Les nouvelles technologies de l’information

**Révolution du réseau social dans le monde de l’information et de la communication

 *Le journalisme américain: De Joseph Pulitzer à Mark Zuckerberg

 Il y a une quinzaine d’années, j’essayais de persuader mes étudiants et les chefs d’entreprise qui suivaient mes cours de l’importance d’avoir une adresse email.

New York.
 envoyé spécial d’El Watan.

 
Ils étaient plutôt sceptiques face à cette nouvelle technologie», dixit Sree Sreenavasan, professeur et expert en technologie et doyen des affaires des étudiants à l’université de Columbia où il enseigne un programme de journalisme digital. Ce gourou des nouvelles technologies de l’information, que le magazine Newsweek avait placé parmi les 20 Sud-Asiatiques les plus influents en Amérique, est l’un de ceux qui ont prédit la révolution du réseau social dans le monde de l’information et de la communication. A coups d’exemples concrets, il apprend à des journalistes qui boivent littéralement ses paroles à mieux utiliser les médias sociaux comme Facebook, Twitter et Linked In en les ajoutant à leur «arsenal de vérité». Mark Zuckerberg, le génial fondateur de Facebook, est passé par là. Celui-là même qui disait que la vie privée n’est plus la norme sociale. En même temps, l’actualité US offrait un exemple concret : Anthony Weiner, député démocrate de New York venait de mettre une fin brutale à sa carrière politique après un scandale politico-sexuel dans lequel il s’était piteusement empêtré en étant forcé d’avouer qu’il avait utilisé Twitter afin d’envoyer des photos de son intimité à des jeunes femmes qui n’avaient rien de virtuel.

Journalisme numérique et médias sociaux

Grâce à Zuckerberg, ou peut-être à cause de lui, chaque jour que Dieu fait 600 000 nouvelles personnes rejoignent Facebook. L’effet boule de neige fait que le phénomène se nourrit de lui même. Il ne s’agit pas de fouiller dans le linge sale des personnalités politiques, mais d’utiliser à bon escient les réseaux sociaux à la recherche de pistes à suivre. Le Columbia School of Journalism va fêter son centenaire l’année prochaine. Le défi est de concilier les traditions du journalisme telles que définies par les pionniers avec les nouvelles mutations sociales et technologiques qui sont en train de bouleverser cette vieille profession. Tom Torrok, rédacteur en chef au New York Times et Andrew Lehren, un talentueux reporter qui s’est distingué par des enquêtes journalistiques de haute volée font partie de l’équipe locale du Computer-Assisted Reporting. En somme, il s’agit de l’enquête journalistique basée sur l’utilisation des ressources offertes par l’ordinateur en général et Internet en particulier. Nouveaux outils et nouvelles méthodes de travail pour faciliter les recherches sur la Toile en personnalisant les moteurs de recherche et les bases de données en ligne. Cette équipe du NYT a joué un rôle déterminant dans l’attribution de sept prix Pulitzer durant les 9 dernières années. En effet, ces fins limiers du Net mettent leur talent au service des journalistes et des reporters qui enquêtent sur des sujets particuliers. Tom Torrok nous reçoit dans le hall du New York Times, journal fondé en 1836 et considéré comme l’une des institutions médiatiques les plus respectables du monde.
Jane, notre cornac de la Columbia University, lui présente 21 journalistes des quatre coins du monde en citant les noms et les pays. Réponse de l’intéressé : «Tom Torrok du New Jersey». Démonstration sur la façon de mener une enquête journalistique en fouillant dans les données disponibles sur Internet.

Le principe est de creuser.

«De préférence des histoires que d’autres ont dédaignées. Vous ne savez jamais ce que vous allez dénicher», dit Andy Lehren qui a déjà levé quelques beaux lièvres dans sa carrière de reporter. Quelques exemples concrets d’enquêtes menées à bout et l’entrevue est terminée au bout d’une heure et demie. Avant de reprendre l’ascenseur, nous demandons à Tom l’autorisation de jeter un coup d’œil furtif à la salle de rédaction du prestigieux journal. Mince ! Elle est aussi vaste qu’un stade de base-ball et aussi silencieuse qu’une cathédrale. De simples cloisons d’un mètre cinquante séparent les pools de journalistes. Evidemment, une photo devant le fronton du vénérable journal s’impose pour tous. *Djamel Alilat (El Watan-13.07.2011.)

***Une publication pas comme les autres

Pro Publica : le journalisme dans l’intérêt public

 Dans le paysage médiatique américain, Pro Publica est un cas d’école qui ne ressemble à aucun autre. Propublica.org est une rédaction indépendante, à but non lucratif qui s’est spécialisé dans le journalisme d’investigation dans l’intérêt public.

 Elle doit son existence aux Sandler, un couple de milliardaires qui a mis tout son argent dans une fondation avant de se retirer des affaires en 2008. Leurs mécènes ont accepté de financer la rédaction à hauteur de 8 à 10 millions de dollars par an, sans pour autant réclamer un droit de regard sur le contenu éditorial. Pro Publica se réclame de la longue tradition américaine du journalisme d’investigation lancé au tout début du XIXe siècle par des journalistes appelés les «Muckrackers», les déterreurs de scandales.
Pro Publica est dirigée par Paul Steiger, un ancien redacteur en chef du Wall Street Journal et Stephen Engelberg, ancien reporter et rédacteur en chef du New York Times. Le site compte 19 reporters triés sur le volet sur un total de 33 employés à temps plein.  
Au 23e étage d’un gratte-ciel situé dans le quartier financier de Wall Street, c’est
Stephen Engelberg, rédacteur en chef, qui nous reçoit. La salle de rédaction est extrêmement calme.
Chacun des 19 reporters que compte la rédaction est concentré sur son micro-ordinateur. C’est à peine s’ils lèvent la tête quand un groupe de 21 journalistes issus des cinq continents envahissent les lieux. Stephen Engleberg nous reçoit avec le sourire dans une salle de réunion aux baies vitrées qui offre une vue imprenable sur Hudson River.  Après avoir retracé l’historique de Pro Publica, l’homme, un sosie de Stephen Spielberg, déplore le fait que le journalisme d’investigation ait été l’une des principales victimes collatérales de la récession économique et des chocs financiers des dernières décennies. Beaucoup de journaux et de publications ont, en effet, été obligés de réduire leurs effectifs et c’est la section des reporters d’investigation qui a le plus souffert des coupes drastiques.  
«Nous avons besoin jusqu’à 7 mois de travail pour creuser nos histoires. Pour cela, vous avez besoin de 7 à 8 millions de dollars par an. Nos histoires doivent avoir une ‘‘force morale’’ et doivent apporter un changement et une amélioration», dit Engelberg. La force morale ? Un journalisme qui met en lumière l’exploitation des faibles par les puissants et l’échec de ces mêmes puissants à honorer la confiance placée en eux.

Exemple : dans une petite ville de Californie, où il n’existe aucun reporter, des élus se versaient des salaires proches du million de dollars sans aucune justification. C’est dans ce genre d’histoire que les limiers de Pro Publica adorent fourrer leur nez. Autre exemple d’enquête qui a nécessité deux ans de travail et 300 000 dollars de frais : des médecins de la Nouvelle Orléans ont fait le choix d’euthanasier plusieurs de leurs patients trop faibles pour être évacués lors de l’ouragan Katrina. Des histoires de ce genre, Pro Publica en déterre régulièrement, traquant la corruption, les détournements de deniers publics ou les manquements aux devoirs de l’éthique. «Nous aimons bien trouver des histoires auxquelles personne ne s’est intéressé. Nous avons fini par avoir beaucoup d’expérience dans la collecte des données», dit-il.  
Autre particularité de Pro Publica : aussitôt leurs enquêtes bouclées, elles sont remises gratuitement à divers journaux, télés ou radios pour publication.  «Nous insistons juste sur le fait que nos histoires doivent être publiées telles quelles, sans subir de coupe ni d’altération. Nous ne vendons pas de contenu. Nous sommes partenaires, pas clients», précise Engelberg.

Parallèlement aux donations de leurs généreux mécènes, les responsables de Pro Publica tentent de diversifier leurs sources de financement. «En 2009, nous avons pu lever un million de dollars, puis 3 en 2010. Cette année, nous espérons atteindre le cap des 3,7 millions de dollars, c’est-à-dire presque 50% de notre budget», dit Stephen Engleberg. Comment ? Par l’intermédiaire de petits souscripteurs, en majorité des lecteurs fidèles ou des citoyens désireux de soutenir ce genre de journalisme d’intérêt public, qui font des petites donations. Cependant, tout argent n’est pas le bienvenu. Celui des organisations politiques ou des gros intérêts économiques est décliné poliment. «Nous tenons à garder notre indépendance», dit notre interlocuteur. C’est ainsi que Goldman & Sachs et Warren Buffet ont vu leurs offres respectives d’un million de dollars poliment refusée. Autre précision de l’ancien cador du New York Times : 80 à 85% du budget va directement au journalisme.
L’indépendance de la presse américaine, Stephen Engelberg y croit fermement. «Nous avons une très grande indépendance aux USA : la seule façon d’être poursuivi en justice dans ce pays est de publier quelque chose de faux», dit-il.

L’homme relativise considérablement le succès de sa publication. Comparé aux sites du New York Times ou à d’autres mastodontes des médias américains, Pro Publica est relativement modeste, estime
Engelberg. «Nous pouvons être lus par un nombre restreint de gens, mais nous cherchons à ce que cela soit les ‘‘bons’’ lecteurs. Ceux qui ont le pouvoir de changer la donne», dit-il encore.
C’est ainsi qu’au bout de quatre années d’existence, Pro Publica est devenu un modèle de journalisme cité en référence aussi bien aux USA qu’à l’étranger. Le succès ne s’est pas fait attendre. Le site compte une longue liste de prix, notamment le fameux prix Pulitzer, à deux reprises, en 2010 et en 2011. Au passage, Stephen
Engelberg, Paul Steiger et leurs reporters ont apporté le crédit qui manquait au journalisme en ligne et redonné ses lettres de noblesse au journalisme d’investigation, avec un modèle qu’il est possible d’adapter et d’exporter. (El Watan-13.07.2011.)          

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*Le Réseau algérien « Presse et Solidarité »

Le Réseau algérien Presse et Solidarité est né il y a quelques jours à peine. Il est rattaché à la Fédération nationale des Journalistes algériens, et le coordinateur général en est Hamid Bouchareb. Son objectif est de renforcer le paysage médiatique et son enrichissement, tout en permettant une meilleure prise en charge de la famille des médias. Echorouk parrainera désormais ce réseau, considéré comme le premier en son genre en Algérie.

Ce réseau permettra d’avoir une banque de données, notamment sur la société civile, fournira aux journalistes des informations fiables sur des sujets précis de la société et poussera vers une meilleure prise en charge des journalistes et de leurs famille

Le réseau, qui est constitué, notamment, de médecins et de pédagogues, pourra être un outil efficace pour faire de la solidarité un sacerdoce concret et vérifiable.

Dans son propos sur le sujet, le Directeur général d’Echorouk, Ali Fodhil, estime que les activités entreprises à l’intérieur et à l’extérieur du pays, sont la meilleure preuve que ce genre de réseaux peut être efficace et « de terrain ». Il a affirmé que si les activités de solidarité ont visé par le passé des questions domestiques et locales, c’est parce que les exigences de l’Algérie et la perte de repères avaient poussé vers cette direction, mais qu’il fallait désormais penser à venir en aide aux journalistes de Gaza, par exemple, afin de faire le contrepoids au blocus israélien sur Gaza et sur les médias. (Echorouk-21.07.2010.)

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