre tour…

            Manquons-nous à ce point de problèmes véritables pour que des situations hypothétiques déclenchent des crises, entraînent la création de commissions coûteuses et fassent le sujet d’interminables palabres ? La première cause de ces soubresauts qui finissent par dégénérer en véritables crises n’est-elle pas la quête incessante d’audience de nos médias ? Je préfère ne pas répondre à cette question, car je me souviens que Pierre Bourdieu a écrit « que les journalistes sont très susceptibles et supportent relativement mal l’analyse ! »* magazineforces.Québec-Canada.

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3 commentaires

  1. fred dit :

    Une lente mais sure dérive de nos médias!

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